Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Allah – exalté soit-Il – a dit : « C’est entre Tes Mains que réside le bien » [Âl-‘Imrân, 26]. Il s’est contenté de mentionner le bien, sans attribuer le mal à Sa Personne, alors même que le bien comme le mal, le préjudice comme le profit, se trouvent entre Ses Mains, car Il est Toute-Puissance sur toute chose et parfaitement Informé de toute chose.

On ne peut opposer à cela le propos que le Prophète – paix sur lui – rapporte de son Seigneur, le Jour de la Résurrection : « Ô fils d’Adam, Je suis tombé malade et tu ne M’as pas visité ; Je t’ai demandé à manger et tu ne M’as pas nourri ; Je t’ai demandé à boire et tu ne M’as pas abreuvé. » Il ne s’agit là que d’une condescendance dans la façon de s’adresser aux hommes, d’une douceur dans le reproche, destinée à faire connaître la munificence du Maître de Majesté et l’immensité de la récompense attachée à ces œuvres. Cette idée a déjà été exposée, et Allah – Très-Haut – est plus Savant.

Il appartient à Allah seul de se qualifier Lui-même comme Il le veut ; quant à nous, nous ne Lui attribuons que les qualités sublimes et les actes nobles qu’Il nous a autorisés à énoncer. Il est trop élevé et trop sublime pour que soient rapportées à Sa Majesté des déficiences ou des infirmités.

À propos du garçon, al-Khadr dit : « Nous avons voulu… » Comme s’il s’attribuait l’acte de le tuer tandis qu’il rapportait à Allah – exalté soit-Il – le fait de lui substituer un autre enfant. Le terme « al-ashudd » désigne la perfection de la constitution physique et de la raison ; ce point a été traité dans la sourate « Al-An‘âm ». Louange à Allah.

Troisièmement, notre maître l’Imâm Abû al-‘Abbâs a dit : Un groupe de zindiqs parmi les bāṭinites a emprunté une voie dont la conséquence serait d’abolir ces prescriptions légales. Ils prétendent : « Ces lois générales de la Sharî‘a ne concernent que les Prophètes et le commun des fidèles ; quant aux saints et aux gens d’élite, ils n’ont nul besoin des textes ; ce qui prévaut pour eux, c’est ce qui se déverse dans leurs cœurs, et l’on statue sur leur cas d’après leurs inspirations dominantes. »

Ils ajoutent : « La raison en est la pureté de leurs cœurs, exempts de troubles et d’attaches étrangères ; dès lors se dévoilent à eux les sciences divines et les réalités seigneuriales ; ils ont accès aux secrets des créatures et connaissent le jugement des détails particuliers ; ils peuvent donc se passer des règles générales de la révélation, tout comme al-Khadr qui se dispensa, grâce aux connaissances qui lui furent manifestées, des compréhensions détenues par Mûsâ. » Ils invoquent encore la parole rapportée : « Consulte ton cœur, même si les muftis t’ont donné une fatwa. »

Notre maître – qu’Allah l’agrée – a déclaré : « Cette parole est une hérésie et une mécréance ; celui qui la profère doit être mis à mort sans qu’on accepte son repentir, car elle constitue un déni de ce qui est connu nécessairement des prescriptions religieuses. Allah – Très-Haut – a établi Sa coutume et fait prévaloir Sa sagesse : Ses jugements ne sont connus que par l’intermédiaire de Ses messagers, ambassadeurs entre Lui et Ses créatures, transmetteurs de Sa révélation et de Sa parole, explicateurs de Ses lois et de Ses sentences ; Il les a choisis à cette fin et les a distingués par ce privilège, comme Il a dit : « Allah choisit des messagers parmi les anges et parmi les hommes. »

