Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils rempliront donc la terre et en expulseront les habitants ; veux-tu que nous levions pour toi un tribut afin que tu ériges entre nous et eux une barrière ? L’auteur a cité le ḥadith, et les descriptions de Gog et Magog — ainsi que des Turcs, qui constituent un de leurs groupes — viendront plus loin de manière suffisante.

Parole du Très-Haut :

« Nous dîmes : Ô Dhû-l-Qarnayn ! »

Abû Naṣr al-Qushayrî dit : S’il était Prophète, il s’agit d’une révélation ; s’il ne l’était pas, c’est une inspiration venue d’Allah — exalté soit-Il.

« Soit tu les châties, soit tu adoptes à leur égard une conduite bienveillante. »

Ibrâhîm ibn as-Sarî déclara : Il le laissa libre de choisir entre ces deux options, de même qu’Il laissa Muḥammad — que les prières et le salut d’Allah soient sur lui — choisir, lorsqu’Il dit : « S’ils viennent à toi, tranche entre eux ou détourne-toi d’eux » (al-Mâʾidah, 42) et passages analogues.

Abû Isḥâq az-Zajjâj dit : le sens est qu’Allah — Très-Haut — lui a donné le choix entre ces deux jugements.

An-Naḥḥâs rapporte qu’ʿAlî ibn Sulaymân a réfuté cette opinion, car il n’est pas établi que Dhû-l-Qarnayn fût Prophète pour qu’on s’adresse à lui de la sorte. Comment, dès lors, dirait-il à son Seigneur — Glorieux et Sublime — « puis il sera ramené à son Seigneur » ? Et comment dirait-il : « Nous le châtierons », employant le pronom « Nous » ?
Il dit : le véritable sous-entendu est : « Nous avons dit, ô Muḥammad : ils ont dit : ô Dhû-l-Qarnayn… »

Abû Jaʿfar an-Naḥḥâs répondit : ce qu’a avancé Abû l-Ḥasan ne s’impose pas nécessairement. Quant au verset « Nous dîmes : ô Dhû-l-Qarnayn », il se peut qu’Allah — Majestueux et Très-Haut — l’ait interpellé par la langue d’un Prophète de son époque ; il se peut aussi qu’Il se soit adressé directement à lui, comme Il l’a fait pour Son Prophète en disant : « Puis, soit grâce gratuite après cela, soit rançon » (Muḥammad, 4).

Quant à la difficulté soulevée par les mots : « Nous le châtierons, puis il sera ramené à son Seigneur », son explication est qu’Allah — exalté soit-Il — lui a laissé le choix entre mettre à mort, dans Sa parole : « soit tu les châties », et épargner, dans Sa parole : « soit tu adoptes à leur égard une conduite bienveillante ».

Il dit alors à ces gens :

« Quant à celui qui aura été injuste » — c’est-à-dire celui d’entre vous qui persiste dans la mécréance — « nous le châtierons », c’est-à-dire par la mise à mort ; « puis il sera ramené à son Seigneur », le Jour de la Résurrection ; « et Il le châtiera d’un châtiment terrible », très dur, dans la Géhenne.

« Mais quant à celui qui croit » — c’est-à-dire qui se repent de son incroyance — « et accomplit des œuvres pies… »

Aḥmad ibn Yaḥyâ commenta : la particule « inna » est à la place de l’accusatif dans la locution « imma an tuʿadhdhiba wa-imma an tattakhidha fîhim ḥusnan » ; si tu la lisais au nominatif, cela resterait correct avec le sens : « fa-immâ huwa… » comme l’a dit le poète :

« Allez donc, et soit vous avez un besoin à satisfaire,
soit un agréable lieu de halte et un ami fidèle. »

« Il aura pour rétribution la plus belle (al-ḥusnâ). » — Les habitants de Médine, Abû ʿAmr et ʿÂṣim lisent : « fa-lahu jazâʾ al-ḥusnâ », avec « jazâʾ » au nominatif, considéré soit comme sujet, soit comme prédicat stable. Le mot « al-ḥusnâ » est au génitif par annexion, le tanwîn étant retranché pour cette raison. Autrement dit : « Il aura pour récompense la plus belle auprès d’Allah — Très-Haut — dans l’Au-delà », à savoir le Paradis ; Il a ainsi rattaché la récompense au Jardin, comme dans Sa parole

