Il (le terme) est tiré de « al-ḥarb » (la guerre), comme si celui qui le fréquente ne cessait de combattre le démon et les passions.
Un autre groupe a dit : il provient de « al-ḥarab » (avec une voyelle brève sur le rāʾ), car celui qui s’y adonne y rencontre fatigue, peine et lassitude.
Deuxièmement : ce verset prouve que l’élévation de leur imâm au-dessus des fidèles avait été légiférée chez eux dans leur prière. Les juristes des différentes contrées ont divergé à ce sujet : l’imâm Aḥmad b. Ḥanbal – et d’autres – l’ont autorisée, s’appuyant sur le récit du minbar. Mâlik, quant à lui, l’a interdite lorsqu’elle est importante, tout en tolérant une faible surélévation ; ses disciples ont motivé cette interdiction par la crainte que l’imâm ne soit gagné par l’orgueil.
Je (l’auteur) dis : cette question mérite examen. Le meilleur qui ait été rapporté à ce propos est ce qu’Abû Dâwûd a transmis de Hammâm : Hudhayfa dirigea la prière des gens à al-Madâʾin en se tenant sur une estrade ; Abû Masʿûd saisit alors sa tunique et le tira. Lorsqu’il eut terminé la prière, il lui dit : « Ne sais-tu pas qu’on les en avait défendus ? » – ou : « qu’il est interdit d’agir ainsi ? » –. Hudhayfa répondit : « Certes, je m’en suis souvenu lorsque tu m’as tiré. »
Il est également rapporté d’ʿAdiyy b. Thâbit al-Anṣârî : un homme me raconta qu’il se trouvait avec ʿAmmâr b. Yâsir à al-Madâʾin. L’heure de la prière arriva ; ʿAmmâr s’avança, monta sur une estrade pour prier tandis que les gens étaient en contrebas. Hudhayfa s’avança, lui prit les avant-bras, et ʿAmmâr le suivit jusqu’à ce qu’il le fit descendre. Lorsque ʿAmmâr eut achevé sa prière, Hudhayfa lui dit : « N’as-tu pas entendu le Messager d’Allâh – que les bénédictions et la paix soient sur lui – dire : “Lorsque quelqu’un dirige un groupe, qu’il ne se tienne pas dans un emplacement surélevé par rapport à eux”, ou une parole semblable ? » ʿAmmâr répondit : « C’est pour cela que je t’ai suivi lorsque tu as saisi mes mains. »
J’ajoute : voilà donc trois Compagnons qui rapportent la défense de cette pratique, et aucun d’eux n’a opposé à son confrère le hadith du minbar ; cela montre qu’il est abrogé. Parmi les preuves de son abrogation, il y a le fait qu’il comporte un acte supplémentaire dans la prière : monter puis descendre. Il a donc été abrogé, tout comme l’ont été la parole et le salut (pendant la prière). C’est préférable à l’excuse avancée par certains de nos compagnons selon laquelle le Prophète – paix et bénédictions sur lui – était à l’abri de l’orgueil ; beaucoup d’imâms, en effet, sont exempts d’orgueil. D’autres l’ont justifiée en disant que l’élévation du minbar était minime. Allâh est plus savant.
Troisièmement : concernant la parole du Très-Haut : « Il leur fit alors signe : “Glorifiez (Allâh) matin et soir” », al-Kalbî, Qatâda et Ibn Munabbih disent : « Il leur fit signe » signifie : il leur fit un geste. Al-Qutaybî : il leur fit un signe de la tête. Mujâhid : il écrivit sur la terre. ʿIkrima : il écrivit dans un écrit. Dans la langue des Arabes, al-waḥy (l’inspiration) peut désigner l’écriture, d’où la parole du poète Dhû al-Rumma :