En vertu de Sa parole :
« … ils refusèrent de les recevoir comme hôtes. »
De ce fait, les habitants de la cité méritèrent d’être blâmés et taxés de bassesse et d’avarice, comme notre Prophète — paix et salut d’Allâh sur lui — les en a décrits.
Qatâdah a dit au sujet de ce verset : « La pire des cités est celle qui ne donne pas l’hospitalité à l’étranger et ne reconnaît pas le droit du voyageur. »
Il ressort de là que l’hospitalité leur était obligatoire et qu’al-Khidr et Mûsâ n’ont sollicité que ce qui leur était dû à ce titre. Tel est ce qui sied à la condition des Prophètes et à la dignité des vertueux et des proches d’Allâh.
La question de l’hospitalité a déjà été traitée, dans la sûrate Hûd — louange à Allâh.
Qu’Allâh pardonne à al-Harîrî : il s’est montré irrévérencieux à propos de ce verset, s’est livré à la plaisanterie, a proféré une parole futile et a trébuché, en s’en prévalant pour défendre la mendicité insistante et l’entêtement qu’elle implique, prétendant que cela ne constitue ni blâme ni déshonneur pour celui qui s’y adonne. Il a même dit :
« Et si l’on me repousse, en ce refus point n’est d’abaissement ;
Mûsâ et al-Khidr l’ont été avant moi. »
Je dis : c’est là jouer avec la religion et se départir du respect dû aux Prophètes ; une coquetterie littéraire et une sottise frivole. Qu’Allâh fasse miséricorde aux pieux prédécesseurs ! Ils ont fortement recommandé à tout homme doué d’une raison saine en ces termes : « Quel que soit l’objet de tes plaisanteries, garde-toi bien de plaisanter avec ta religion. »
Cinquièmement — Sa parole, exalté soit-Il : « un mur ». Les termes al-jidâr et al-jidr ont le même sens. Dans le hadith : « … jusqu’à ce que l’eau atteigne le jidr. » On dit d’un endroit qu’il est jadîr lorsqu’on a bâti autour de lui un mur ; son étymologie renvoie à l’élévation. Quant au verbe « ajdarat » pour un arbre, il signifie : il a donné son bourgeon ; de là est issu le mot al-judarî (la variole).
Sixièmement — Sa parole, exalté soit-Il : « qui voulait s’effondrer », c’est-à-dire qui était tout près de tomber. Il s’agit d’une expression métaphorique et élargie, explicitée dans le hadith par l’expression : « penché ». C’est là une preuve de l’existence de la métaphore (majâz) dans le Coran, opinion de la majorité. En effet, tout verbe qui, en principe, convient à l’être vivant doué de parole, lorsqu’il est attribué à un inanimé ou à un animal, relève d’une métaphore : on comprend que, si un homme se trouvait à leur place, il accomplirait l’action en question. Cette tournure est fréquente dans la langue et la poésie arabes, ainsi que le montre, entre autres, ce qu’a dit al-A‘shâ :