Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Allah préserve l’homme vertueux, dans sa propre personne comme dans sa descendance, même lorsque ceux-ci sont éloignés de lui. Il est rapporté que le Très-Haut protège le pieux jusque dans sept générations issues de sa progéniture. C’est ce qu’atteste la parole du Très-Haut : « Mon Protecteur est Allah, Celui qui a fait descendre le Livre ; c’est Lui qui prend en charge les vertueux » (al-Aʿrâf, 196).

La parole divine : « Je ne l’ai pas fait de mon propre chef » implique qu’al-Khidr est Prophète, comme on l’a déjà discuté. « Voilà l’interprétation » signifie l’explication, « de ce que tu n’as pu supporter ». Un groupe a récité : « tastatîʿ », tandis que la majorité a récité : « tasṭiʿ ». Abû Ḥâtim a dit : « C’est ainsi que nous récitons, conformément à l’orthographe du muṣḥaf. »

Il y a ici cinq questions :

Première question. – Si l’on avance que le page (fatâ) de Moïse n’est mentionné ni au début ni à la fin du passage, on répond qu’il existe une divergence à ce sujet. ʿIkrima dit à Ibn ʿAbbâs : « On n’entend nulle mention du page de Moïse, alors qu’il l’accompagnait. » Ibn ʿAbbâs répondit : « Le page a bu de cette eau et devint immortel ; l’Homme de science (al-Khidr) l’enferma dans une barque, la referma sur lui puis la lança à la mer, laquelle le ballotte jusqu’au Jour de la Résurrection, parce qu’il n’avait pas le droit d’en boire et qu’il en a bu. »

Al-Qushayrî dit : « Si ce récit est avéré, le page n’est donc pas Yûshaʿ ibn Nûn, car Yûshaʿ vécut longtemps après Moïse et devint son successeur. Il est plus vraisemblable que Moïse renvoya son page dès qu’il rencontra al-Khidr. »

Notre shaykh, l’imâm Abû al-ʿAbbâs, dit : « Il se peut que la mention du suiveur ait été omise, celle du maître ayant suffi – Allah sait mieux. »

Deuxième question. – Si l’on demande pourquoi al-Khidr attribue l’extraction du trésor des deux orphelins à Allah, alors qu’il dit au sujet de la brèche pratiquée dans le navire : « J’ai voulu la rendre défectueuse », s’imputant ainsi le blâme, on répond : il a rapporté la volonté concernant le mur à Allah Très-Haut parce qu’il s’agissait d’une affaire future, relevant d’un temps lointain et d’une réalité de l’invisible ; il convenait donc, dans ce contexte, de mentionner exclusivement Allah – quand bien même al-Khidr l’eût voulue, c’est qu’Allah lui avait inspiré de la vouloir.

D’aucuns ont dit : parce que cette action était un bien pur, il l’a attribuée à Allah ; quant à la dégradation du navire, il se l’est attribuée à lui-même par égard pour la bienséance, le terme « défaut » contenant une connotation de blâme. Il s’est donc comporté avec politesse en n’imputant la volonté de cette action qu’à sa personne. Abraham – sur lui la paix – observa la même courtoisie lorsqu’il dit : « Et lorsque je suis malade, c’est Lui qui me guérit » (Coran 26 : 80) : il attribua les actes avant et après à Allah Très-Haut, mais s’imputa la maladie, puisque celle-ci signifie manque et épreuve. Il ne sied d’attribuer au Très-Haut, – glorifié soit-Il – que ce qui est louable, à l’exclusion de ce que l’on réprouve. Il en va ainsi que

