provenant de lui. Il l’a formulé au singulier, car le singulier renvoie ici à l’idée d’espèce : il veut faire comprendre que cette catégorie d’organes – qui constitue la charpente, l’ossature, la partie la plus robuste dont le corps est composé – a été atteinte par la faiblesse. S’il l’avait mise au pluriel, il aurait voulu un autre sens : à savoir qu’une partie seulement de ses os aurait fléchi, et non l’ensemble.
Deuxièmement :
Parole du Très-Haut : « Et ma tête s’est embrasée de cheveux blancs ».
Abou ‘Amr a assimilé le sîn au chîn. Il s’agit là de l’une des plus belles métaphores de la langue arabe : l’ishti‘âl (l’embrasement) désigne la propagation des étincelles d’un feu ; l’image illustre la diffusion des cheveux blancs dans la chevelure. Il veut dire : « J’ai vieilli et ma vigueur a décliné ». Le verbe « embraser » est rapporté à l’endroit où le cheveu prend naissance, la tête, sans qu’il soit besoin de préciser qu’il s’agit de la tête de Zacharie – paix sur lui –, ce que l’interlocuteur savait déjà.
Quant à la voyelle de « shayban », deux analyses sont proposées :
- Pour l’Akhfach, il s’agit du maṣdar (nom verbal), isht‘Iala ayant le sens de shâba (« il a blanchi »).
- Pour az-Zajjâj, c’est un tamyîz (accusatif de détermination).
An-Naḥḥâs juge l’avis de l’Akhfach préférable, parce que le terme est dérivé d’un verbe, et le maṣdar lui convient donc mieux. Le shayb est le mélange des cheveux blancs aux noirs.
Troisièmement :
Les savants ont dit qu’il est recommandé, dans l’invocation, de rappeler les bienfaits d’Allâh – Exalté soit-Il – à son égard, et ce qui sied à l’humilité. Car la parole du Très-Haut : « Mes os se sont affaiblis » exprime la soumission, et la parole : « Je n’ai jamais, ô mon Seigneur, été malheureux en Te priant » manifeste l’habitude qu’a Sa grâce d’exaucer les supplications ; c’est-à-dire : « Tu n’as jamais déçu mon appel lorsque je T’ai invoqué ; Tu m’as accoutumé à l’exaucement dans le passé ».
On dit : « Il a été shaqiy avec telle chose » : il s’y est donné de la peine sans atteindre son but.
On rapporte qu’un nécessiteux s’adressa à quelqu’un en lui disant : « Je suis celui envers qui tu as été bienfaisant à telle époque ». Il répondit : « Bienvenue à celui qui a fait de nous son moyen d’intercession auprès de nous », puis il combla son besoin.
Parole du Très-Haut : « Certes, je crains mes héritiers après moi ; et ma femme est stérile ; accorde-moi, de Ta part, un successeur ».
Ce passage comporte sept questions :
Premièrement : Sa parole : « Je crains les mawalî… ».
‘Uthmân ibn ‘Affân, Muḥammad ibn ‘Alî, ‘Alî ibn al-Ḥusayn et Yaḥyâ ibn Ya‘mur – qu’Allâh les agrée – ont lu : « khaffat » (avec fatḥa sur le khâ’, redoublement du fâ’, kasra sur le tâ’ et sukun sur la yâ’ de « al-mawâlî »), parce que « mawâlî » est alors au nominatif avec le verbe khaffat ; le sens est : « Ils se sont éteints (par la mort) ».
Les autres lecteurs ont lu : « khiftu » (avec kasra sur le khâ’, sukun sur le fâ’, ḍamma sur le tâ’ et naṣb de la yâ’ de « al-mawâlî »)