Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

En effet, il avait déjà déclaré qu’il ne leur prendrait aucun tribut ; il ne restait donc plus qu’à solliciter qu’on lui passe le matériau et à requérir l’effort des corps.

« Zubar al-ḥadîd » désigne les blocs – ou grandes plaques – de fer. L’origine du terme renvoie à l’idée de rassemblement ; ainsi l’on dit « zubrat al-asad » pour la crinière du lion, celle-ci résultant des poils qui se rejoignent sur son garrot. De même, « zabartu al-kitâb » signifie : je l’ai écrit et j’en ai réuni les lettres.

Abû Bakr et al-Mufaḍḍal ont lu : « radman aitûnî », du verbe itiyân, qui veut dire « venir », c’est-à-dire : « apportez-moi des blocs de fer ». La préposition ayant été omise, le verbe est passé au régime direct, conformément au vers du poète : « Amartuka al-khayra … », où la préposition est supprimée et le verbe mis à l’accusatif.

La grande majorité des lecteurs prononcent « zubar » avec l’ouverture du bâʼ, tandis qu’al-Ḥasan la lit avec son redoublement (ḍamma). Dans les deux cas, il s’agit du pluriel de « zubra », c’est-à-dire la grosse pièce de fer.

Parole du Très-Haut : « ḥattâ idhâ sâwâ … » ; il faut comprendre « lorsqu’il eut égalisé la construction », le substantif ayant été élidé en raison de l’évidence du contexte.

« Bayna aṣ-ṣadafayn » : Abû ʿUbayda explique qu’il s’agit des deux versants de la montagne, ainsi appelés parce qu’ils se font face et se rencontrent. Cet avis est également rapporté d’az-Zuhrî et d’Ibn ʿAbbâs. Le poète a dit :
« Entre les deux parois dont l’éclat transperce,
flamboyant telle la lampe de la nuit noire. »

On appelle encore ṣadaf tout édifice élevé, par comparaison avec le flanc de la montagne. Il est rapporté dans le ḥadith : « Lorsqu’il passait près d’un ṣadaf incliné, il accélérait le pas. »

Abû ʿUbayd précise : le ṣadaf et le hadaf désignent tout bâtiment immense et élevé.

Ibn ʿAṭiyya affirme : les deux ṣadaf sont les deux montagnes se faisant face ; on ne dit pas ṣadaf pour l’une seule, mais ṣadafayn pour les deux, parce que l’une rencontre l’autre.

Lectures coraniques :
– Nāfiʿ, Ḥamza et al-Kisâʾî lisent « aṣ-ṣadafayn » (ṣâd ouverte et géminée, dâl ouverte) ; c’était la lecture de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allâh l’agrée – et de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, et c’est celle qu’a retenue Abû ʿUbayda car elle est la plus répandue.
– Ibn Kathîr, Ibn ʿÂmir et Abû ʿAmr lisent « aṣ-ṣudufayn » (ṣâd et dâl fermées).
– ʿĀṣim, dans la transmission d’Abû Bakr, lit « aṣ-ṣudfayn » (ṣâd fermée, dâl muette), à l’instar de « al-jurf/al-jarf », forme allégée.
– Ibn al-Mâjishûn lit avec ṣâd ouverte et dâl fermée.
– Qatâda lit « bayna aṣ-ṣadfayn » (ṣâd ouverte, dâl muette).

Toutes ces lectures convergent vers un même sens : il s’agit des deux montagnes qui se font face.

