ʿUbāda Ibn al-Ṣāmit et Shaddād Ibn ʿAws étaient assis et dirent :
« Nous craignons pour cette communauté le polythéisme ainsi que la passion cachée ; quant à la passion cachée, elle provient des femmes. »
Ils ajoutèrent : « Nous avons entendu le Messager d’Allāh — que la bénédiction et le salut d’Allāh soient sur lui — dire :
« Quiconque accomplit une prière en recherchant le regard des gens a certes commis un acte d’association ; et quiconque jeûne pour être vu des gens a certes commis un acte d’association. »
Puis il récita : « Quiconque espère rencontrer son Seigneur, qu’il accomplisse donc une œuvre pie et n’associe personne à l’adoration de son Seigneur. »
Je (l’auteur) dis : l’explication de la “passion cachée” a été rapportée sous d’autres formes, que nous avons mentionnées dans la sourate « An-Nisâ’ ».
Sahl Ibn ʿAbd Allāh rapporte que l’on interrogea al-Ḥasan au sujet de la sincérité (al-ikhlāṣ) et de l’ostentation (ar-riyā’). Il répondit : « Parmi les signes de la sincérité, il y a le fait que tu préfères dissimuler tes bonnes actions et que tu ne tiennes pas à cacher tes mauvaises actions. Si Allāh fait paraître tes bonnes œuvres, tu dis : “Cela provient de Ta grâce et de Ta bienfaisance ; cela ne vient ni de mon propre fait ni de mon œuvre.” »
Il rappelle alors la Parole du Très-Haut :
« Quiconque espère rencontrer son Seigneur, qu’il accomplisse donc une œuvre pie et n’associe personne à l’adoration de son Seigneur. » (18 : 110)
Et Sa Parole :
« …et ceux qui donnent ce qu’ils donnent… » (23 : 60) — c’est-à-dire qu’ils offrent leurs œuvres avec sincérité tout en redoutant qu’elles ne soient pas acceptées.
Quant à l’ostentation, c’est la recherche de la part personnelle (ḥaẓẓ an-nafs) dans son œuvre ici-bas. On demanda : « Comment cela ? » Il répondit : « Quiconque recherche par une œuvre qui se situe entre lui et Allāh autre que la Face d’Allāh et l’Au-delà, cette œuvre relève de l’ostentation. »
Nos savants — qu’Allāh Très-Haut leur fasse miséricorde — ont dit : l’ostentation peut mener celui qui s’y adonne à ce que les gens se moquent de lui. On rapporte, en effet, que Ṭāhir Ibn al-Ḥusayn dit à Abū ʿAbd Allāh al-Marwazī : « Depuis combien de temps es-tu arrivé en ʿIrāq, Abū ʿAbd Allāh ? » Celui-ci répondit : « Je suis entré en ʿIrāq il y a vingt ans, et voilà trente ans que je jeûne. » Ṭāhir lui dit alors : « Nous t’avons posé une question, et tu nous as répondu par deux ! »
Al-Aṣmaʿī rapporte qu’un bédouin accomplit la prière en la prolongeant alors que des gens se tenaient à ses côtés. Ils lui dirent : « Quelle belle prière tu as faite ! » Il répondit : « Et, en plus de cela, je jeûne ! »
Que cela est loin de la parole d’al-Ashʿath Ibn Qays : ayant accompli une prière abrégée, on lui dit : « Tu l’as écourtée ! » Il répondit : « Elle n’a été entachée d’aucune ostentation. » Ainsi, il échappa à leur critique en niant l’ostentation et toute affectation dans sa prière.
Il a déjà été mentionné, dans la sourate « An-Nisâ’ », le remède à l’ostentation d’après la parole de Luqmān : c’est la dissimulation de l’œuvre.
At-Tirmidhī al-Ḥakīm rapporte, d’après son père — qu’Allāh lui fasse miséricorde — : al-Himmānī nous informa, disant : Jarīr nous informa, d’après Layth, d’après un shaykh, d’après Maʿqil Ibn Yasār, lequel dit : Abū Bakr — agréé d’Allāh — le rapporta et en témoigna auprès du Messager d’Allāh — que la bénédiction et le salut d’Allāh soient sur lui —
dlorsqu’il évoqua le polythéisme et dit :
« Il est en vous plus subtil que la marche de la fourmi. »