Allah – Exalté soit-Il – dit :
« Nous ne lui avions jamais, auparavant, donné d’homonyme. »
C’est-à-dire : jamais, avant Yahyâ, Nous n’avions nommé quiconque par ce prénom. Tel est l’avis d’Ibn ‘Abbâs, de Qatâdah, d’Ibn Aslam et d’as-Suddî. Le Très-Haut a ainsi gratifié (Zakariyâ) de ce que la dénomination de l’enfant ne fût pas laissée au choix des parents.
Mujâhid, entre autres, a dit : « samiyyan » signifie « pareil, égal », comme dans la parole divine : « Connais-tu pour Lui un homonyme ? » (Maryam, 65), c’est-à-dire un semblable ou un égal. Le terme semblerait dériver de la « mousamâh » (rivalité) et de « as-samw » (élévation). Cette interprétation paraît toutefois lointaine, car Yahyâ n’est pas préféré à Ibrâhîm et Mûsâ – qu’Allah les bénisse et les salue –, à moins qu’on n’entende une faveur particulière, telle la noblesse ou la chasteté, ainsi qu’il en a été question dans la sourate Âl ‘Imrân.
Ibn ‘Abbâs a encore dit : le sens est que jamais les femmes stériles n’avaient enfanté semblable à lui.
On a dit aussi : Allah – Très-Haut – a restreint la négation au « avant » parce qu’Il voulait créer, après Yahyâ, quelqu’un de meilleur que lui : Muhammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui.
Ce verset constitue par ailleurs une preuve que les noms nobles et harmonieux méritent d’être préférés. C’est vers ces noms que les Arabes s’orientaient lors du choix des prénoms, parce qu’ils sont plus éclatants et plus préservés de tout sobriquet. L’un d’eux a dit :
« Les noms prestigieux appartiennent aux porteurs de tuniques traînantes,
Rouges, dont l’ourlet effleure la terre. »
Rou’bah répondit un jour au généalogiste al-Bakrî qui l’interrogeait sur son ascendance : « Je suis le fils d’al-‘Ajjâj. » – « Tu as abrégé et tu as éclairci », lui fut-il rétorqué.
Allah dit ensuite :
« Seigneur ! Comment aurai-je un garçon ? »
Il ne s’agit nullement d’un refus de croire à l’information divine, mais de l’étonnement devant la puissance d’Allah d’extraire un enfant d’une femme stérile et d’un vieillard avancé en âge. D’autres explications ont déjà été exposées dans Âl ‘Imrân.
« Quand j’ai atteint d’un grand âge l’extrême décrépitude. »
Il entend par là le comble de la vieillesse, de la sécheresse et de la rigidité. De même que l’on dit al-‘usiyy. Al-Aṣma‘î explique : ‘asâ, ya‘su, ‘usû-an et ‘asâ-an, verbe employé quand une chose se dessèche et se durcit. On dit encore : le vieillard a atteint le ‘usy (ou ‘itiy) ; il a vieilli et décliné, à l’instar de ‘atâ.
On énonce : ‘atâ ash-shaykhu ya‘tû ‘utû-an et ‘itiy-an : il a vieilli et décliné. L’origine est ‘utûw, parce que le mot appartient aux formes à radical wâw ; on a substitué le wâw par une yâ’, sa sœur, plus légère, d’où les désinences sur yâ’.
Ceux qui lisent « ‘itiyyan » ont fui la ḍamma (o) sur la kâsra (i) et la yâ’.
Le poète a dit :
« On n’excuse que le nouveau-né ; nul pardon
Pour celui qui, dans le temps, a atteint l’‘itiy (grand âge). »