لِأَنَّهُ قَدِ ارْتَبَطَ مِنْ قَوْلِهِ: إِنَّهُ لَا يَأْخُذُ مِنْهُمُ الْخَرْجَ فَلَمْ يَبْقَ إِلَّا اسْتِدْعَاءُ الْمُنَاوَلَةِ، وَأَعْمَالُ الْأَبْدَانِ. وَ " زُبَرَ الْحَدِيدِ" قِطَعُ الْحَدِيدِ. وَأَصْلُ الْكَلِمَةِ الِاجْتِمَاعُ، وَمِنْهُ زُبْرَةُ الْأَسَدِ لِمَا اجْتَمَعَ مِنَ الشَّعْرِ عَلَى كَاهِلِهِ. وَزَبَرْتُ الْكِتَابَ أَيْ كَتَبْتُهُ وَجَمَعْتُ حُرُوفَهُ. وَقَرَأَ أَبُو بَكْرٍ وَالْمُفَضَّلُ " رَدْمًا ايتُونِي" مِنَ الْإِتْيَانِ الَّذِي هُوَ الْمَجِيءُ، أَيْ جِيئُونِي بِزُبَرِ الْحَدِيدِ، فَلَمَّا سقط الخافض انتصب الفعل عَلَى نَحْوِ قَوْلِ الشَّاعِرِ: «١» أَمَرْتُكَ الْخَيْرَ ... حُذِفَ الْجَارُّ فَنَصَبَ الْفِعْلُ. وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ " زُبَرَ" بِفَتْحِ الْبَاءِ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ بِضَمِّهَا، وَكُلُّ ذَلِكَ جَمْعُ زُبْرَةٍ وَهِيَ الْقِطْعَةُ الْعَظِيمَةُ مِنْهُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (حَتَّى إِذا سَاوَى) يَعْنِي الْبِنَاءَ فَحُذِفَ لِقُوَّةِ الْكَلَامِ عَلَيْهِ. (بَيْنَ الصَّدَفَيْنِ) قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: هُمَا جَانِبَا الْجَبَلِ، وَسُمِّيَا بِذَلِكَ لِتَصَادُفِهِمَا أَيْ لِتَلَاقِيهِمَا. وَقَالَهُ الزُّهْرِيُّ وَابْنُ عَبَّاسٍ، كَأَنَّهُ يُعْرِضُ عَنِ الْآخَرِ، مِنَ الصُّدُوفِ قَالَ، الشَّاعِرُ: كِلَا الصَّدَفَيْنِ يَنْفُذُهُ سَنَاهَا ... تَوَقَّدُ مِثْلَ مِصْبَاحِ الظَّلَامِ وَيُقَالُ لِلْبِنَاءِ الْمُرْتَفِعِ: صَدَفَ تَشْبِيهٌ بِجَانِبِ الْجَبَلِ. وَفِي الْحَدِيثِ: كَانَ إِذَا مَرَّ بِصَدَفٍ مَائِلٍ أَسْرَعَ الْمَشْيَ. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: الصَّدَفُ وَالْهَدَفُ كُلُّ بِنَاءٍ عَظِيمٍ مُرْتَفِعٍ. ابْنُ عَطِيَّةَ: الصَّدَفَانِ الْجَبَلَانِ الْمُتَنَاوِحَانِ «٢» وَلَا يُقَالُ لِلْوَاحِدِ صَدَفٌ، وَإِنَّمَا يُقَالُ: صَدَفَانِ لِلِاثْنَيْنِ، لِأَنَّ أَحَدَهُمَا يُصَادِفُ الْآخَرُ. وَقَرَأَ نَافِعٌ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ " الصَّدَفَيْنِ" بِفَتْحِ الصَّادِ وَشَدِّهَا وَفَتْحِ الدَّالِ، وَهِيَ قِرَاءَةُ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ تَعَالَى عَنْهُ وَعُمَرُ بْنُ عَبْدِ الْعَزِيزِ، وَهِيَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدَةَ لِأَنَّهَا أَشْهَرُ اللُّغَاتِ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ عَامِرٍ وَأَبُو عَمْرٍو: " الصُّدُفَيْنِ" بِضَمِّ الصَّادِ وَالدَّالِ وَقَرَأَ عَاصِمٌ فِي رِوَايَةِ أَبِي بَكْرٍ: " الصُّدْفَيْنِ" بِضَمِّ الصَّادِ وَسُكُونِ الدَّالِ، نَحْوَ الْجُرْفِ وَالْجَرْفِ. فَهُوَ تَخْفِيفٌ. وَقَرَأَ ابْنُ الْمَاجِشُونِ: بِفَتْحِ الصَّادِ وَضَمِّ الدَّالِّ. وَقَرَأَ قَتَادَةُ: " بَيْنَ الصَّدْفَيْنِ" بِفَتْحِ الصَّادِ وَسُكُونِ الدَّالِ، وَكُلُّ ذَلِكَ بِمَعْنًى وَاحِدٍ. وَهُمَا الجبلان المتناوحان.
(١). هو عمرو بن معدى كرب الزبيدي والبيت بتمامه: أَمَرْتُكَ الْخَيْرَ فَافْعَلْ مَا أُمِرْتَ بِهِ ... فَقَدْ تركتك ذا مال وذا نشب (٢). التناوح: التقابل.

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