Quatre hommes ont exercé la royauté universelle : deux croyants et deux mécréants. Les deux croyants sont Sulaymân fils de Dâwûd, et Alexandre ; les deux mécréants sont Namrûd et Bukht Naṣr. Un cinquième, issu de cette communauté, régnera à son tour, conformément à la parole du Très-Haut : « … afin qu’Il le fasse triompher de l’ensemble de la religion » (At-Tawbah, 33) ; il s’agit du Mahdî.
On a dit que Dhû l-Qarnayn fut ainsi appelé parce qu’il jouissait d’une noblesse à double lignée, descendant d’une maison illustre tant du côté paternel que maternel. D’autres ont avancé que deux générations (qarnayn) d’hommes disparurent durant sa vie alors qu’il était encore vivant. D’autres encore : lorsqu’il combattait, il le faisait de ses deux mains et de ses deux étriers à la fois. Certains ont dit : il reçut la science de l’apparent et du caché ; d’autres : il pénétra tant les ténèbres que la lumière ; d’autres enfin : il régna sur la Perse et sur Rome.
Parole du Très-Haut : « Nous l’avons certes établi sur la terre. » ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – a commenté : « Les nuages lui furent asservis, les moyens lui furent déployés, la lumière lui fut étendue, si bien que la nuit et le jour lui étaient égaux. »
Dans le ḥadith de ʿUqbah ibn ʿĀmir, le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – répondit à des hommes des Gens du Livre qui l’interrogeaient sur Dhû l-Qarnayn : « Au début de son histoire, c’était un jeune homme d’origine romaine à qui la royauté fut accordée. Il voyagea jusqu’à atteindre l’Égypte, où il construisit une cité appelée Alexandrie. Lorsqu’il en eut terminé, un ange vint à lui, le fit monter et lui dit : “Regarde sous toi.” Il répondit : “Je ne vois que ma cité, rien d’autre.” L’ange reprit : “C’est toute la terre, et cette obscurité qui l’entoure est la mer. Allâh – exalté soit-Il – a voulu te montrer la terre, et Il t’a accordé l’autorité sur elle. Parcours donc la terre, instruis l’ignorant et affermis l’érudit.” » Fin du ḥadith.
Parole du Très-Haut : « Nous lui avons donné, de toute chose, un moyen (sabab). » Ibn ʿAbbâs a dit : « De toute chose, une science par laquelle il pouvait atteindre ce qu’il désirait. » Al-Ḥasan a dit : « Des moyens lui permettant d’arriver où il voulait. » Il a également été dit : « De tout ce dont les créatures ont besoin » ; et : « De tout ce dont les rois se servent pour conquérir les cités et vaincre les ennemis. » Le terme sabab, à l’origine, désigne la corde, d’où son emploi pour tout ce qui permet d’accéder à une chose.
Parole : « Fa-atbaʿa sababâ / fa-ittabaʿa sababâ : Il suivit donc un moyen. » Ibn ʿÂmir, ʿÂṣim, Ḥamzah et Al-Kisâʾî lisent « fa-atbaʿa » (hamza coupée). Les gens de Médine et Abû ʿAmr lisent « fa-ittabaʿa » (hamza rattachée), c’est-à-dire : il emprunta l’un des moyens qui lui avaient été accordés.
Al-Akhfash dit : « tabiʿtuhu et atbaʿtuhu ont le même sens, tout comme raddaftuhu et ardaftuhu. » Le Très-Haut dit en ce sens : « … sauf celui qui saisit furtivement une parole, qu’un météore perçant poursuit » (As-Sâffât, 10). De là vient l’“itbâʿ” dans le discours, comme dans les expressions ḥasan basan et qabîḥ shaqîḥ. An-Naḥḥâs ajoute : Abû ʿUbayd a préféré la lecture