فَسَيَمْلَئُونَ الْأَرْضَ، وَيُجْلُونَ أَهْلَهَا فَهَلْ نَجْعَلُ لَكَ خَرْجًا عَلَى أَنْ تَجْعَلَ بَيْنَنَا وَبَيْنَهُمْ سَدًّا؟ ذكر الْحَدِيثَ، وَسَيَأْتِي مِنْ صِفَةِ يَأْجُوجَ وَمَأْجُوجَ وَالتُّرْكِ إِذْ هُمْ نَوْعٌ مِنْهُمْ مَا فِيهِ كِفَايَةٌ. قوله تعالى: (قُلْنا يا ذَا الْقَرْنَيْنِ) قَالَ الْقُشَيْرِيُّ أَبُو نَصْرٍ: إِنْ كَانَ نَبِيًّا فَهُوَ وَحْيٌ، وَإِنْ لَمْ يَكُنْ نَبِيًّا فَهُوَ إِلْهَامٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى. (إِمَّا أَنْ تُعَذِّبَ وَإِمَّا أَنْ تَتَّخِذَ فِيهِمْ حُسْناً) قَالَ إِبْرَاهِيمُ بْنُ السَّرِيِّ: خَيَّرَهُ بَيْنَ هَذَيْنِ كَمَا خَيَّرَ مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: " فَإِنْ جاؤُكَ فَاحْكُمْ بَيْنَهُمْ أَوْ أَعْرِضْ عَنْهُمْ" «١» [المائدة: ٤٢] وَنَحْوَهُ. وَقَالَ أَبُو إِسْحَاقَ الزَّجَّاجُ: الْمَعْنَى أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى خَيَّرَهُ بَيْنَ هَذَيْنِ الْحُكْمَيْنِ، قَالَ النَّحَّاسُ: وَرَدَّ عَلِيُّ بْنُ سُلَيْمَانَ عَلَيْهِ قَوْلَهُ، لِأَنَّهُ لَمْ يَصِحَّ أَنَّ ذَا الْقَرْنَيْنِ نَبِيٌّ فَيُخَاطَبُ بِهَذَا، فَكَيْفَ يَقُولُ لِرَبِّهِ عَزَّ وَجَلَّ: " ثُمَّ يُرَدُّ إِلى رَبِّهِ" ؟ وَكَيْفَ يَقُولُ: " فَسَوْفَ نُعَذِّبُهُ" فيخاطبه بِالنُّونِ؟ قَالَ: التَّقْدِيرُ، قُلْنَا يَا مُحَمَّدُ قَالُوا يَا ذَا الْقَرْنَيْنِ. قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ النَّحَّاسُ: هَذَا الَّذِي قَالَهُ أَبُو الْحَسَنِ لَا يَلْزَمُ منه شي. أما قوله: " قُلْنا يا ذَا الْقَرْنَيْنِ" فَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ خَاطَبَهُ عَلَى لِسَانِ نَبِيٍّ فِي وَقْتِهِ، وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ قَالَ لَهُ هَذَا كَمَا قَالَ لنبيه: " فَإِمَّا مَنًّا بَعْدُ وَإِمَّا فِداءً" «٢» [محمد: ٤] ، وَأَمَّا إِشْكَالُ " فَسَوْفَ نُعَذِّبُهُ ثُمَّ يُرَدُّ إِلى رَبِّهِ" فإن تقديره أن الله تعالى خَيَّرَهُ بَيْنَ الْقَتْلِ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: " إِمَّا أَنْ تُعَذِّبَ" وبين الاستبقاء في قوله عز وجل: " وَإِمَّا أَنْ تَتَّخِذَ فِيهِمْ حُسْناً" . قَالَ لِأُولَئِكَ القوم: (أَمَّا مَنْ ظَلَمَ) أي أَقَامَ عَلَى الْكُفْرِ مِنْكُمْ، (فَسَوْفَ نُعَذِّبُهُ) أَيْ بِالْقَتْلِ: (ثُمَّ يُرَدُّ إِلى رَبِّهِ) أَيْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ: (فَيُعَذِّبُهُ عَذاباً نُكْراً) أَيْ شَدِيدًا فِي جهنم. (وَأَمَّا مَنْ آمَنَ) أي تاب من الكفر: (وَعَمِلَ صالِحاً) قَالَ أَحْمَدُ بْنُ يَحْيَى: (إِنَّ) فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ فِي (إِمَّا أَنْ تُعَذِّبَ وَإِمَّا أَنْ تَتَّخِذَ فِيهِمْ حُسْناً) قَالَ: وَلَوْ رَفَعْتَ كَانَ صَوَابًا بِمَعْنَى فَإِمَّا هُوَ، كَمَا قَالَ: فَسِيرَا فَإِمَّا حَاجَةٌ تَقْضِيَانِهَا ... وَإِمَّا مُقِيلٌ صَالِحٌ وَصَدِيقُ (فَلَهُ جَزاءً الْحُسْنى) قِرَاءَةُ أَهْلِ الْمَدِينَةِ وَأَبِي عَمْرٍو وَعَاصِمٍ: " فَلَهُ جَزاءً الْحُسْنى " بِالرَّفْعِ عَلَى الِابْتِدَاءِ أَوْ بِالِاسْتِقْرَارِ. وَ " الْحُسْنى " فِي مَوْضِعِ خَفْضٍ بِالْإِضَافَةِ وَيُحْذَفُ التَّنْوِينُ لِلْإِضَافَةِ، أَيْ لَهُ جَزَاءُ الْحُسْنَى عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى فِي الْآخِرَةِ وَهِيَ الْجَنَّةُ، فَأَضَافَ الْجَزَاءَ إِلَى الْجَنَّةِ، كَقَوْلِهِ:
(١). راجع ج ٦ ص ١٨٢ فما بعد. (٢). راجع ج ١٦ ص ٢٢٥ فما بعد.

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