Certes, Allah est Audient et Clairvoyant. (Coran, 22 : 75)
Et Il – exalté soit-Il – dit : « Allah sait mieux où placer Son Message ». (Coran, 6 : 124)
Il dit encore : « Les hommes formaient une seule communauté ; alors Allah envoya les prophètes comme annonciateurs et avertisseurs… » (Coran, 2 : 213) – et nombreux sont les versets allant dans ce sens.
En résumé, la science catégorique, la certitude évidente et l’unanimité des anciens et des postérieurs établissent qu’il n’existe aucune voie permettant de connaître les prescriptions d’Allah – lesquelles relèvent de Ses ordres et de Ses interdictions – si ce n’est par le biais de Ses messagers. Rien de tout cela ne peut être connu autrement que par eux. Ainsi, quiconque prétend qu’il existerait une autre voie, indépendante des messagers, grâce à laquelle on pourrait connaître Ses ordres et Ses interdictions et se passer des envoyés, est un mécréant qui doit être mis à mort sans qu’on lui accorde la possibilité de se repentir ; nul besoin, en ce cas, de question ni de réponse. Une telle affirmation revient, de plus, à consacrer l’existence de prophètes après notre Prophète – sur lui la prière et la paix –, alors qu’Allah a fait de lui le sceau de Ses prophètes et de Ses messagers : il n’est donc plus de prophète ni de messager après lui.
Voici l’explication : celui qui prétend recevoir directement de son cœur – et que ce qui y surgit constituerait le jugement d’Allah Très-Haut auquel il se conforme, sans plus avoir besoin ni du Livre ni de la Sunna – s’attribue en réalité la prérogative propre à la prophétie. C’est de l’ordre de ce qu’a dit le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – : « L’Esprit sanctifié a insufflé en mon for intérieur… » (hadith).
Quatrième point : la majorité des savants soutient qu’al-Khadr est mort – que la paix soit sur lui. Un groupe, toutefois, affirme qu’il est vivant parce qu’il aurait bu à la Source de la Vie, qu’il demeure sur terre et qu’il accomplit le pèlerinage à la Maison sacrée.
Ibn ʿAtiyya déclare : an-Naqqâsh s’est longuement étendu sur cette question et a rapporté dans son livre de nombreux récits attribués à ʿAlî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée – et à d’autres ; mais aucun n’est étayé. Si al-Khadr – sur lui la paix – était vivant et accomplissait le pèlerinage, il se serait manifesté au sein de la communauté de l’islam. Or Allah est le Très-Savant des détails des choses ; nul autre que Lui n’est Seigneur.
Parmi les éléments attestant aujourd’hui du décès d’al-Khadr – sur lui la paix – figure cette parole du Prophète – paix sur lui : « Voyez-vous cette nuit qui est la vôtre ? Il ne restera, d’ici cent ans, personne parmi ceux qui se trouvent aujourd’hui à la surface de la terre. »
J’ajoute : tel est l’avis adopté par al-Bukhârî et retenu par le qâdî Abû Bakr ibn al-ʿArabî. Toutefois, l’opinion la plus correcte est la seconde : al-Khadr est vivant, comme nous le détaillerons.
Ce hadith a été rapporté par Muslim dans son Ṣaḥîḥ d’après ʿAbdullâh ibn ʿUmar. Il dit : Le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – nous dirigea un soir la prière du ʿIshâʾ à la fin de sa vie. Lorsqu’il eut salué, il se leva et déclara : « Voyez-vous cette nuit qui est la vôtre ? Au terme de cent ans à compter d’aujourd’hui, il ne restera personne parmi ceux qui se trouvent… »