Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Les récits isolés – et a fortiori lorsque le texte est transmis par voie de tawâtur, sans laisser place à une interprétation – établissent, avec l’accord unanime de la communauté, la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui : « Il n’y aura plus de prophète après moi. »

De même, le Très-Haut a dit : « … et Sceau des prophètes. » (Al-Ahzâb, 40)

Or al-Khiḍr et (le prophète) Ilyâs sont tous deux encore vivants tout en jouissant de cette karâma ; il en découle qu’ils ne peuvent être prophètes. Car, s’ils l’étaient, il y aurait nécessairement un prophète après notre Prophète – paix et bénédictions sur lui –, exception faite de ce qu’atteste le hadith relatif à ‘Îsâ, à savoir qu’il descendra après lui.

Je dis : la majorité des savants estiment qu’al-Khiḍr était prophète – comme il a été mentionné précédemment – et qu’il n’existe aucun prophète après notre Prophète, paix et bénédictions sur lui, c’est-à-dire qu’aucun ne revendique la prophétie après lui de façon originelle. Allah est plus savant.

Dixième point – Les savants ont divergé pour savoir s’il est permis qu’un walî sache qu’il est walî ou non. Deux avis sont rapportés.

Premier avis : cela n’est pas permis. Ce qui apparaît par son intermédiaire doit être scruté avec la crainte d’un stratagème (divin), car il n’est pas à l’abri qu’il s’agisse d’un piège ou d’un istidrâj. On rapporte de l’ascète Sarrî qu’il disait : « Si un homme entrait dans un verger et qu’un oiseau, du sommet de chaque arbre, lui parlait en une langue éloquente : “Paix sur toi, ô ami de Dieu !”, puis s’il ne craignait pas qu’il s’agisse d’un stratagème, il serait alors bel et bien victime de ce stratagème. » Car, s’il savait qu’il est walî, la crainte disparaîtrait de lui et il goûterait à la sécurité. Or il fait partie des conditions du walî de persévérer dans la crainte jusqu’à ce que les anges descendent sur lui, comme l’a dit le Très-Haut : « … sur lesquels descendent les anges (en disant) : “Ne craignez pas et ne soyez pas attristés…” » (Fussilat, 30). Le walî est en effet celui dont la fin est scellée par le bonheur ; toutefois, les fins restent voilées et nul ne sait sur quoi il sera scellé. C’est pourquoi le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Les actes ne valent que par leur conclusion. »

Deuxième avis : il est permis au walî de savoir qu’il l’est. N’observes-tu pas qu’il est permis au Prophète – paix et bénédictions sur lui – de savoir qu’il est walî ? Et il n’y a aucun désaccord pour admettre qu’il est permis à d’autres que lui de savoir qu’ils sont les élus (awliyâ’) d’Allah, exalté soit-Il ; il leur est donc licite d’en avoir connaissance. Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a en outre informé dix de ses Compagnons qu’ils comptent parmi les gens du Paradis, sans que cela n’ôte leur crainte ; bien au contraire, ils étaient plus révérencieux envers Allah, exalté soit-Il, et plus empreints de crainte et de vénération. Si cela leur a été permis sans les libérer de la crainte, il en est de même pour les autres.

Al-Shiblî disait : « Je suis la garantie de ce côté-ci. » Mais, lorsqu’il mourut et fut enterré, les Daylamites traversèrent le Tigre ce même jour et s’emparèrent de Bagdad. Les gens disaient alors : « Deux calamités : la mort d’al-Shiblî et la traversée des Daylamites. »

Et l’on ne saurait dire : « Il se peut que cela ait été un stratagème (istidrâj)… »

