La plupart des savants – et tel est l’avis majoritaire – soutiennent que le Prophète, ﷺ, ne laisse pas d’héritage ; tout ce qu’il laisse après lui constitue une aumône.
Une seconde opinion affirme que notre Prophète, paix et salut sur lui, n’a pas été hérité, parce qu’Allah, exalté soit-Il, l’a honoré en faisant de tous ses biens une aumône, par surcroît de mérite, tout comme Il l’a singularisé, dans le domaine du mariage, par certaines choses qu’Il lui a permises tout en les interdisant aux autres. Cette opinion a été avancée par quelques savants de Baṣra, parmi lesquels Ibn ʿUlayyah, tandis que l’ensemble des ulémas musulmans adhèrent au premier avis.
Troisièmement – Au sujet de la parole du Très-Haut : « … parmi la famille de Yaʿqûb », on a dit qu’il s’agit de Yaʿqûb fils d’Isrâʾîl. Zakariyyâ était marié à la sœur de Maryam, fille de ʿImrân, dont la lignée remonte à Yaʿqûb, car elle descendait de Sulaymân fils de Dâwûd, lequel était issu de Yahûdhâ fils de Yaʿqûb. Quant à Zakariyyâ, il descendait de Hârûn, frère de Mûsâ ; Hârûn et Mûsâ étaient issus de Lâwî fils de Yaʿqûb, et la prophétie se trouvait dans la tribu de Yaʿqûb fils d’Isḥâq.
D’autres ont dit que le Yaʿqûb mentionné ici est Yaʿqûb fils de Mâthân, frère de ʿImrân fils de Mâthân – le père de Maryam – deux frères issus de la descendance de Sulaymân fils de Dâwûd, ‑- sur eux la paix. En effet, Yaʿqûb et ʿImrân étaient fils de Mâthân, et les fils de Mâthân étaient les chefs des Banû Isrâʾîl ; c’est l’avis de Muqâtil et d’autres.
Al-Kalbî dit : Les gens de Yaʿqûb étaient les oncles maternels de Zakariyyâ ; il s’agit de Yaʿqûb fils de Mâthân. Le pouvoir appartenait à cette famille, tandis que Zakariyyâ descendait de Hârûn fils de ʿImrân, frère de Mûsâ.
Qatâdah rapporte que le Prophète, ﷺ, a dit : « Qu’Allah, ‑- Très-Haut ‑-, fasse miséricorde à Zakariyyâ ; combien était-il démuni d’héritiers ! ».
Le nom Yaʿqûb ne reçoit pas la désinence grammaticale (n’est pas déclinable) parce qu’il est d’origine non arabe.
Quatrièmement – Concernant la parole du Très-Haut : « … et fais-le, ô mon Seigneur, agréé », c’est-à-dire qu’il soit agréé dans ses mœurs et ses actes ; ou qu’il soit satisfait de Ton décret et de Ton Destin ; ou encore, un homme vertueux dont Tu es satisfait. Abû Ṣâliḥ a dit : [c’est-à-dire] un prophète, comme Tu as fait de son père un prophète.
La parole du Très-Haut : « Ô Zakariyyâ ! » comporte une ellipse : Allah exauça son invocation et dit : « Ô Zakariyyâ ! Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un garçon dont le nom sera Yahyâ ». Cette bonne nouvelle renferme trois éléments : premièrement, l’exaucement de sa supplication, ce qui est un honneur ; deuxièmement, la concession d’un enfant, ce qui est une force ; troisièmement, le fait qu’Allah Seul se charge de le nommer. Le sens de ce nom, Yahyâ, a déjà été mentionné dans la sourate Âl ʿImrân.
Muqâtil a dit : Il fut nommé Yahyâ parce qu’il « vécut » entre un père âgé et une mère vieille ; cet avis mérite cependant examen, car il a été établi précédemment que sa femme était stérile et ne donnait pas naissance. Allah est plus Savant.