Ils accompliront le pèlerinage en compagnie de ‘Îsâ – sur lui la prière et la paix –, comme cela a été exposé plus haut. Il en est de même pour le jeune serviteur de Mûsâ, selon la parole d’Ibn ‘Abbâs, ainsi que nous l’avons rapporté.
Abû Isḥâq ath-Tha‘labî a mentionné, dans son ouvrage « Al-‘Arâʾis », que l’avis correct est que al-Khiḍr – qu’Allah le couvre de Son salut – est un Prophète, doté d’une longue vie, voilé aux regards. Muḥammad ibn al-Mutawakkil rapporte de Ḍamrah ibn Rabî‘ah, d’après ‘Abd Allâh ibn Shawdhab : « Al-Khiḍr, sur lui la paix, descend de la lignée des Perses, tandis qu’Ilyâs appartient aux Banû Isrâ’îl ; tous deux se rencontrent chaque année durant la saison du Ḥajj. »
‘Amr ibn Dînâr a dit : « Al-Khiḍr et Ilyâs resteront vivants sur terre tant que le Coran y sera présent ; lorsque celui-ci sera élevé, ils mourront. » Notre maître, l’imâm Abû Muḥammad ‘Abd al-Mu‘ṭî ibn Maḥmûd ibn ‘Abd al-Mu‘ṭî al-Lakhmî, rapporte dans son commentaire de la Risâla d’al-Qushayrî de nombreuses histoires de pieux hommes et femmes affirmant avoir vu et rencontré al-Khiḍr – sur lui la paix. L’ensemble de ces récits, ajouté à ce qu’ont relaté an-Naqqâsh, ath-Tha‘labî et d’autres, fait pencher l’opinion vers la probabilité de sa survie.
Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ de Muslim : « Le Dajjâl parviendra jusqu’à certaines terres salines proches de Médine, et ce jour-là sortira vers lui un homme qui sera le meilleur des gens – ou l’un des meilleurs. » À la fin du ḥadîth, Abû Isḥâq précise : « Cet homme est al-Khiḍr. »
Ibn Abî ad-Dunyâ rapporte, dans son livre « Al-Hawâtif », par une chaîne qu’il élève jusqu’à ‘Alî ibn Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agrée – que celui-ci rencontra al-Khiḍr, lequel lui enseigna cette invocation, en assurant qu’elle procure une immense récompense, le pardon et la miséricorde à quiconque la récite après chaque prière :
« Ô Toi dont une audition n’en détourne pas une autre, Ô Toi que la multitude des requêtes ne déconcerte pas, Ô Toi que n’ennuie pas l’insistance des importuns ! Fais-moi goûter la fraîcheur de Ton pardon et la douceur de Ta miséricorde. »
Le même auteur rapporte également de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée – le même propos concernant cette invocation, telle qu’il l’avait entendue d’al-Khiḍr. Il évoque en outre la rencontre d’Ilyâs avec le Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui. Or, si la permanence d’Ilyâs jusqu’à l’époque du Prophète ﷺ est admissible, celle d’al-Khiḍr l’est pareillement. Il est encore rapporté qu’ils se réunissent chaque année auprès de la Maison (la Ka‘ba),
et qu’au moment de se séparer ils prononcent :
« Ce qu’Allah veut ! Ce qu’Allah veut ! Nul ne repousse le mal si ce n’est Allah. Ce qu’Allah veut ! Ce qu’Allah veut ! Tout bienfait provient d’Allah. Ce qu’Allah veut ! Ce qu’Allah veut ! Je place ma confiance en Allah ; Allah nous suffit, et quel excellent Garant ! »
Quant au récit concernant Ilyâs, il viendra – si Allah le veut – dans l’exégèse de la sûrah « Aṣ-Ṣâffât ». Abû ‘Umar a également mentionné