Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sa Parole – qu’Il soit exalté :

« Il dit : Ce qu’Allah, mon Seigneur, m’a conféré comme pouvoir est meilleur. »

Cette déclaration comporte deux questions :

Premièrement –

L’expression : « Il dit : Ce qu’Allah m’a conféré comme pouvoir est meilleur » signifie : Dhû l-Qarnayn leur répondit : la puissance et la royauté qu’Allah ‑ Très-Haut ‑ a étendues pour moi valent mieux que le tribut et les biens que vous proposez. Cependant, prêtez-moi main-forte par la force de vos corps ; autrement dit, par des hommes et par un travail physique de votre part, ainsi que par les instruments avec lesquels je dresserai la muraille – c’est-à-dire le barrage. Il s’agit là d’un soutien accordé par Allah – qu’Il soit exalté – à Dhû l-Qarnayn dans cet échange : si ce peuple avait seulement réuni pour lui un impôt, personne ne l’aurait secouru ; tandis que s’ils se chargeaient eux-mêmes de la construction et de l’assistance, cela lui convenait mieux et hâterait l’achèvement de l’œuvre ; il se peut même que le bénéfice qu’ils en tireraient surpassât largement le tribut envisagé.

Ibn Kathîr, seul, a lu : « mâ makkannanî » avec deux nûn, tandis que les autres lecteurs récitent : « mâ makkanni fîhi rabbî ».

Deuxièmement –

Ce verset est une preuve que le souverain est tenu d’assurer la protection des sujets : sauvegarder leur entité, combler leurs brèches, consolider leurs frontières, au moyen des fonds publics qui leur reviennent et des droits qu’amasse le trésor sous sa main et sous sa supervision. Même si ces droits s’épuisaient et que les charges les engloutissaient, il lui incomberait de reconstituer ces ressources à partir de leurs biens, avec, de sa part, une saine gestion.

Cela à trois conditions :

  1. Qu’il ne se réserve rien à leur détriment ;
  2. Qu’il commence par secourir ceux qui sont dans le besoin ;
  3. Qu’il répartisse le don entre eux selon le rang de chacun.

Si, après cela, les ressources venaient à disparaître et qu’il ne restât plus rien, puis qu’un événement imprévu survenait, ils offriraient leurs personnes avant leurs biens ; si cela ne suffisait pas, leurs biens seraient alors prélevés selon une estimation réfléchie et une gestion avisée.

Ainsi, lorsque les gens proposèrent à Dhû l-Qarnayn de l’argent pour qu’il les protège de l’agression redoutée de Yaʾjûj et Maʾjûj, il déclara : « Je n’en ai pas besoin ; j’ai plutôt besoin de vous. »

« Aidez-moi donc par une force », c’est-à-dire : servez-vous de vos propres personnes à mes côtés, car l’argent est auprès de moi, alors que les hommes sont auprès de vous. Il constata que l’argent ne leur serait d’aucun secours : s’il l’acceptait comme rémunération, cela diminuerait ce qui lui est nécessaire et l’on reviendrait à leur réclamer le salaire. Il était donc préférable qu’ils se portent volontaires par le service de leurs corps. De là, la règle générale : le bien d’autrui n’est licite qu’en cas de nécessité avérée ; il est alors prélevé publiquement, non clandestinement, dépensé avec équité, sans monopole, et sous l’avis de la communauté, non par décision autocratique. Allah – Très-Haut – accorde la réussite vers la vérité.

Sa Parole – qu’Il soit exalté :

« Apportez-moi des blocs de fer. »

