Ce sont deux formes linguistiques exprimant la même idée de « prise », à l’instar des couples « تَبِعَ / اتَّبَعَ » et « تَقَى / اتَّقَى ». Certains récitants ont assimilé la lettre ذ à ت, tandis que d’autres ne l’ont pas fait.
Dans le ḥadith rapporté par Ubayy b. Kaʿb on lit : « Si tu l’avais voulu, tu aurais pu recevoir un salaire. » Cette parole est sortie de la bouche de Mûsâ – sur lui la paix – sous forme de proposition et non d’objection. À ce moment-là, al-Khiḍr lui dit : « Ceci est la séparation entre moi et toi, » conformément à la condition que tu t’étais imposée. Le fait de répéter « entre moi et toi » au lieu de dire « entre nous » vise à renforcer l’insistance.
Sibawayh explique : c’est comme lorsque l’on dit : « Qu’Allâh couvre de honte le menteur d’entre moi et toi, c’est-à-dire d’entre nous. »
Ibn ʿAbbâs dit : la remarque de Mûsâ au sujet du navire et du garçon fut pour Allâh, tandis que sa parole à propos du mur était pour lui-même, recherchant quelque avantage de ce bas-monde ; voilà la cause de la séparation. Wahb b. Munabbih rapporte : ce mur s’élevait à cent coudées de haut.
Treizième point – Parole du Très-Haut : « Je vais t’exposer l’interprétation de ce que tu n’as pu supporter avec patience. » (18 : 78) Le terme taʾwîl désigne l’issue d’une chose ; autrement dit, Il lui dit : « Je vais t’informer des raisons de mes actes. »
Il fut dit, à propos des versets relatant ces événements entre Mûsâ et al-Khiḍr, qu’ils constituent un argument adressé à Mûsâ, non une simple merveille à son intention. Quand il s’opposa à l’endommagement du navire, on l’interpella : « Ô Mûsâ, où était donc ta sagesse lorsque tu étais dans le coffret, jeté sur le fleuve ? » Lorsqu’il blâma la mise à mort du garçon, on lui dit : « Qu’en est-il de ce coup que tu portas à l’Égyptien et du jugement que tu prononças contre lui ? » Et quand il désapprouva la reconstruction du mur, on l’interpella : « Comment compares-tu cela à la pierre du puits que tu soulevas pour les filles de Chuʿayb sans rétribution ? »
[Coran, S. Al-Kahf (18), v. 79-82]
79. « Quant au navire, il appartenait à des nécessiteux qui travaillaient en mer ; j’ai voulu le rendre défectueux, car, derrière eux, se trouvait un roi qui s’emparait de tout navire, de force. »
80. « Quant au garçon, ses père et mère étaient croyants ; nous avons craint qu’il ne les accablât de tyrannie et de mécréance. »
81. « Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur substitue un enfant meilleur que lui, plus pur et plus proche en piété filiale. »
82. « Quant au mur, il appartenait à deux orphelins de la cité ; un trésor leur était enfoui dessous. Leur père était un homme vertueux, et ton Seigneur voulut qu’ils atteignent leur maturité et qu’ils extraient eux-mêmes leur trésor – par miséricorde de ton Seigneur. Je ne l’ai pas fait de mon propre chef : telle est l’explication de ce que tu n’as pu supporter avec patience. »