قال «١» تعالى: " بِيَدِكَ الْخَيْرُ" «٢» [آل عمران: ٢٦] وَاقْتَصَرَ عَلَيْهِ فَلَمْ يُنْسَبِ الشَّرُّ إِلَيْهِ، وَإِنْ كَانَ بِيَدِهِ الْخَيْرُ وَالشَّرُّ وَالضُّرُّ وَالنَّفْعُ، إِذْ هو على كل شي قدير، وهو بكل شي خَبِيرٌ. وَلَا اعْتِرَاضَ بِمَا حَكَاهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ عَنْ رَبِّهِ عَزَّ وَجَلَّ أَنَّهُ يَقُولُ يَوْمَ الْقِيَامَةِ: (يَا ابْنَ آدَمَ مَرِضْتُ فَلَمْ تَعُدْنِي واستطعمك فَلَمْ تُطْعِمْنِي وَاسْتَسْقَيْتُكَ فَلَمْ تَسْقِنِي) فَإِنَّ ذَلِكَ تَنَزُّلٌ فِي الْخِطَابِ وَتَلَطُّفٌ فِي الْعِتَابِ مُقْتَضَاهُ التَّعْرِيفُ بِفَضْلِ ذِي الْجَلَالِ وَبِمَقَادِيرِ ثَوَابِ هَذِهِ الْأَعْمَالِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا الْمَعْنَى. وَاللَّهُ تَعَالَى أَعْلَمُ. وَلِلَّهِ تَعَالَى أَنْ يُطْلِقَ عَلَى نَفْسِهِ مَا يَشَاءُ، وَلَا نُطْلِقُ نَحْنُ إِلَّا مَا أَذِنَ لَنَا فِيهِ مِنَ الْأَوْصَافِ الْجَمِيلَةِ وَالْأَفْعَالِ الشَّرِيفَةِ. جَلَّ وَتَعَالَى عَنِ النَّقَائِصِ وَالْآفَاتِ عُلُوًّا كَبِيرًا. وَقَالَ فِي الْغُلَامِ: " فَأَرَدْنا" فَكَأَنَّهُ أَضَافَ الْقَتْلَ إِلَى نَفْسِهِ، وَالتَّبْدِيلَ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى. وَالْأَشُدُّ كَمَالُ الْخَلْقِ وَالْعَقْلِ. وَقَدْ مَضَى الْكَلَامُ فِيهِ فِي " الْأَنْعَامِ" «٣» وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. الثَّالِثَةُ- قَالَ شَيْخُنَا الْإِمَامُ أَبُو الْعَبَّاسِ: ذَهَبَ قَوْمٌ مِنْ زَنَادِقَةِ الْبَاطِنِيَّةِ إِلَى سُلُوكِ طَرِيقٍ تَلْزَمُ مِنْهُ هَذِهِ الْأَحْكَامُ الشَّرْعِيَّةُ، فَقَالُوا: هَذِهِ الْأَحْكَامُ الشَّرْعِيَّةُ الْعَامَّةُ إِنَّمَا يُحْكَمُ بِهَا عَلَى الْأَنْبِيَاءِ «٤» وَالْعَامَّةِ، وَأَمَّا الْأَوْلِيَاءُ وَأَهْلُ الْخُصُوصِ فَلَا يَحْتَاجُونَ إِلَى تلك النصوص، بل إنما يزاد مِنْهُمْ مَا يَقَعُ فِي قُلُوبِهِمْ، وَيُحْكَمُ عَلَيْهِمْ بِمَا يَغْلِبُ عَلَيْهِمْ مِنْ خَوَاطِرِهِمْ. وَقَالُوا: وَذَلِكَ لصفاء قلوبهم عن الاكدار، وخلوها عن الْأَغْيَارِ، فَتَتَجَلَّى لَهُمُ الْعُلُومُ الْإِلَهِيَّةُ، وَالْحَقَائِقُ الرَّبَّانِيَّةُ، فَيَقِفُونَ عَلَى أَسْرَارِ الْكَائِنَاتِ، وَيَعْلَمُونَ أَحْكَامَ الْجُزْئِيَّاتِ، فَيَسْتَغْنُونَ بِهَا عَنْ أَحْكَامِ الشَّرَائِعِ الْكُلِّيَّاتِ، كَمَا اتَّفَقَ لِلْخَضِرِ، فَإِنَّهُ اسْتَغْنَى بِمَا تَجَلَّى لَهُ مِنَ الْعُلُومِ، عَمَّا كَانَ عِنْدَ مُوسَى مِنْ تِلْكَ الْفُهُومِ. وَقَدْ جَاءَ فِيمَا يَنْقُلُونَ: اسْتَفْتِ قَلْبَكَ وَإِنْ أَفْتَاكَ الْمُفْتُونَ. قَالَ شَيْخُنَا رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: وَهَذَا الْقَوْلُ زَنْدَقَةٌ وَكُفْرٌ يُقْتَلُ قَائِلُهُ وَلَا يُسْتَتَابُ، لِأَنَّهُ إِنْكَارُ مَا عُلِمَ مِنَ الشَّرَائِعِ، فَإِنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَدْ أَجْرَى سُنَّتَهُ، وَأَنْفَذَ حِكْمَتَهُ، بِأَنَّ أَحْكَامَهُ لَا تُعْلَمُ إِلَّا بِوَاسِطَةِ رُسُلِهِ السُّفَرَاءِ بَيْنَهُ وَبَيْنَ خَلْقِهِ، وَهُمُ الْمُبَلِّغُونَ عَنْهُ رِسَالَتَهُ «٥» وَكَلَامَهُ الْمُبَيِّنُونَ شَرَائِعَهُ وَأَحْكَامَهُ، اخْتَارَهُمْ لِذَلِكَ، وَخَصَّهُمْ بِمَا هُنَالِكَ، كَمَا قَالَ تَعَالَى: " اللَّهُ يَصْطَفِي مِنَ الْمَلائِكَةِ رُسُلًا وَمِنَ النَّاسِ
(١). في ج وك وى: قاله. (٢). راجع ج ٤ ص ٥٥. (٣). راجع ج ٧ ص ١٣٤ فما بعد. (٤). كذا في الأصول وهو واضح. (٥). في ج وك وى: رسالاته. [ ..... ]

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