C’est-à-dire : donnez-moi des masses de fer et passez-les-moi. Il leur ordonna d’acheminer les outils ; tout cela constitue une demande de fourniture qui ne relève pas du don gracieux, mais bien d’une requête de mise à disposition.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ مَا مَكَّنِّي فِيهِ رَبِّي خَيْرٌ) فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " قالَ مَا مَكَّنِّي فِيهِ رَبِّي خَيْرٌ" الْمَعْنَى قَالَ لَهُمْ ذُو الْقَرْنَيْنِ مَا بَسَطَهُ اللَّهُ تَعَالَى لِي مِنَ الْقُدْرَةِ وَالْمُلْكِ خَيْرٌ مِنْ خَرْجِكُمْ وَأَمْوَالِكُمْ وَلَكِنْ أَعِينُونِي بِقُوَّةِ الْأَبْدَانِ، أَيْ بِرِجَالٍ وَعَمَلٍ مِنْكُمْ بِالْأَبْدَانِ «١» ، وَالْآلَةِ الَّتِي أَبْنِي بِهَا الرَّدْمَ وَهُوَ السَّدُّ. وَهَذَا تَأْيِيدٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى لِذِي الْقَرْنَيْنِ فِي هَذِهِ الْمُحَاوَرَةِ فَإِنَّ الْقَوْمَ لَوْ جَمَعُوا لَهُ خَرْجًا لَمْ يُعِنْهُ أحد ولو كلوه إِلَى الْبُنْيَانِ وَمَعُونَتُهُ «٢» بِأَنْفُسِهِمْ أَجْمَلُ بِهِ وَأَسْرَعُ فِي انْقِضَاءِ هَذَا الْعَمَلِ وَرُبَّمَا أَرْبَى مَا ذَكَرُوهُ لَهُ عَلَى الْخَرْجِ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَحْدَهُ: " مَا مَكَّنَنِي" بِنُونَيْنِ. وَقَرَأَ الْبَاقُونَ: " مَا مَكَّنِّي فِيهِ رَبِّي" . الثَّانِيَةُ- فِي هَذِهِ الْآيَةِ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الْمَلِكَ فُرِضَ عَلَيْهِ أَنْ يَقُومَ بِحِمَايَةِ الْخَلْقِ فِي حِفْظِ بَيْضَتِهِمْ، وَسَدِّ فرجتهم، وإصلاح ثغورهم، من أموالهم التي تفي عَلَيْهِمْ، وَحُقُوقِهِمُ الَّتِي تَجْمَعُهَا خِزَانَتُهُمْ تَحْتَ يَدِهِ وَنَظَرِهِ، حَتَّى لَوْ أَكَلَتْهَا الْحُقُوقُ، وَأَنْفَذَتْهَا الْمُؤَنُ، لَكَانَ عَلَيْهِمْ جَبْرُ ذَلِكَ مِنْ أَمْوَالِهِمْ، وَعَلَيْهِ حُسْنُ النَّظَرِ لَهُمْ، وَذَلِكَ بِثَلَاثَةِ شُرُوطٍ: الْأَوَّلُ: أَلَّا يَسْتَأْثِرَ عَلَيْهِمْ بِشَيْءٍ. الثَّانِي- أَنْ يَبْدَأَ بِأَهْلِ الْحَاجَةِ فَيُعِينُهُمُ. الثَّالِثُ- أَنْ يُسَوِّيَ فِي الْعَطَاءِ بَيْنَهُمْ عَلَى قَدْرِ مَنَازِلِهِمْ، فَإِذَا فَنِيَتْ بَعْدَ هَذَا وَبَقِيَتْ صِفْرًا فَأَطْلَعَتِ الْحَوَادِثُ أَمْرًا بَذَلُوا أَنْفُسَهُمْ قَبْلَ أَمْوَالِهِمْ، فَإِنْ لَمْ يُغْنِ ذَلِكَ فَأَمْوَالُهُمْ تُؤْخَذُ مِنْهُمْ عَلَى تَقْدِيرٍ، وَتَصْرِيفٍ بِتَدْبِيرٍ، فَهَذَا ذُو الْقَرْنَيْنِ لَمَّا عَرَضُوا عَلَيْهِ الْمَالَ فِي أَنْ يَكُفَّ عَنْهُمْ مَا يَحْذَرُونَهُ مِنْ عَادِيَةِ يَأْجُوجَ وَمَأْجُوجَ قَالَ: لَسْتُ أَحْتَاجُ إِلَيْهِ وَإِنَّمَا أَحْتَاجُ إِلَيْكُمْ. " فَأَعِينُونِي بِقُوَّةٍ" أَيِ اخْدِمُوا بِأَنْفُسِكُمْ مَعِي، فَإِنَّ الْأَمْوَالَ عِنْدِي وَالرِّجَالَ عِنْدَكُمْ، وَرَأَى أَنَّ الْأَمْوَالَ لَا تُغْنِي عَنْهُمْ، فَإِنَّهُ إِنْ أَخَذَهَا أُجْرَةً نَقَصَ ذَلِكَ مِمَّا يَحْتَاجُ إِلَيْهِ، فَيَعُودُ بِالْأَجْرِ عَلَيْهِمْ، فَكَانَ التَّطَوُّعُ بخدمة الأبدان أولى. وضابط الأمور لَا يَحِلُّ مَالُ أَحَدٍ إِلَّا لِضَرُورَةٍ تَعْرِضُ، فَيُؤْخَذُ ذَلِكَ، الْمَالُ جَهْرًا لَا سِرًّا، وَيُنْفَقُ بالعدل لا بالاستيثار، وَبِرَأْيِ الْجَمَاعَةِ لَا بِالِاسْتِبْدَادِ بِالْأَمْرِ. وَاللَّهُ تَعَالَى الْمُوَفِّقُ لِلصَّوَابِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (آتُونِي زُبَرَ الْحَدِيدِ) أَيْ أَعْطُونِي زُبَرَ الْحَدِيدِ وَنَاوِلُونِيهَا أَمَرَهُمْ بِنَقْلِ الْآلَةِ، وَهَذَا كُلُّهُ إِنَّمَا هُوَ اسْتِدْعَاءُ الْعَطِيَّةِ الَّتِي بِغَيْرِ مَعْنَى الْهِبَةِ، وَإِنَّمَا هُوَ اسْتِدْعَاءٌ للمناولة،
(١). في ج وك: بالأيدي. (٢). في ك: معونتهم. [ ..... ]

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