C’est là l’une des meilleures explications que l’on ait données à ce sujet, et l’imāla est permise dans le mot « hāwiya ».
Quant à la lecture d’al-Ḥasan, elle a embarrassé plus d’un savant, au point que certains – dont Abū Ḥātim – l’ont jugée irrecevable. L’avis retenu est celui qu’a exposé Hārūn le lecteur ; il a dit : « al-Ḥasan pratiquait l’ishmām du nominatif », c’est-à-dire qu’il se contentait d’esquisser le mouvement, comme Sibawayh rapporte qu’il est des Arabes qui prononcent aṣ-ṣalātu waz-zakātu en laissant entendre la présence d’une wāw ; c’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont transcrits dans le Muṣḥaf avec cette lettre.
Quant à la consonne dāl dans l’épellation de la lettre « Ṣād », Nāfi‘, Ibn Kathīr, ‘Āṣim et Ya‘qūb l’ont articulée distinctement – c’est aussi le choix d’Abū ‘Ubayd – tandis que les autres l’ont assimilée.
Parole d’Allah, Très-Haut : « Le rappel de la miséricorde de ton Seigneur envers Son serviteur Zacharie, lorsqu’il invoqua son Seigneur d’une invocation discrète ».
Il y a, à ce propos, trois questions :
Premièrement – Sa parole : « Le rappel de la miséricorde de ton Seigneur ». Trois opinions portent sur le cas nominatif de « dhikru » :
- Al-Farrā’ dit qu’il est élevé par « Kāf-Hā-Yā-‘Ayn-Ṣād ».
- Az-Zajjāj rétorque que cela est impossible, car cette suite de lettres ne fait pas partie de ce par quoi Allah nous informe au sujet de Zacharie ; Allah, en vérité, nous a déjà relaté son histoire et ce dont il fut gratifié, et ces lettres ne relèvent nullement de son récit.
- Al-Akhfash estime que l’on doit sous-entendre : « Dans ce qui vous est rapporté se trouve le rappel de la miséricorde de ton Seigneur ».
Une troisième explication veut que le sens soit : « Ceci que je vous récite est le rappel de la miséricorde de ton Seigneur ».
On a également avancé que l’expression « Le rappel de la miséricorde de ton Seigneur » est élevée par l’omission d’un sujet implicite : « Ceci est le rappel de la miséricorde de ton Seigneur ». Al-Ḥasan a récité « dhikra raḥmati rabbika », c’est-à-dire : « Ce Coran que l’on récite a rappelé la miséricorde de ton Seigneur ». Il l’a aussi lu à l’impératif : « dhakkir » (Rappelle donc).
Le mot « raḥmah » s’écrit et l’on s’y arrête avec un hāʾ, tout comme tous les mots semblables ; les grammairiens sont unanimes à ce sujet, arguant que ce hāʾ sert à marquer le féminin des noms afin de les distinguer des verbes.
Deuxièmement – Sa parole : « Son serviteur ». Al-Akhfash dit qu’il est mis en accusatif par « raḥmati ». « Zakariyyā » vient en apposition ; c’est comme si l’on disait : « Ceci est le rappel du coup porté par Zayd à ‘Amr » ; ‘Amr est alors mis en accusatif par « coup », de même que « Son serviteur » l’est par « miséricorde ».
D’autres estiment qu’il s’agit d’une inversion dans l’ordre des mots : le sens serait : « Le rappel par lequel ton Seigneur fit miséricorde à Son serviteur Zacharie » ; « Son serviteur » se trouve alors en accusatif en raison de « rappel ». C’est l’opinion d’Az-Zajjāj et d’al-Farrā’.
Certains ont lu « ‘abduhu Zakariyyā » au nominatif ; c’est la récitation d’Abū l-‘Āliyah.
Yahyā ibn Ya‘mar, lui, a lu « dhakara » à l’accusatif : « Ce Coran a rappelé la miséricorde de Son serviteur Zacharie ».
Les différentes formes linguistiques et les lectures relatives au nom « Zakariyyā » ont déjà été détaillées dans la sourate Âl ‘Imrân.