Aussi, délaisser le sens propre pour recourir au sens figuré impliquerait une incapacité à exprimer la réalité telle quelle ; or il est impossible qu’Allah – Très-Haut soit-Il – soit ainsi qualifié.
Allah – exalté soit-Il – a dit : « Le jour où leurs langues, leurs mains et leurs pieds témoigneront contre eux de ce qu’ils œuvraient » (An-Nûr, 24).
Il a également dit : « Elle dira : “N’y a-t-il pas encore davantage ?” » (Qâf, 30).
Et Il a dit : « Lorsque [la Géhenne] les verra de loin, ils entendront son bouillonnement furieux et ses rugissements » (Al-Furqân, 12).
Il a encore dit : « Elle appellera celui qui tourne le dos et s’éloigne » (Al-Maʿârij, 17).
Le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – a rapporté : « Le Feu se plaignit à son Seigneur » et : « Le Feu et le Paradis plaidèrent ». Tout cela doit être compris littéralement, car le Créateur qui a fait parler toute chose leur a donné, à elles aussi, la parole.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Anas, le Prophète – paix et salut sur lui – a dit : « On scellera alors sa bouche, puis on dira à sa cuisse : “Parle !” ; et sa cuisse, sa chair et ses os témoigneront de ses œuvres, afin qu’il ne puisse plus invoquer d’excuse en sa faveur ; tel sera l’hypocrite, celui contre qui Allah S’irrite. » – Ceci concerne l’au-delà.
Quant à ce qui se produira en ce bas monde, l’imam at-Tirmidhî rapporte d’après Abû Saʿîd al-Khudrî que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a dit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, l’Heure n’adviendra pas avant que les bêtes sauvages ne s’adressent aux hommes, qu’au point que le pommeau du fouet d’un homme et la lanière de sa sandale ne lui parlent, et que sa propre cuisse ne l’informe de ce que sa famille a commis après lui. » Abû ʿÎsâ (at-Tirmidhî) ajouta : « Il existe un autre hadith sur ce sujet par Abû Hurayrah ; c’est un hadith ḥasan gharîb. »
Septièmement, au sujet de Sa parole : « puis il le redressa » ; certains ont dit : « Il le démolit d’abord, puis s’assit pour le rebâtir. » Moûsâ dit alors à al-Khidr : « Si tu l’avais voulu, tu aurais pu exiger un salaire pour cela », car il s’agit d’une œuvre qui mérite rétribution.
Abû Bakr al-Anbârî rapporte d’après Ibn ʿAbbâs, d’après Abû Bakr, d’après le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – qu’il a récité : « Ils y trouvèrent un mur qui voulait s’écrouler ; il le démolit alors puis s’assit pour le rebâtir. » Abû Bakr dit : « Si la chaîne de transmission de ce hadith est authentique, il s’agit d’une explication prophétique du Coran ; seulement, certains transmetteurs ont introduit un commentaire coranique à un endroit, et l’on a fini par croire qu’il s’agissait d’un verset retranché du muṣḥaf de ʿUthmân, comme l’ont prétendu certains contestataires. »
Saʿîd ibn Jubayr a dit : « [Al-Khidr] le toucha de sa main, le redressa et il tint debout. » Cet avis est le plus correct ; il est plus conforme aux actes des prophètes – que les bénédictions et la paix soient sur eux – et même à ceux des saints.
Dans certains récits, on rapporte que l’épaisseur de ce mur était de trente coudées, selon la coudée de cette époque ; sa longueur au sol atteignait cinq cents coudées et sa largeur cinquante coudées. C’est al-Khidr qui le redressa.