«Vous voulez donc renoncer, alors que nul ne réfrène les gens d’excès¹… tel un coup de lance où disparaissent l’huile et la mèche.»
Ainsi l’auteur a rattaché l’action d’interdire au «coup de lance» lui-même.
De même, on lit chez un autre poète :
«La lance ne convoite-t-elle pas la poitrine d’Abî Barâ’,
et se détourne-t-elle du sang des Banû ‘Aqîl ?»
Un troisième a dit :
«Qu’un temps vienne resserrer tous mes liens en un seul faisceau ;
voici un temps qui s’apprête à la bienfaisance.»
Un autre encore a chanté :
«Dans un désert sans limites, j’ai fendu leurs crânes ;
comme la hache fend la terre lorsqu’elle veut y demeurer solidement.»
Explication : «demeurer» signifie «se fixer dans le sol», d’après leur expression : «le glaive ‘naṣala’ lorsqu’il reste fiché dans la cible». Le poète a donc comparé l’impact des sabres sur leurs têtes à celui des haches pénétrant la terre ; la hache y entre, s’y plante et n’en ressort pour ainsi dire pas.
Hassân b. Thâbit a dit :
«Si la bassesse devait être rattachée à une lignée,
ce serait à un esclave, au visage hideux, borgne, issu de Thaqîf.»
Et ‘Antara déclara :
«Il se détourna, sous les coups des lances, en montrant ses flancs,
se plaignant à moi par ses larmes et ses hennissements.»
Il a expliqué ce sens par son vers :
«S’il eût su ce qu’est le dialogue, il se fût plaint.»
Les exemples de ce genre de personnification sont innombrables.
Ainsi dit-on couramment : «Ma maison regarde vers la maison d’Untel.»
Dans le ḥadith également : «Le Feu se plaignit à son Seigneur…».
Cependant, certains savants ont nié la présence de métaphore dans le Coran ; il s’agit, entre autres, d’Abû Isḥâq al-Isfarâ’înî, d’Abû Bakr Muḥammad b. Dâwûd al-Aṣbahânî et d’autres. Selon eux, il est plus conforme à la vertu et à la religion de prendre la parole d’Allâh – Majesté à Lui – et celle de Son Messager dans leur sens littéral, car Elles relatent la vérité, ainsi qu’Allâh, exalté soit-Il, l’a annoncé dans Son Livre.
Parmi leurs arguments : s’Il nous avait adressé la parole sous forme de métaphores, il en découlerait qu’Il serait qualifié de «transpositeur» (mutajawwiz),