Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ibn ‘Abbâs a récité : « ʿusiyyan », et c’est ainsi que le porte également le muṣḥaf d’Ubayy.

Yaḥyâ b. Waththâb, Ḥamzah, al-Kisāʾī et Ḥafṣ ont, pour leur part, récité : « ʿitiyyan » – avec kasra sous le ‘ayn – de même que « jithiyyan » et « ṣiliyyan » partout où ces formes se présentent. Ḥafṣ a en outre mis la ḍamma sur « bukiyyan » exclusivement, alors que les autres lecteurs maintiennent la vocalisation précédente dans tous les mots ; il s’agit là de deux dialectes reconnus.

On a dit encore que « ʿitiyyan » signifie : « dur, inflexible » ; on dit d’un roi « ʿātin » lorsqu’il a le cœur endurci.

Parole du Très-Haut : « Il dit : “Ainsi en est-il ! Ton Seigneur a dit : ‘Cela M’est aisé’.” » Autrement dit, l’ange lui déclara : « Ainsi ton Seigneur a parlé », le kāf se trouvant ici en position de sujet implicite : « l’affaire est ainsi, exactement comme il t’a été dit : ‘Cela M’est facile’. » Al-Farāʾ commenta : « Sa création M’est aisée. »

(« Je t’ai certes créé auparavant ») : c’est-à-dire avant (la naissance de) Yaḥyâ. Tel est le mode de récitation des gens de Médine, de Baṣra et de ʿĀṣim. Les autres lecteurs de Kūfa lisent : « Nous t’avons certes créé » – au moyen du nūn et de l’alif, forme du pluriel de majesté. La première lecture est celle qui correspond le mieux au rasm.

(« alors que tu n’étais rien ») : Dieu, exalté soit-Il, t’a créé après le néant, alors que tu n’étais absolument pas une chose existante ; Il est donc pleinement capable de créer et de faire exister Yaḥyâ.

Parole du Très-Haut : « Il dit : “Seigneur, accorde-moi un signe.” » Il sollicita un signe attestant la conception de son épouse, après la bonne nouvelle que lui avaient donnée les anges et après cette parole divine : « Je t’ai déjà créé auparavant alors que tu n’étais rien », afin de gagner une quiétude supplémentaire ; autrement dit : parachève le bienfait en m’octroyant un signe, lequel constituera un surplus de grâce et d’honneur.

On a également soutenu qu’il demanda un signe pour s’assurer que cette annonce au sujet de Yaḥyâ provenait bien d’Allah et non d’une suggestion satanique, Iblîs l’ayant tourmenté à ce sujet ; ainsi l’ont expliqué Ḍaḥḥāk et as-Suddi. Cette opinion appelle toutefois réserve, puisqu’Allah Très-Haut relate expressément que ce sont les anges qui l’interpellèrent, comme il a été exposé dans la sûrah Âl ʿImrân.

(« Ton signe sera que tu ne pourras parler aux gens durant trois nuits tout en étant physiquement sain. ») L’explication de ce passage a déjà été donnée dans Âl ʿImrân ; il n’y a donc pas lieu d’y revenir.

Parole du Très-Haut : « Il sortit de son oratoire vers son peuple et leur fit signe : “Glorifiez [Allah] matin et soir.” » – ce verset comporte cinq points.

Premièrement : « Il sortit de son miḥrâb vers son peuple » signifie qu’il apparut au-dessus d’eux depuis le lieu de prière. Le miḥrâb est l’endroit le plus élevé et le plus noble dans l’assemblée ; on construisait les miḥrâbs sur un emplacement surélevé du sol, preuve en est le miḥrâb de Dâwûd – sur lui la paix – ainsi qu’il sera exposé. Les spécialistes divergent quant à l’étymologie du mot ; un groupe a dit

وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ " عُسِيًّا" وَهُوَ كَذَلِكَ فِي مُصْحَفِ أُبَيٍّ. وَقَرَأَ يَحْيَى بْنُ وَثَّابٍ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ وَحَفْصٌ: " عِتِيًّا" بِكَسْرِ الْعَيْنِ وَكَذَلِكَ " جِثِيًّا" وَ " صِلِيًّا" حَيْثُ كُنَّ. وَضَمَّ حَفْصٌ " بُكِيًّا" خَاصَّةً، وَكَذَلِكَ الْبَاقُونَ فِي الْجَمِيعِ، وَهُمَا لُغَتَانِ. وَقِيلَ: " عِتِيًّا" قَسِيًّا، يُقَالُ: مَلِكٌ عَاتٍ إِذَا كَانَ قَاسِيَ الْقَلْبِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ كَذلِكَ قالَ رَبُّكَ هُوَ عَلَيَّ هَيِّنٌ) أَيْ قَالَ لَهُ الْمَلَكُ " كَذلِكَ قالَ رَبُّكَ" وَالْكَافُ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ، أَيِ الْأَمْرُ كَذَلِكَ، أَيْ كَمَا قِيلَ لَكَ: " هُوَ عَلَيَّ هَيِّنٌ" . قَالَ الْفَرَّاءُ: خَلْقُهُ عَلَيَّ هَيِّنٌ. (وَقَدْ خَلَقْتُكَ مِنْ قَبْلُ) أَيْ مِنْ قَبْلِ يَحْيَى. وَهَذِهِ قِرَاءَةُ أَهْلِ الْمَدِينَةِ وَالْبَصْرَةِ وَعَاصِمٍ. وَقَرَأَ سَائِرُ الْكُوفِيِّينَ " وَقَدْ خَلَقْنَاكَ" بِنُونٍ وَأَلِفٍ بِالْجَمْعِ عَلَى التَّعْظِيمِ. وَالْقِرَاءَةُ الْأُولَى أَشْبَهُ بِالسَّوَادِ. (وَلَمْ تَكُ شَيْئاً) أَيْ كَمَا خَلَقَكَ اللَّهُ تَعَالَى بَعْدَ الْعَدَمِ وَلَمْ تَكُ شَيْئًا مَوْجُودًا، فَهُوَ الْقَادِرُ عَلَى خَلْقِ يَحْيَى وَإِيجَادِهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ رَبِّ اجْعَلْ لِي آيَةً) طَلَبَ آيَةً عَلَى حَمْلِهَا «١» بَعْدَ بشارة الملائكة إياه، وبعد قول الله تَعَالَى: " وَقَدْ خَلَقْتُكَ مِنْ قَبْلُ وَلَمْ تَكُ شَيْئاً" زِيَادَةَ طُمَأْنِينَةٍ، أَيْ تَمِّمِ النِّعْمَةَ بِأَنْ تَجْعَلَ لِي آيَةً، وَتَكُونُ تِلْكَ الْآيَةُ زِيَادَةَ نِعْمَةٍ وَكَرَامَةٍ. وَقِيلَ: طَلَبَ آيَةً تَدُلُّهُ عَلَى أَنَّ الْبُشْرَى مِنْهُ بِيَحْيَى لَا مِنَ الشَّيْطَانِ، لان إبليس أو همه ذَلِكَ. قَالَهُ الضَّحَّاكُ وَهُوَ مَعْنَى قَوْلِ السُّدِّيِّ، وَهَذَا فِيهِ نَظَرٌ لِإِخْبَارِ اللَّهِ تَعَالَى بِأَنَّ الْمَلَائِكَةَ نَادَتْهُ حَسْبَ مَا تَقَدَّمَ فِي " آلِ عِمْرَانَ" «٢» . (قالَ آيَتُكَ أَلَّا تُكَلِّمَ النَّاسَ ثَلاثَ لَيالٍ سَوِيًّا) ١٠ تَقَدَّمَ فِي (آلِ عِمْرَانَ) «٣» بَيَانُهُ فَلَا مَعْنَى لِلْإِعَادَةِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَخَرَجَ عَلى قَوْمِهِ مِنَ الْمِحْرابِ فَأَوْحى إِلَيْهِمْ أَنْ سَبِّحُوا بُكْرَةً وَعَشِيًّا) فِيهِ خَمْسُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَخَرَجَ عَلى قَوْمِهِ مِنَ الْمِحْرابِ" أَيْ أَشْرَفَ عَلَيْهِمْ مِنَ الْمُصَلَّى. وَالْمِحْرَابُ أَرْفَعُ الْمَوَاضِعِ، وَأَشْرَفُ الْمَجَالِسِ، وَكَانُوا يَتَّخِذُونَ الْمَحَارِيبَ فِيمَا ارْتَفَعَ مِنَ الْأَرْضِ، دَلِيلُهُ مِحْرَابُ دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ عَلَى مَا يَأْتِي. وَاخْتَلَفَ النَّاسُ فِي اشْتِقَاقِهِ، فقالت فرقة:
(١). في ج وك: حبلها. (٢). راجع ج ٤ ص ٨٠ فما بعد. (٣). راجع ج ٤ ص ٨٠ فما بعد.

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