Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Je dis :
Il n’y a, en réalité, aucune contradiction entre ces trois descriptions ; il se peut fort bien que l’enfant ait d’abord été assommé d’un coup de pierre, puis couché à terre et égorgé, avant que sa tête ne soit arrachée. Allah – exalté soit-Il – sait mieux ce qu’il en fut précisément, et il te suffit de t’en tenir à ce que rapporte le ḥadith authentique.

La majorité des lecteurs récitent le mot « zākiyatan » – avec un alif (زَاكِيَةً).
Les Koufites et Ibn ʿĀmir le lisent « zakiyyatan » – sans alif, avec redoublement du yā (زَكِيَّةً).
On a dit – al-Kisāʾī le rapporte – que les deux formes ont le même sens. Thaʿlab affirme toutefois que « zakiyya » est plus emphatique. Abū ʿAmr précise : « al-zākiya » désigne celle qui n’a jamais fauté, tandis que « al-zakiyya » s’emploie pour celle qui a péché puis s’est repentie.

Au sujet du terme divin « ghulāman » (un garçon), les savants ont divergé : était-il pubère ou non ?
– Al-Kalbī dit : Il était adulte, couchant des embuscades sur la route entre deux villages. Son père comptait parmi les notables de l’un, sa mère parmi les notables de l’autre. Al-Khidr le saisit, le terrassa puis lui arracha la tête. Al-Kalbī ajoute : l’enfant se nommait Shamʿūn.
– Ad-Ḍaḥḥāk dit : il se nommait Ḥaysūn.
– Wahb rapporte que le père s’appelait Silās et la mère Ruḥmā ; al-Suhaylī relate qu’ils se nommaient Kāzīr et Sahwā.

La plupart des exégètes soutiennent qu’il n’avait pas atteint la puberté ; c’est pourquoi Mūsā l’appela « innocent » (zākiya) – sans péché. Tel est d’ailleurs le sens ordinaire du mot « ghulām » pour les garçons, par opposition à « jāriya » pour les filles. Al-Khidr le tua parce qu’il savait, d’après ce qu’Allah lui avait appris, que l’enfant était inné­ment destiné à la mécréance, ainsi que l’atteste le ḥadith authentique ; s’il avait grandi, il aurait accablé ses parents d’incrédulité. Le meurtre d’un mineur n’est donc pas impossible lorsque Dieu l’ordonne, car Allah est Celui qui fait ce qu’Il veut et détient pouvoir sur toute chose.

Le livre « al-ʿArāʾis » rapporte que, lorsque Mūsā dit à al-Khidr : « As-tu tué une âme innocente… », al-Khidr se mit en colère, arracha l’épaule gauche du garçon, en écarta la chair, et l’on vit, inscrit sur l’os : « Mécréant qui ne croira jamais en Allah ».

Les partisans du premier avis (le tenant pour adulte) objectent que, chez les Arabes, le terme « ghulām » demeure employé pour un jeune homme. Ainsi Laylā al-Akhyalīyya dit :
« Il la guérit du mal incurable qui la rongeait…
Un jeune guerrier qui, lorsqu’il brandit la lance, l’abreuve. »

Et Ṣafwān dit à Ḥassān :
« Écarte de moi le tranchant de l’épée, car je suis
un jeune homme qui, provoqué, n’est pas poète. »