الْآحَادِ، لَا سِيَّمَا وَقَدْ رُوِيَ مِنْ طَرِيقِ التَّوَاتُرِ- مِنْ غَيْرِ أَنْ يَحْتَمِلَ تَأْوِيلًا- بِإِجْمَاعِ الْأُمَّةِ قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ: (لَا نَبِيَّ بعدي) وقال تعالى: " وَخاتَمَ النَّبِيِّينَ ٤٠" «١» [الأحزاب: ٤٠] والخضر و [إلياس «٢» ] جَمِيعًا بَاقِيَانِ مَعَ هَذِهِ الْكَرَامَةِ، فَوَجَبَ أَنْ يَكُونَا غَيْرَ نَبِيَّيْنِ، لِأَنَّهُمَا لَوْ كَانَا نَبِيَّيْنِ لَوَجَبَ أَنْ يَكُونَ بَعْدَ نَبِيِّنَا عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ نَبِيٌّ، إِلَّا مَا قَامَتِ الدَّلَالَةُ فِي حديث عيسى أنه ينزل بعده. قلت: [الجمهور أن [ «٣» الحضر كَانَ نَبِيًّا- عَلَى مَا تَقَدَّمَ- وَلَيْسَ بَعْدَ نَبِيِّنَا عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ نَبِيٌّ، أَيْ يَدَّعِي النبوة بعده ابتداء الله أَعْلَمُ. الْعَاشِرَةُ- اخْتَلَفَ النَّاسُ هَلْ يَجُوزُ أَنْ يَعْلَمَ الْوَلِيُّ أَنَّهُ وَلِيٌّ أَمْ لَا؟ عَلَى قَوْلَيْنِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهُ لَا يَجُوزُ، وَأَنَّ مَا يَظْهَرُ عَلَى يَدَيْهِ يَجِبُ أَنْ يُلَاحِظَهُ بِعَيْنِ خَوْفِ الْمَكْرِ، لِأَنَّهُ لَا يَأْمَنُ أَنْ يَكُونَ مَكْرًا وَاسْتِدْرَاجًا لَهُ، وَقَدْ حُكِيَ عَنِ السَّرِيِّ أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ: لَوْ أَنَّ رَجُلًا دَخَلَ بُسْتَانًا فَكَلَّمَهُ مِنْ رَأْسِ كُلِّ شَجَرَةٍ طَيْرٌ بِلِسَانٍ فَصِيحٍ: السَّلَامُ عَلَيْكَ يَا وَلِيَّ اللَّهِ فَلَوْ لَمْ يَخَفْ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ مَكْرًا لَكَانَ مَمْكُورًا بِهِ، وَلِأَنَّهُ لَوْ عَلِمَ أَنَّهُ وَلِيٌّ لَزَالَ عَنْهُ الْخَوْفُ، وَحَصَلَ لَهُ الْأَمْنُ. وَمِنْ شَرْطِ الْوَلِيِّ أَنْ يَسْتَدِيمَ الْخَوْفُ إِلَى أَنْ تَتَنَزَّلَ عَلَيْهِ الْمَلَائِكَةُ، كَمَا قَالَ عَزَّ وَجَلَّ: " تَتَنَزَّلُ عَلَيْهِمُ الْمَلائِكَةُ أَلَّا تَخافُوا وَلا تَحْزَنُوا ٣٠" «٤» [فصلت: ٣٠] وَلِأَنَّ الْوَلِيَّ مَنْ كَانَ مَخْتُومًا لَهُ بِالسَّعَادَةِ، وَالْعَوَاقِبُ مَسْتُورَةٌ وَلَا يَدْرِي أَحَدٌ مَا يُخْتَمُ لَهُ بِهِ، وَلِهَذَا قَالَ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ (إِنَّمَا الْأَعْمَالُ بِالْخَوَاتِيمِ) . الْقَوْلُ الثَّانِي- أَنَّهُ يَجُوزُ لِلْوَلِيِّ أَنْ يَعْلَمَ أَنَّهُ وَلِيٌّ، أَلَا تَرَى أَنَّ النَّبِيَّ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ يَجُوزُ أَنْ يَعْلَمَ أَنَّهُ وَلِيٌّ، وَلَا خِلَافَ أَنَّهُ يَجُوزُ لِغَيْرِهِ أَنْ يَعْلَمَ «٥» أَنَّهُ وَلِيُّ اللَّهِ تَعَالَى، فجاز له أَنْ يَعْلَمَ ذَلِكَ. وَقَدْ أَخْبَرَ النَّبِيُّ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ مِنْ حَالِ الْعَشَرَةِ مِنْ أَصْحَابِهِ أَنَّهُمْ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ، ثُمَّ لَمْ يَكُنْ فِي ذَلِكَ زَوَالُ خَوْفِهِمْ، بَلْ كَانُوا أَكْثَرَ تعظيما لله انه سبح وَتَعَالَى، وَأَشَدَّ خَوْفًا وَهَيْبَةً، فَإِذَا جَازَ لِلْعَشَرَةِ ذَلِكَ وَلَمْ يُخْرِجْهُمْ عَنِ الْخَوْفِ فَكَذَلِكَ غَيْرُهُمْ. وَكَانَ الشِّبْلِيُّ يَقُولُ: أَنَا أَمَانُ هَذَا الْجَانِبِ، فَلَمَّا مَاتَ وَدُفِنَ عَبَرَ الدَّيْلَمُ دِجْلَةَ ذَلِكَ الْيَوْمَ، وَاسْتَوْلَوْا عَلَى بَغْدَادَ، وَيَقُولُ النَّاسُ: مُصِيبَتَانِ مَوْتُ الشِّبْلِيِّ وَعُبُورُ الدَّيْلَمِ. وَلَا يُقَالُ: إِنَّهُ يحتمل أن يكون ذلك استدراجا لأنه
(١). راجع ج ١٤ ص ١٩٦. (٢). في الأصول: (دانيال) وهو تحريف. (٣). من ج وك وى. (٤). راجع ج ١٥ ص ٣٥٧. (٥). في ك وى: أن يعرفه. [ ..... ]

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