La sphère solaire entoure la terre sans jamais adhérer à celle-ci ; elle est bien trop imposante pour pouvoir pénétrer dans quelque source terrestre que ce soit, puisqu’elle dépasse la terre de dimensions multiples et répétées. Le sens visé est donc simplement que Dhu l-Qarnayn atteignit l’extrémité des régions habitées, tant du côté couchant que du côté levant, et qu’à ses yeux la soleil semblait se coucher dans une source boueuse, tout comme nous la voyons, sur une plaine lisse, donner l’illusion de s’enfoncer dans le sol.
C’est pourquoi le Coran dit :
« Il la trouva se lever sur un peuple pour lequel Nous n’avions point établi d’écran contre elle » (18 : 90).
Il ne faut pas entendre par là que l’astre les touchât ou les frôlât effectivement, mais seulement qu’ils étaient les premiers sur qui elle se levait.
Al-Qutaybî remarque qu’il est possible que cette « source » appartienne à la mer, et que le soleil se couche derrière, auprès ou à proximité d’elle ; le qualificatif est alors employé pour le lieu lui-même – et Allah est plus savant.
« Il trouva auprès d’elle un peuple » : c’est-à-dire près de la source, ou à son débouché. Ils habitaient la contrée de Jâbars, que le syriaque nomme Jurgîsâ. C’étaient des gens issus des survivants de Thamûd qui avaient cru en Ṣâliḥ, ainsi que l’a rapporté as-Suhaylî.
Wahb ibn Munabbih dit :
« Dhu l-Qarnayn était un homme d’origine romaine, fils d’une vieille femme qui n’avait d’autre enfant que lui. Il se nommait Iskandar. Lorsqu’il eut grandi, étant un serviteur pieux, Allah – Très-Haut – lui dit : “Ô Dhu l-Qarnayn ! Je t’envoie vers les nations de la terre ; leurs langues sont diverses, et elles représentent l’ensemble des peuples du globe. Elles se répartissent ainsi : deux nations s’étendent sur toute la longueur de la terre, deux autres sur toute sa largeur, et, au centre, d’autres peuples parmi lesquels se trouvent les djinns, les humains, ainsi que Gog et Magog.
Quant aux deux qui occupent la longueur de la terre : l’une, située à l’extrême couchant du soleil, s’appelle Nâsuk, et l’autre, à l’extrême levant, se nomme Mansak. Quant aux deux qui occupent sa largeur : l’une, dans le quadrant droit de la terre, se nomme Hâwîl ; l’autre, dans le quadrant gauche, se nomme Tâwîl.”
Dhu l-Qarnayn répondit : “Seigneur ! Tu m’as convié à une affaire immense dont seul Toi connais l’ampleur. Informe-moi donc : par quelle force puis-je l’emporter sur eux ? De quelle patience puis-je me munir pour les affronter ? Et avec quelle langue leur parlerai-je ? Comment pourrais-je comprendre leur langage alors que je ne possède pas la capacité nécessaire ?”
Allah – Très-Haut – lui dit : “Je te ferai triompher de la mission que Je t’ai confiée ; J’élargirai ta poitrine, de sorte que tu entendras toute chose ; Je raffermirai ton intelligence, si bien que tu comprendras toute chose ; Je te revêtirai de crainte révérentielle, et rien ne t’intimidera. Je mettrai la lumière et l’obscurité à ton service ; elles seront deux armées parmi tes armées : la lumière te guidera par devant, et l’obscurité te protégera par derrière.”
Lorsqu’il eut reçu ces paroles, il se mit en marche avec ceux qui le suivaient et se dirigea vers la nation qui se trouve au coucher du soleil, car c’était elle la plus proche de lui.