Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :
« Allons-nous t’accorder un tribut pour que tu établisses entre nous et eux une muraille ? »

Ce passage soulève deux points.

Premièrement – À propos de Sa parole : « Allons-nous t’accorder un tribut » : la tournure est interrogative par courtoisie et égard.

« Kharjan » signifie une rémunération. Certains ont lu « kharâjan ». Le terme kharj est plus restreint que kharâj ; l’on dit : « Acquitte le kharj de ta tête et le kharâj de ta ville. »

Al-Azhari déclare : le kharâj peut désigner l’impôt, le revenu du butin (fay’), la jizya ou encore le produit d’une terre. Le kharâj est, de manière générale, le nom de tout prélèvement obligatoire sur les biens, tandis que kharj en est le nom verbal.

Quant à Sa parole : « … pour que tu ériges entre nous et eux une muraille », il s’agit d’un remblai (radm). Le radm est ce que l’on entasse les uns sur les autres jusqu’à remplir l’espace. On dit d’un vêtement rapiécé qu’il est « murdamm », comme l’a précisé Al-Harawî.

On dit : « J’ai comblé la brèche » ; au participe, radm désigne également l’ouvrage même : la digue ou la barrière.

On a également affirmé que le radm est plus fort que le sadd : en effet, tout ce qui sert à boucher une ouverture s’appelle sadd, tandis que le radm est le fait de superposer pierres, terre ou autre jusqu’à constituer un écran infranchissable. De là vient l’expression « il a rapiécé son vêtement » lorsqu’il le renforce de pièces superposées.

Ainsi dit ‘Antara :
« Les poètes ont-ils laissé quelque propos qui ne soit déjà rapiécé ? »

On lit « saddan » avec la voyelle brève sur la sîn (a),
– Al-Khalîl et Sîbawayh affirment que la forme avec ḍamma (u) est le nom, tandis que la forme fatha (a) est le verbe d’action (masdar) ;
– Al-Kisâ’î considère les deux voyelles comme variantes portant le même sens.

‘Ikrima, Abû ‘Amr ibn al-‘Alâ’ et Abû ‘Ubayda disent : toute barrière créée par Allâh, sans intervention humaine, se lit avec ḍamma, et ce qui est bâti par l’homme avec fatha. Partant, les tenants de cet avis devraient lire « saddan » (fatha) ici, et plus haut « bayna as-saddayn » (ḍamma), telle est la lecture de Ḥamza et d’Al-Kisâ’î. Abû Ḥâtim rapporte d’Ibn ‘Abbâs et d’Ikrima l’inverse de l’opinion d’Abû ‘Ubayda.

Ibn Abî Isḥâq dit : ce que tes yeux peuvent voir est « sudd » (ḍamma), et ce que tu ne vois pas est « sadd » (fatha).