قُلْتُ: وَلَا اخْتِلَافَ بَيْنَ هَذِهِ الْأَحْوَالِ الثَّلَاثَةِ، فَإِنَّهُ يَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ دَمَغَهُ أَوَّلًا بِالْحَجَرِ، ثُمَّ أَضْجَعَهُ فَذَبَحَهُ، ثُمَّ اقْتَلَعَ رَأْسَهُ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ بِمَا كَانَ مِنْ ذَلِكَ وَحَسْبُكَ بِمَا جَاءَ فِي الصَّحِيحِ. وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ: " زَاكِيَةً" بِالْأَلِفِ. وَقَرَأَ الْكُوفِيُّونَ وَابْنُ عَامِرٍ: " زَكِيَّةً" بِغَيْرِ أَلِفٍ وَتَشْدِيدِ الْيَاءِ، قِيلَ: الْمَعْنَى وَاحِدٌ، قَالَهُ الْكِسَائِيُّ. وَقَالَ ثَعْلَبٌ: الزَّكِيَّةُ أَبْلَغُ. قَالَ أَبُو عَمْرٍو: الزَّاكِيَةُ الَّتِي لَمْ تُذْنِبْ قَطُّ وَالزَّكِيَّةُ الَّتِي أَذْنَبَتْ ثُمَّ تَابَتْ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " غُلاماً" اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي الْغُلَامِ هَلْ كَانَ بَالِغًا أَمْ لَا؟ فَقَالَ الْكَلْبِيُّ: كَانَ بَالِغًا يَقْطَعُ الطَّرِيقَ بَيْنَ قَرْيَتَيْنِ، وَأَبُوهُ مِنْ عُظَمَاءِ أَهْلِ إِحْدَى الْقَرْيَتَيْنِ، وَأُمُّهُ مِنْ عُظَمَاءِ الْقَرْيَةِ الْأُخْرَى، فَأَخَذَهُ الْخَضِرُ فَصَرَعَهُ، وَنَزَعَ رَأْسَهُ عَنْ جَسَدِهِ. قَالَ الْكَلْبِيُّ: وَاسْمُ الْغُلَامِ شَمْعُونُ. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: حَيْسُونُ. وَقَالَ وَهْبٌ: اسْمُ أَبِيهِ سِلَاسٌ وَاسْمُ أُمِّهِ رُحْمَى. وَحَكَى السُّهَيْلِيُّ أَنَّ اسْمَ أَبِيهِ كَازِيرُ وَاسْمَ أُمِّهِ سَهْوَى. وَقَالَ الْجُمْهُورُ: لَمْ يَكُنْ بَالِغًا، وَلِذَلِكَ قَالَ مُوسَى زَاكِيَةً لَمْ تُذْنِبْ، وَهُوَ الَّذِي يَقْتَضِيهِ لَفْظُ الْغُلَامِ، فَإِنَّ الْغُلَامَ فِي الرِّجَالِ يُقَالُ عَلَى مَنْ لَمْ يَبْلُغْ، وَتُقَابِلْهُ الْجَارِيَةُ فِي النِّسَاءِ. وَكَانَ الْخَضِرُ قَتَلَهُ لما علم من سيره، وَأَنَّهُ طُبِعَ كَافِرًا كَمَا فِي صَحِيحِ الْحَدِيثِ، وأنه لو أدرك لا رهق أَبَوَيْهِ كُفْرًا، وَقَتْلُ الصَّغِيرِ غَيْرُ مُسْتَحِيلٍ إِذَا أَذِنَ اللَّهُ فِي ذَلِكَ، فَإِنَّ اللَّهَ تَعَالَى الْفَعَّالُ لِمَا يُرِيدُ، الْقَادِرُ عَلَى مَا يَشَاءُ، وَفِي كِتَابِ الْعَرَائِسِ: إِنَّ مُوسَى لَمَّا قَالَ لِلْخَضِرِ أَقَتَلْتَ نَفْساً زَكِيَّةً"- الْآيَةَ- غَضِبَ الْخَضِرُ وَاقْتَلَعَ كَتِفَ الصَّبِيِّ الْأَيْسَرَ، وَقَشَّرَ اللَّحْمَ عَنْهُ، وَإِذَا فِي عَظْمِ كَتِفِهِ مَكْتُوبٌ: كَافِرٌ لَا يؤمن بالله أبدا. وفد احْتَجَّ أَهْلُ الْقَوْلِ الْأَوَّلِ بِأَنَّ الْعَرَبَ تُبْقِي عَلَى الشَّابِّ اسْمَ الْغُلَامِ، وَمِنْهُ قَوْلُ لَيْلَى الْأَخْيَلِيَّةُ: «١» شَفَاهَا مِنَ الدَّاءِ الْعُضَالِ الَّذِي بِهَا ... غُلَامٌ إِذَا هَزَّ الْقَنَاةَ سَقَاهَا وَقَالَ صَفْوَانُ لِحَسَّانَ: «٢» تَلَقَّ ذُبَابَ السَّيْفِ عَنِّي فَإِنَّنِي ... غُلَامٌ إِذَا هوجيت لست بشاعر
(١). البيت من قصيدة مدحت بها الحجاج بن يوسف وقبله: إذا نزل الحجاج أرضا مريضة ... تتبع أقصى دائها فشفاها (٢). قد كان حسان رضى الله عنه قال شعرا يعرض فيه صفوان بن المعطل ويمن أسلم من العرب من مضر فاعترضه ابن المعطل وضربه بالسيف وقال البيت. (راجع القصة في سيرة ابن هشام). [ ..... ]

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