« Celui à qui la Tora a été donnée n’a-t-il pas reçu un bien immense ? »
Alors fut révélé :
« Dis : “Si la mer était une encre pour (écrire) les Paroles de mon Seigneur, la mer s’épuiserait…” » (le verset).
On rapporte aussi que les Juifs dirent : « Tu as reçu la Sagesse ; or, quiconque reçoit la Sagesse a certes reçu un bien abondant. Puis tu prétends ne rien savoir de l’Âme ?! » Allah, exalté soit-Il, ordonna alors : « Dis-leur : même si l’on m’a donné le Coran et à vous la Tora, tout cela, comparé aux Paroles d’Allah, demeure bien peu de chose. »
Ibn ‘Abbâs a dit : « “les Paroles de mon Seigneur” désigne les exhortations de mon Seigneur. »
D’autres ont expliqué qu’il s’agit de la Parole pré-éternelle, infinie, sans fin ni terme ; bien qu’Une, elle peut être exprimée au pluriel tant elle recèle de joyaux d’expressions et parce qu’elle se fait l’interprète de nos propos ; on emploie donc la forme plurielle pour la magnifier.
Al-Aʿshâ dit :
« Un visage d’une carnation pure et limpide qu’embellissent,
Avec ce cou gracile, des fossettes et des poignets. »
Il usa du pluriel « fossettes » pour n’indiquer qu’une seule fossette. Dans le Coran aussi : « Nous sommes vos protecteurs… » (Fussilat, 31) ; « C’est Nous, en vérité, qui avons fait descendre le Rappel » (Al-Hijr, 9) ; « Et c’est Nous qui faisons vivre et faisons mourir » (Al-Hijr, 23). De même : « Ibrâhîm était à lui seul une communauté » (An-Nahl, 120), car il tint la place d’une nation entière.
Selon une autre interprétation, il s’agit des tournures et signes qui indiquent les sens visés par les Paroles d’Allah — qu’Il soit exalté —, lesquelles ne sauraient s’épuiser.
As-Suddî dit : « Si la mer servait d’encre aux Paroles de mon Seigneur, la mer se consumerait avant que ne s’épuisent les descriptions du Paradis, demeure de la récompense. »
‘Ikramah affirme : « La mer s’épuiserait avant que ne s’épuise la récompense réservée à celui qui dit : “Il n’est de divinité qu’Allah.” »
Ce verset a son pendant dans : « Quand bien même tous les arbres de la terre seraient des calames et l’océan, renforcé par sept océans encore, (était encre), les Paroles d’Allah ne s’épuiseraient pas » (Luqmân, 27).
Ḥamzah et Al-Kisâʾî ont lu : « avant qu’elles ne s’épuisent » (yanfada) à la troisième personne, en raison de l’antériorité du verbe.
Allah — Très-Haut — dit encore :
« Dis : “Je ne suis qu’un être humain semblable à vous ; il m’est révélé…” » (v.110) : c’est-à-dire : je ne sais que ce qu’Allah m’enseigne, or la science d’Allah est incommensurable. Je n’ai reçu pour mission que de vous transmettre qu’il n’est de divinité qu’Allah.
« Que celui donc qui espère la rencontre de son Seigneur » : c’est-à-dire espère Le voir, obtenir Sa récompense et craint Son châtiment,
« qu’il accomplisse alors une œuvre vertueuse et n’associe personne au culte de son Seigneur. »
Ibn ‘Abbâs rapporte : ce verset fut révélé au sujet de Jundub ibn Zuhayr al-‘Âmirî qui dit : « Ô Messager d’Allah, j’accomplis une œuvre pour Allah, désirant par là Son Visage, mais si l’on la découvre, cela me réjouit. » Le Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — répondit : « Allah est Bon et n’accepte que ce qui est bon ; Il n’agrée pas ce en quoi un associé Lui est donné. » Puis le verset fut révélé.
Tâwûs rapporte qu’un homme dit : « Ô Messager d’Allah, j’aime le combat dans le sentier d’Allah et j’apprécie que l’on voie la place que j’y occupe. » Alors le verset descendit.