qu’ils en viennent à se battre – c’est-à-dire par répulsion pour cela.
Ibn ʿAṭiyya dit : Ce qui me paraît le plus manifeste pour étayer cette interprétation – bien que l’expression l’écarte – est qu’il s’agit d’une métaphore ; autrement dit, selon l’idée que s’en feraient les créatures, les destinataires du discours : s’ils avaient connu la réalité de l’affaire, ils auraient éprouvé la crainte que les parents ne soient accablés. Ibn Masʿūd a lu : « Alors Ton Seigneur a redouté… ». Cela montre clairement la valeur métaphorique. Il en est de même, dans le Coran, des expressions « laʿalla » et « ʿasā » employées au sujet d’Allah – Exalté soit-Il ; tout ce qui, dans ces tournures, exprime attente, espoir, frayeur ou crainte ne s’entend qu’en fonction de vous, ô destinataires.
« … qu’il les accable » (v. 80) : c’est-à-dire qu’il leur impose une charge, les astreigne. Le sens est que l’amour qu’ils lui porteraient les jetterait dans sa suite ; ils s’égareraient alors et adopteraient sa religion.
Puis Sa parole – Très-Haut – : « Nous voulûmes que leur Seigneur leur substituât… ».
La majorité des lecteurs récitent avec ouverture du bāʼ et redoublement du dāl (yubaddilahumā), tandis qu’ʿĀṣim lit avec bāʼ muette et dāl allégée (yubdilahumā) ; c’est-à-dire : qu’Allah leur accorde un autre enfant.
« … meilleur que lui, plus pur » : c’est-à-dire plus vertueux dans la foi et dans la droiture.
On dit baddala et abdala, comme mahhala et amhala, nazzala et anzala.
« … et plus proche en affection (ruḥman) ». Ibn ʿAbbās l’a récité « ruḥuman » avec ḍamma, selon le vers :
« Et qu’en est-il de l’injustice envers une servante…
dont la douceur et la compassion procèdent ? »
Les autres lecteurs maintiennent la seconde consonne muette ; tel encore le vers de Ruʾba b. al-ʿAjjāj :
« Ô Toi qui fis descendre la miséricorde sur Idrīs
et la malédiction sur Iblīs… »
On rapporte deux lectures d’Abū ʿAmr.
« ruḥman » est coordonné à « zakātan » : entendez « en miséricorde ». On dit : raḥimahu raḥmatan, raḥman ; le alif marque le féminin, le masculin étant ruḥm. Certains ont dit que ruḥm, ici, signifie « lien de parenté » ; telle est aussi la lecture d’Ibn ʿAbbās : « wa-awṣala ruḥman », c’est-à-dire « un lien de parenté ». Il a également lu : « … plus pur que lui ».
Ibn Jubayr et Ibn Jurayj rapportent qu’Allah leur substitua une fille. Al-Kalbī ajoute qu’un Prophète l’épousa ; elle mit au monde un autre Prophète par lequel Allah guida une communauté. Qatāda dit : elle enfanta douze Prophètes. Ibn Jurayj rapporte encore que, le jour où le garçon fut tué, sa mère était enceinte d’un autre fils – musulman – alors que l’enfant tué était mécréant.
D’après Ibn ʿAbbās, elle donna naissance à une fille qui, à son tour, mit au monde un Prophète. Dans une autre version : Allah leur donna en échange une fille qui engendra soixante-dix Prophètes ; c’est aussi ce qu’a rapporté Jaʿfar b. Muḥammad de son père.
Nos savants disent : Ceci est invraisemblable ; on ne connaît une telle profusion de Prophètes que chez les Fils d’Israël, or cette femme n’était pas des leurs. De ce verset, on tire la leçon qu’il faut relativiser les épreuves que constitue la perte des enfants – fussent-ils des morceaux de nos entrailles – et que celui qui se soumet