يَحْفَظُ الصَّالِحَ فِي نَفْسِهِ وَفِي وَلَدِهِ وَإِنْ بَعُدُوا عَنْهُ. وَقَدْ رُوِيَ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَحْفَظُ الصَّالِحَ فِي سَبْعَةٍ مِنْ ذُرِّيَّتِهِ «١» ، وَعَلَى هَذَا يَدُلُّ قَوْلُهُ تَعَالَى: " إِنَّ وَلِيِّيَ اللَّهُ الَّذِي نَزَّلَ الْكِتابَ وَهُوَ يَتَوَلَّى الصَّالِحِينَ" «٢» [الأعراف: ١٩٦] . قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَما فَعَلْتُهُ عَنْ أَمْرِي) يَقْتَضِي أَنَّ الْخَضِرَ نَبِيٌّ، وَقَدْ تَقَدَّمَ الْخِلَافُ فِي ذَلِكَ. (ذلِكَ تَأْوِيلُ) أَيْ تَفْسِيرُ. (مَا لَمْ تَسْطِعْ عَلَيْهِ صَبْراً) قرأت فرقة: " تستطيع" . وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ: " تَسْطِعْ" قَالَ أَبُو حَاتِمٍ: كَذَا نَقْرَأُ كَمَا فِي خَطِّ الْمُصْحَفِ. وَهُنَا خَمْسُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- إِنْ قَالَ قَائِلٌ: لَمْ يُسْمَعْ لِفَتَى مُوسَى ذِكْرٌ فِي أَوَّلِ الْآيَةِ وَلَا فِي آخِرِهَا، قِيلَ لَهُ: اخْتُلِفَ فِي ذَلِكَ، فَقَالَ عِكْرِمَةُ لِابْنِ عَبَّاسٍ: لَمْ يُسْمَعْ لِفَتَى مُوسَى بِذِكْرٍ وَقَدْ كَانَ مَعَهُ؟ فَقَالَ: شَرِبَ الْفَتَى مِنَ الْمَاءِ فَخَلَدَ، وَأَخَذَهُ الْعَالِمُ فَطَبَّقَ عَلَيْهِ سَفِينَةً «٣» ثُمَّ أَرْسَلَهُ فِي الْبَحْرِ، وَإِنَّهَا لَتَمُوجُ بِهِ فِيهِ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ وَذَلِكَ أَنَّهُ لَمْ يَكُنْ لَهُ أَنْ يَشْرَبَ مِنْهُ فَشَرِبَ مِنْهُ. قَالَ الْقُشَيْرِيُّ: وَهَذَا إِنْ ثَبَتَ فَلَيْسَ الْفَتَى يُوشَعُ بْنُ نُونٍ، فَإِنَّ يُوشَعَ بْنَ نُونٍ قَدْ عُمِّرَ بَعْدَ مُوسَى وَكَانَ خَلِيفَتُهُ، وَالْأَظْهَرُ أَنَّ مُوسَى صَرَفَ فَتَاهُ لَمَّا لَقِيَ الْخَضِرَ. وَقَالَ شَيْخُنَا الْإِمَامُ أَبُو الْعَبَّاسِ: يَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ اكْتُفِيَ بِذِكْرِ الْمَتْبُوعِ عَنِ التَّابِعِ وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الثَّانِيَةُ- إِنْ قَالَ قَائِلٌ: كَيْفَ أَضَافَ الْخَضِرُ قِصَّةَ اسْتِخْرَاجِ كَنْزِ الْغُلَامَيْنِ لله تعالى، وقال في خرق السفينة: " فأرادت أَنْ أَعِيبَهَا" فَأَضَافَ الْعَيْبَ إِلَى نَفْسِهِ؟ قِيلَ لَهُ: إِنَّمَا أَسْنَدَ الْإِرَادَةَ فِي الْجِدَارِ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى لِأَنَّهَا فِي أَمْرٍ مُسْتَأْنَفٍ فِي زَمَنٍ طَوِيلٍ غَيْبٍ مِنَ الْغُيُوبِ، فَحَسُنَ إِفْرَادُ هَذَا الْمَوْضِعِ بِذِكْرِ اللَّهِ تَعَالَى، وَإِنْ كَانَ الْخَضِرُ قَدْ أَرَادَ ذَلِكَ فَالَّذِي أَعْلَمَهُ اللَّهُ تَعَالَى أَنْ يُرِيدَهُ. وَقِيلَ: لَمَّا كَانَ ذَلِكَ خَيْرًا كُلَّهُ أَضَافَهُ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى وَأَضَافَ عَيْبَ السَّفِينَةِ إِلَى نَفْسِهِ رِعَايَةً لِلْأَدَبِ لِأَنَّهَا لَفْظَةُ عَيْبٍ فَتَأَدَّبَ بِأَنْ لَمْ يُسْنِدِ الْإِرَادَةَ فِيهَا إِلَّا إِلَى نَفْسِهِ، كَمَا تَأَدَّبَ إِبْرَاهِيمُ عَلَيْهِ السَّلَامُ فِي قَوْلِهِ: " وَإِذا مَرِضْتُ فَهُوَ يَشْفِينِ ٨٠" «٤» فَأَسْنَدَ الْفِعْلَ قَبْلُ وَبَعْدُ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى، وَأَسْنَدَ إِلَى نَفْسِهِ الْمَرَضَ، إِذْ هُوَ مَعْنَى نَقْصٍ وَمُصِيبَةٍ، فَلَا يُضَافُ إِلَيْهِ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى مِنَ الْأَلْفَاظِ إِلَّا مَا يُسْتَحْسَنُ مِنْهَا دون ما يستقبح، وهذا كما
(١). في هامش ج: ذويه. (٢). راجع ج ٧ ص ٣٤٢. (٣). في ج وك: سفينته. (٤). راجع ج ١٣ ص ١١٠.

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