Deuxièmement – Ce verset constitue une preuve de la légitimité d’établir des prisons, d’y interner les fauteurs de désordre et de les empêcher d’agir selon leurs penchants. On ne les abandonne pas à leur conduite ; on les châtie par le fouet, on les enferme ou on leur impose des travaux, puis on les libère, comme le fit ‘Umar – qu’Allâh l’agrée.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَهَلْ نَجْعَلُ لَكَ خَرْجاً عَلى أَنْ تَجْعَلَ بَيْنَنا وَبَيْنَهُمْ سَدًّا «١» فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَهَلْ نَجْعَلُ لَكَ خَرْجاً) اسْتِفْهَامٌ عَلَى جِهَةِ حُسْنِ الْأَدَبِ. " خَرْجاً" أَيْ جعلا. وقرى: " خَرَاجًا" وَالْخَرْجُ أَخَصُّ مِنَ الْخَرَاجِ. يُقَالُ: أَدِّ خَرْجَ رَأْسِكَ وَخَرَاجَ مَدِينَتِكَ. وَقَالَ الْأَزْهَرِيُّ: الْخَرَاجُ يَقَعُ عَلَى الضَّرِيبَةِ، وَيَقَعُ عَلَى [مَالِ] «٢» الْفَيْءِ، وَيَقَعُ عَلَى الْجِزْيَةِ وَعَلَى الْغَلَّةِ. وَالْخَرَاجُ اسْمٌ لِمَا يُخْرَجُ مِنَ الْفَرَائِضِ فِي الْأَمْوَالِ. وَالْخَرْجُ: الْمَصْدَرُ. وَقَوْلُهُ تَعَالَى: (عَلى أَنْ تَجْعَلَ بَيْنَنا وَبَيْنَهُمْ سَدًّا) أَيْ رَدْمًا، وَالرَّدْمُ مَا جُعِلَ بَعْضُهُ عَلَى بَعْضٍ حَتَّى يَتَّصِلَ. وَثَوْبٌ مُرَدَّمٌ أَيْ مُرَقَّعٌ قَالَهُ الْهَرَوِيُّ. يُقَالُ: رَدَمْتُ الثُّلْمَةَ أَرْدِمُهَا بِالْكَسْرِ رَدْمًا أَيْ سَدَدْتُهَا. وَالرَّدْمُ أَيْضًا الِاسْمُ وَهُوَ السَّدُّ. وَقِيلَ: الرَّدْمُ أَبْلَغُ مِنَ السَّدِّ إِذِ السَّدُّ كُلُّ مَا يُسَدُّ بِهِ وَالرَّدْمُ وَضْعُ الشَّيْءِ عَلَى الشَّيْءِ مِنَ حِجَارَةٍ أَوْ تُرَابٍ أَوْ نَحْوِهِ حَتَّى يَقُومَ مِنْ ذَلِكَ حِجَابٌ مَنِيعٌ وَمِنْهُ رَدَمَ ثَوْبَهُ إِذَا رَقَّعَهُ بِرِقَاعٍ مُتَكَاثِفَةٍ بَعْضُهَا فَوْقَ بَعْضٍ. وَمِنْهُ قَوْلُ عَنْتَرَةَ: هَلْ غَادَرَ الشُّعَرَاءُ مِنْ مُتَرَدَّمِ «٣» أَيْ مِنْ قَوْلٍ يُرَكَّبُ بَعْضُهُ عَلَى بَعْضٍ. وقرى " سَدًّا" بِالْفَتْحِ فِي السِّينِ، فَقَالَ الْخَلِيلُ وَسِيبَوَيْهِ: الضَّمُّ هُوَ الِاسْمُ وَالْفَتْحُ الْمَصْدَرُ. وَقَالَ الْكِسَائِيُّ: الْفَتْحُ وَالضَّمُّ لُغَتَانِ بِمَعْنًى وَاحِدٍ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ وَأَبُو عَمْرِو بْنُ الْعَلَاءِ وَأَبُو عُبَيْدَةَ: مَا كان من خلقة الله لم يشارك فِيهِ أَحَدٌ بِعَمَلٍ فَهُوَ بِالضَّمِّ، وَمَا كَانَ مِنْ صُنْعِ الْبَشَرِ فَهُوَ بِالْفَتْحِ. وَيَلْزَمُ أَهْلَ هَذِهِ الْمَقَالَةِ أَنْ يَقْرَءُوا " سَدًّا ١٠" بِالْفَتْحِ وَقَبْلَهُ " بَيْنَ السَّدَّيْنِ" بِالضَّمِّ، وَهِيَ قِرَاءَةُ حَمْزَةَ وَالْكِسَائِيِّ. وَقَالَ أَبُو حَاتِمٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَعِكْرِمَةَ عَكْسَ مَا قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ. وَقَالَ ابْنُ أَبِي إِسْحَاقَ: مَا رَأَتْهُ عَيْنَاكَ فَهُوَ سُدٌّ بِالضَّمِّ وَمَا لَا تَرَى فَهُوَ سَدٌّ بِالْفَتْحِ. الثَّانِيَةُ- فِي هَذِهِ الْآيَةِ دَلِيلٌ عَلَى اتِّخَاذِ السُّجُونِ، وَحَبْسِ أَهْلِ الْفَسَادِ فِيهَا، وَمَنْعِهِمْ مِنَ التَّصَرُّفِ لِمَا يُرِيدُونَهُ، وَلَا يُتْرَكُونَ وَمَا هُمْ عَلَيْهِ، بَلْ يُوجَعُونَ ضَرْبًا وَيُحْبَسُونَ أَوْ يُكَلَّفُونَ «٤» وَيُطْلَقُونَ كَمَا فَعَلَ عُمَرُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ.
(١). قراءة نافع. (٢). من ك. (٣). تمامه: أم هل عرفت الدار بعد توهم (٤). في ك: ينكلون.

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