Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Selon le récit, ce garçon semait la corruption sur terre ; il jurait à ses parents qu’il n’avait rien fait et ceux-ci, prêtant serment à leur tour sur sa parole, le mettaient à l’abri de ceux qui le recherchaient.

Ils ont dit – et Sa parole : « …sans qu’il n’ait tué aucune âme » – que cette formulation implique que, s’il s’était agi d’un homicide, l’acte n’eût pas été blâmable. Cela prouve que le garçon était déjà grand ; car si, n’ayant pas encore atteint la puberté, il avait tué quelqu’un, la loi n’eût pas exigé contre lui la peine capitale. S’il fut licite de le mettre à mort, c’est donc qu’il était adulte et pécheur.

Ibn ʿAbbâs rapporte qu’il s’agissait d’un jeune homme qui attaquait les voyageurs sur la route.

Pour Ibn Jubayr, il avait atteint l’âge de la responsabilité légale, conformément à la récitation d’Ubayy et d’Ibn ʿAbbâs : « Quant au garçon, il était mécréant, alors que ses parents étaient croyants. » Or, la mécréance et la foi ne concernent que les gens astreints aux obligations religieuses ; on ne les attribue à un mineur que par simple dépendance vis-à-vis de ses parents. Les parents du garçon étant, par texte, croyants, le terme « mécréant » ne peut donc lui être appliqué qu’après la puberté ; il faut donc s’en tenir à cette conclusion. Le mot ghulām vient de l’idée d’ébullition (ightilâm), c’est-à-dire l’ardeur du désir.

Au sujet du terme divin « nukran » (chose monstrueuse), les avis divergent : lequel est le plus fort, « imran » (chose grave) ou « nukran » ? Un groupe dit : ici il s’agit d’un meurtre manifeste, tandis que là-bas le crime est encore à venir ; « nukran » serait donc plus expressif. Un autre groupe rétorque : là il ne s’agit que d’un seul homicide alors que là-bas il est question de tuer plusieurs personnes ; « imran » serait donc plus intense.

Ibn ʿAṭiyya commente : à mon sens, les deux termes renvoient à deux notions différentes. « Imran » est plus effrayant et plus terrible parce qu’il annonce un grand mal à venir, tandis que « nukran » désigne un acte manifestement pernicieux dont l’horreur est déjà réalisée ; la distinction est claire.

Sa parole : « Si, après cela, je t’interroge encore sur quoi que ce soit, alors ne m’accompagne plus » pose une condition contraignante ; or les musulmans sont tenus par leurs conditions, et la condition la plus digne d’être respectée est celle que les prophètes ont contractée ou qui a été contractée pour eux.

Sa parole : « Tu es désormais fondé, de mon fait, à t’excuser » prouve – d’après Ibn al-ʿArabî – que l’excuse est recevable, de façon absolue, dès la première fois, tandis que l’argument péremptoire s’établit définitivement à la seconde.

Ibn ʿAṭiyya ajoute : il semble également que ce récit constitue un fondement pour les délais fixés dans les dispositions juridiques, qui sont au nombre de trois, de même que les jours accordés à celui qui remet à plus tard sont au nombre de trois ; médite-le.

Sa parole – Très-Haut – : « Ne m’accompagne donc plus » – ainsi l’a lu la majorité, c’est-à-dire : ne reste pas avec moi.
Al-Aʿraj a lu : « taṣḥabanī » avec ouverture de la tâ et de la bâ’ et redoublement du nûn.
D’autres ont lu : « taṣḥabnī », c’est-à-dire : ne me suis pas.
Yaʿqûb a lu : « tuṣḥibnī » en dammant la tâ’ et en cassant le ḥâ’.
Sahl l’a rapporté d’après Abû ʿAmr. Al-Kisâ’î dit : cela signifie : ne me laisse pas, mais permets que je t’accompagne.

La phrase : « Tu es désormais fondé, de mon fait, à t’excuser » signifie : tu as atteint un degré qui t’absout d’avoir à poursuivre ma compagnie.

La majorité a récité : « min ladunnī » avec damma sur le dâl, tandis que Nâfiʿ et ʿÂṣim ont allégé la nûn ; on lit donc « ladun » suivi de la voyelle yâ’.‎

