Ce verset.
Moudjahid rapporte :
Un homme vint auprès du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allāh soient sur lui — et lui dit :
« Ô Messager d’Allāh ! Je fais l’aumône et je maintiens les liens de parenté, et je n’accomplis cela que pour Allāh — Exalté soit-Il. Or, l’on parle de ces œuvres à mon sujet, on m’en fait l’éloge et cela me réjouit, j’en éprouve de la satisfaction. » Le Messager d’Allāh — que les bénédictions et la paix d’Allāh soient sur lui — se tut et ne répondit rien. Alors Allāh — Très-Haut — fit descendre :
« Quiconque espère rencontrer son Seigneur, qu’il accomplisse donc une œuvre vertueuse et qu’il n’associe personne à l’adoration de son Seigneur. » (18 : 110)
Je dis : Tout cela est visé, et le verset englobe cet exemple et toute autre œuvre (semblable). Dans la sourate Hûd, nous avons déjà cité le hadith authentique d’Abû Hurayrah concernant les trois personnes à propos desquelles le jugement sera rendu parmi les premières créatures. Dans la sourate An-Nisâ’ nous avons, de même, évoqué la question de l’ostentation et rapporté à ce sujet des récits suffisants.
Al-Mâwardî et l’ensemble des exégètes ont dit : le sens de Sa Parole : « …et qu’il n’associe personne à l’adoration de son Seigneur » (18 : 110) est : qu’il ne recherche, par son œuvre, l’approbation d’aucune créature.
At-Tirmidhî l’Hakîm — qu’Allāh lui fasse miséricorde — rapporte dans son ouvrage « Nawâdir al-Uṣûl » : Mon père nous a narré — qu’Allāh lui fasse miséricorde —, disant : Makkî b. Ibrâhîm nous a rapporté, disant : ‘Abd-ul-Wâḥid b. Zayd, d’après ‘Ubâdah b. Nusayy, a dit :
Je me rendis auprès de Shaddâd b. Aws dans son oratoire alors qu’il pleurait. Je lui demandai :
« Qu’est-ce qui te fait pleurer, ô Abû ‘Abd-ur-Raḥmân ? »
Il répondit :
« Un hadith que j’ai entendu du Messager d’Allāh — que les bénédictions et la paix d’Allāh soient sur lui — un jour où j’avais vu sur son visage une expression qui m’avait peiné. Je lui dis alors : “Que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi, ô Messager d’Allāh ! Qu’est-ce que je vois sur ton visage ?”
Il dit : “C’est une chose que je crains pour ma communauté après moi.”
Je dis : “Laquelle, ô Messager d’Allāh ?”
Il dit : “L’association (shirk) et le désir subtil (ash-shahwah al-khafiyyah).”
Je dis : “Ô Messager d’Allāh ! Ta communauté commettrait-elle l’association après toi ?”
Il répondit : “Ô Shaddâd ! Certes, ils n’adoreront ni soleil, ni lune, ni pierre, ni idole ; mais ils feront ostentation de leurs œuvres.”
Je dis : “Ô Messager d’Allāh, et l’ostentation est-elle une forme de shirk ?”
Il dit : “Oui.”
Je dis : “Et qu’est-ce donc que le désir subtil ?”
Il dit : “L’un d’eux se lève au matin en jeûne ; survient alors pour lui un attrait de ce bas monde, alors il rompt son jeûne.” »
‘Abd-ul-Wâḥid rapporte : Je rencontrai al-Ḥasan et lui demandai :
« Ô Abû Sa‘îd ! Dis-moi, l’ostentation est-elle une forme de shirk ? »
Il répondit : « Oui. Ne lis-tu pas : “Quiconque espère rencontrer son Seigneur, qu’il accomplisse une œuvre vertueuse et qu’il n’associe personne à l’adoration de son Seigneur.” (18 : 110) »
Ismâ‘îl b. Isḥâq rapporte : Muḥammad b. Abî Bakr nous a narré, disant : al-Mu‘tamir b. Sulaymân, d’après Layth, d’après Shahr b. Ḥawshab, a dit : « ‘Ubâdah b. aṣ-Ṣâmit et Shaddâd…»