Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sa parole – exalté soit-Il :

« Il m’héritera et héritera de la famille de Ya‘qûb ; et fais-en, ô mon Seigneur, un être agréé. »

Quatre points sont à traiter.

Premièrement
La parole du Très-Haut : « Il m’héritera… »
Les gens des Deux Sanctuaires, al-Ḥasan, ‘Âṣim et Ḥamzah ont récité : « yarithu-nî wa-yarithu » avec la voyelle de l’indicatif pour les deux verbes.
Yahyâ b. Ya‘mar, Abû ‘Amr, Yahyâ b. Waththâb, al-A‘mash et al-Kisâ’î les ont lus au jussif, tous deux assonants. Or, selon la doctrine de Sîbawayh, ces deux formes ne sauraient constituer la réponse de l’impératif « hab » (Accorde) ; on sous-entend plutôt : « Si Tu me l’accordes, il m’héritera et héritera… ». La première lecture demeure toutefois la plus juste du point de vue du sens, car le Prophète réclame ici un héritier dûment qualifié : « Accorde-moi, de Ta part, le protecteur dont telle est la condition et la description ». Certains alliés (awliyâ’) n’étant pas héritiers, il précise : « Accorde-moi celui qui sera mon héritier ». C’est l’explication d’Abû ‘Ubayd, lequel rejette la lecture jussive en disant : « Car elle donnerait le sens : “Si Tu le donnes, il héritera.” Comment Allah – glorifié soit-Il – annoncerait-Il ainsi ce qu’Il sait déjà mieux que quiconque ? »

An-Naḥḥâs ajoute : « Il s’agit là d’un argument définitif, car, pour les grammairiens, la réponse à l’impératif comporte la nuance de condition et de rétribution ; l’on dit : “Obéis à Allah ; Il t’introduira au Paradis”, c’est-à-dire : “Si tu Lui obéis, Il t’y introduira.” »

Deuxièmement
An-Naḥḥâs poursuit : « Quant au sens de : “Il m’héritera et héritera de la famille de Ya‘qûb”, les savants y voient trois interprétations :

  1. l’héritage de la prophétie ;
  2. l’héritage de la sagesse ;
  3. l’héritage des biens matériels. »
    Affirmer qu’il s’agit de l’héritage de la prophétie est impossible, car la prophétie ne se transmet pas par voie d’héritage ; si tel était le cas, on pourrait objecter que tous les hommes descendent de Noé – sur lui la paix – qui était un Messager.
    L’opinion qui évoque l’héritage du savoir et de la sagesse est excellente, puisque le ḥadith stipule : « Les savants sont les héritiers des prophètes. »
    Quant à l’héritage des biens, il n’est pas exclu, bien qu’un groupe l’ait nié en se fondant sur la parole du Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui – : « Nous ne sommes pas hérités ; ce que nous laissons est aumône. » Cet argument n’est pas décisif, car un individu peut parler de lui-même à la première personne du pluriel.
    On peut en outre comprendre la phrase ainsi : « Nous ne laissons pas en héritage ce que nous avons laissé comme aumône », car le Prophète – paix sur lui – n’a rien légué de transmissible : ce qu’Allah – exalté soit-Il – lui avait concédé de son vivant se trouve dans Sa parole : « Et sachez que, sur tout butin que vous gagnez, un cinquième appartient à Allah et au Messager… » (al-Anfâl, 41). Le sens de « pour Allah » est « pour la cause d’Allah », et parmi cette cause figure ce qui sert à l’intérêt du Messager – paix sur lui – tant qu’il vit.
    Si l’on objecte : « Dans certaines versions, on lit : “Nous, communautés de Prophètes, ne sommes pas hérités ; ce que nous laissons est aumône.” » On peut alors recourir aux deux interprétations déjà citées : soit « mâ » signifie « ce que », soit cela veut dire : n’est pas hérité celui dont telle est la condition.

Abû ‘Umar rapporte que les savants ont divergé, au sujet du sens de cette parole prophétique : « Nous ne sommes pas hérités ; ce que nous laissons est aumône », en deux avis. Le premier – et c’est

قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَرِثُنِي وَيَرِثُ مِنْ آلِ يَعْقُوبَ وَاجْعَلْهُ رَبِّ رَضِيًّا) فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " يَرِثُنِي" قَرَأَ أَهْلُ الْحَرَمَيْنِ وَالْحَسَنُ وَعَاصِمٌ وَحَمْزَةُ: " يَرِثُنِي وَيَرِثُ" بِالرَّفْعِ فِيهِمَا. وَقَرَأَ يَحْيَى بْنُ يَعْمَرَ وَأَبُو عَمْرٍو وَيَحْيَى بْنُ وَثَّابٍ وَالْأَعْمَشُ وَالْكِسَائِيُّ: بِالْجَزْمِ فِيهِمَا، وَلَيْسَ هُمَا جَوَابُ " هَبْ" عَلَى مَذْهَبِ سِيبَوَيْهِ، إِنَّمَا تَقْدِيرُهُ إِنْ تَهَبْهُ يَرِثُنِي وَيَرِثُ، وَالْأَوَّلُ أَصْوَبُ فِي الْمَعْنَى لِأَنَّهُ طَلَبَ وَارِثًا مَوْصُوفًا، أَيْ هَبْ لِي مِنْ لَدُنْكَ الْوَلِيَّ الَّذِي هَذِهِ حَالُهُ وَصِفَتُهُ، لِأَنَّ الْأَوْلِيَاءَ مِنْهُمْ مَنْ لَا يَرِثُ، فَقَالَ: هَبْ لِي الَّذِي يَكُونُ وَارِثِي، قَالَهُ أَبُو عُبَيْدٍ، وَرَدَّ قِرَاءَةَ الْجَزْمِ، قَالَ: لِأَنَّ مَعْنَاهُ إِنْ وَهَبْتَ وَرِثَ، وَكَيْفَ يُخْبِرُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ بِهَذَا وَهُوَ أَعْلَمُ بِهِ مِنْهُ؟ ! النَّحَّاسُ: وَهَذِهِ حُجَّةٌ مُتَقَصَّاةٌ «١» ، لِأَنَّ جَوَابَ الْأَمْرِ عِنْدَ النَّحْوِيِّينَ فِيهِ مَعْنَى الشَّرْطِ وَالْمُجَازَاةِ، تَقُولُ: أطع الله تعالى يُدْخِلْكَ الْجَنَّةَ، أَيْ إِنْ تُطِعْهُ يُدْخِلْكَ الْجَنَّةَ. الثَّانِيَةُ- قَالَ النَّحَّاسُ: فَأَمَّا مَعْنَى " يَرِثُنِي وَيَرِثُ مِنْ آلِ يَعْقُوبَ" فَلِلْعُلَمَاءِ فِيهِ ثَلَاثَةُ أَجْوِبَةٍ، قيل: هي وراثة نبوة. وقيل: هي وِرَاثَةُ حِكْمَةٍ. وَقِيلَ: هِيَ وِرَاثَةُ مَالٍ. فَأَمَّا قَوْلُهُمْ وِرَاثَةُ نُبُوَّةٍ فَمُحَالٌ، لِأَنَّ النُّبُوَّةَ لَا تُورَثُ، وَلَوْ كَانَتْ تُورَثُ لَقَالَ قَائِلٌ: النَّاسُ يَنْتَسِبُونَ إِلَى نُوحٍ عَلَيْهِ السَّلَامُ وَهُوَ نَبِيٌّ مُرْسَلٌ. وَوِرَاثَةُ الْعِلْمِ وَالْحِكْمَةِ مَذْهَبٌ حَسَنٌ، وَفِي الْحَدِيثِ (الْعُلَمَاءُ وَرَثَةُ الْأَنْبِيَاءِ) . وَأَمَّا وِرَاثَةُ الْمَالِ فَلَا يَمْتَنِعُ، وَإِنْ كَانَ قَوْمٌ قَدْ أَنْكَرُوهُ لِقَوْلِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (لَا نُورَثُ مَا تَرَكْنَا صَدَقَةٌ) فَهَذَا لَا حُجَّةَ فِيهِ، لِأَنَّ الْوَاحِدَ يُخْبِرُ عَنْ نَفْسِهِ بِإِخْبَارِ الْجَمْعِ. وَقَدْ يُؤَوَّلُ هَذَا بِمَعْنَى: لَا نُورَثُ الذي تركنا صَدَقَةٌ، لِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَمْ يُخَلِّفْ شَيْئًا يُورَثُ عَنْهُ، وَإِنَّمَا كَانَ الَّذِي أَبَاحَهُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ إِيَّاهُ فِي حَيَاتِهِ بِقَوْلِهِ تَبَارَكَ اسْمُهُ: " وَاعْلَمُوا أَنَّما غَنِمْتُمْ مِنْ شَيْءٍ فَأَنَّ لِلَّهِ خُمُسَهُ وَلِلرَّسُولِ" [الأنفال: ٤١] لِأَنَّ مَعْنَى " لِلَّهِ" لِسَبِيلِ اللَّهِ، وَمِنْ سَبِيلِ اللَّهِ مَا يَكُونُ فِي مَصْلَحَةِ الرَّسُولِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا دَامَ حَيًّا، فَإِنْ قِيلَ: فَفِي بَعْضِ الرِّوَايَاتِ (إِنَّا مَعَاشِرَ الْأَنْبِيَاءِ لَا نُورَثُ مَا تَرَكْنَا صَدَقَةٌ) فَفِيهِ التَّأْوِيلَانِ جَمِيعًا، أَنْ يَكُونَ " مَا" بِمَعْنَى الَّذِي. وَالْآخَرُ لَا يُورَثُ مَنْ كَانَتْ هَذِهِ حَالُهُ. وَقَالَ أَبُو عُمَرَ: وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي تَأْوِيلِ قَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (لَا نُورَثُ مَا تَرَكْنَا صَدَقَةٌ) على قولين: أحدهما- وهو
(١). في ج وك وى: مستفيضة.

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