وَفِي الْخَبَرِ: إِنَّ هَذَا الْغُلَامَ كَانَ يُفْسِدُ فِي الْأَرْضِ، وَيُقْسِمُ لِأَبَوَيْهِ أَنَّهُ مَا فَعَلَ، فَيُقْسِمَانِ عَلَى قَسَمِهِ، وَيَحْمِيَانِهِ مِمَّنْ يَطْلُبُهُ، قَالُوا وَقَوْلُهُ: " بِغَيْرِ نَفْسٍ" يَقْتَضِي أَنَّهُ لَوْ كَانَ عَنْ قَتْلِ نَفْسٍ لَمْ يَكُنْ بِهِ بَأْسٌ، وَهَذَا يَدُلُّ عَلَى كِبَرِ الْغُلَامِ، وَإِلَّا فَلَوْ كَانَ لَمْ يَحْتَلِمْ لَمْ يَجِبْ قَتْلُهُ بِنَفْسٍ، وَإِنَّمَا جَازَ قَتْلُهُ لِأَنَّهُ كَانَ بَالِغًا عَاصِيًا. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: كَانَ شَابًّا يَقْطَعُ الطَّرِيقَ. وَذَهَبَ ابْنُ جُبَيْرٍ إِلَى أَنَّهُ بَلَغَ سِنَّ التَّكْلِيفِ لِقِرَاءَةِ أُبَيٍّ وَابْنِ عَبَّاسٍ " وَأَمَّا الْغُلَامُ فَكَانَ كَافِرًا وَكَانَ أَبَوَاهُ مُؤْمِنَيْنِ" وَالْكُفْرُ وَالْإِيمَانُ مِنْ صِفَاتِ الْمُكَلَّفِينَ، وَلَا يُطْلَقُ عَلَى غَيْرِ مُكَلَّفٍ إِلَّا بِحُكْمِ التَّبَعِيَّةِ لِأَبَوَيْهِ، وَأَبَوَا الْغُلَامِ كَانَا مُؤْمِنَيْنِ بِالنَّصِّ فَلَا يَصْدُقُ عَلَيْهِ اسْمُ الْكَافِرِ إِلَّا بِالْبُلُوغِ، فَتَعَيَّنَ أَنْ يُصَارَ إِلَيْهِ. وَالْغُلَامُ مِنْ الِاغْتِلَامِ وَهُوَ شِدَّةُ الشَّبَقِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " نُكْراً" اخْتَلَفَ النَّاسُ أَيُّهُمَا أَبْلَغُ " أَمْراً" أَوْ قَوْلُهُ " نُكْراً" فَقَالَتْ فِرْقَةٌ: هَذَا قَتْلٌ بَيِّنٌ، وَهُنَاكَ مُتَرَقِّبٌ، فَ "- نُكْراً" أَبْلَغُ. وَقَالَتْ فِرْقَةٌ: هَذَا قَتْلُ وَاحِدٍ وَذَاكَ قَتْلُ جَمَاعَةٍ فَ " إِمْراً" أَبْلَغُ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَعِنْدِي أَنَّهُمَا لِمَعْنَيَيْنِ وَقَوْلُهُ: " إِمْرًا" أَفْظَعُ وَأَهْوَلُ مِنْ حيث هو متوقع عظيم، و " نكرا" بَيِّنٌ فِي الْفَسَادِ لِأَنَّ مَكْرُوهَهُ قَدْ وَقَعَ، وهذا بين. قوله: (إِنْ سَأَلْتُكَ عَنْ شَيْءٍ بَعْدَها فَلا تُصاحِبْنِي) شَرْطٌ وَهُوَ لَازِمٌ، وَالْمُسْلِمُونَ عِنْدَ شُرُوطِهِمْ، وَأَحَقُّ الشُّرُوطِ أَنْ يُوَفَّى بِهِ مَا الْتَزَمَهُ الْأَنْبِيَاءُ، وَالْتُزِمَ لِلْأَنْبِيَاءِ. وَقَوْلُهُ: (قَدْ بَلَغْتَ مِنْ لَدُنِّي عُذْراً) يَدُلُّ عَلَى قِيَامِ الِاعْتِذَارِ «١» بِالْمَرَّةِ الْوَاحِدَةِ مُطْلَقًا، وَقِيَامِ الْحُجَّةِ مِنَ الْمَرَّةِ الثَّانِيَةِ بِالْقَطْعِ، قَالَهُ ابْنُ الْعَرَبِيِّ. ابْنُ عَطِيَّةَ: وَيُشْبِهُ أَنْ تَكُونَ هَذِهِ الْقِصَّةُ أَيْضًا أَصْلًا لِلْآجَالِ فِي الْأَحْكَامِ الَّتِي هِيَ ثَلَاثَةٌ، وَأَيَّامُ الْمُتَلَوَّمِ «٢» ثَلَاثَةٌ، فَتَأَمَّلْهُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَلا تُصاحِبْنِي) كَذَا قَرَأَ الْجُمْهُورُ أَيْ تُتَابِعُنِي. وَقَرَأَ الْأَعْرَجُ: (تَصْحَبَنِّي) بِفَتْحِ التاء والباء وتشديد النون. وقرى: (تَصْحَبْنِي) أَيْ تَتْبَعْنِي. وَقَرَأَ يَعْقُوبُ: (تُصْحِبْنِي) بِضَمِّ التَّاءِ وَكَسْرِ الْحَاءِ، وَرَوَاهَا سَهْلٌ عَنْ أَبِي عَمْرٍو قَالَ الْكِسَائِيُّ: مَعْنَاهُ فَلَا تَتْرُكُنِي أَصْحَبُكَ. " قَدْ بَلَغْتَ مِنْ لَدُنِّي عُذْراً" أَيْ بَلَغْتَ مَبْلَغًا تُعْذَرُ بِهِ فِي تَرْكِ مُصَاحَبَتِي، وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ: " مِنْ لَدُنِّي" بِضَمِّ الدَّالِ، إِلَّا أَنَّ نَافِعًا وَعَاصِمًا خَفَّفَا النُّونَ، فَهِيَ " لَدُنْ" اتَّصَلَتْ بها ياء
(١). في ك: الاعذار. (٢). في ك وى: التلوم. ولعله الأشبه.

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