Parole du Très-Haut : « Ils trouvèrent alors l’un de Nos serviteurs ».
Le serviteur en question est al-Khiḍr – que la paix soit sur lui – d’après l’avis majoritaire corroboré par les hadiths authentiques. Certains, dont l’opinion n’est guère retenue, ont soutenu qu’il ne s’agissait pas d’al-Khiḍr mais d’un autre savant. Al-Qushayrî rapporte également cette position et mentionne qu’un groupe le considérait simplement comme « un serviteur vertueux ». Toutefois, l’avis juste est qu’il s’agit bel et bien d’al-Khiḍr, ainsi que l’a confirmé le Prophète – ﷺ.
Mujâhid a dit : « Il fut nommé al-Khiḍr (l’“Homme vert”) car, lorsqu’il priait, ce qui l’entourait verdissait. » At-Tirmidhî a rapporté d’Abû Hurayra que le Messager d’Allâh – ﷺ – a dit : « On l’appela al-Khiḍr parce qu’il s’assit sur une terre blanche et nue qui se mit aussitôt à frémir et devint verdoyante. » Hadith authentique et singulier. Ici, “al-farwah” désigne la surface de la terre, comme l’ont expliqué al-Khaṭṭâbî et d’autres.
Selon la majorité, al-Khiḍr est un Prophète. D’aucuns ont prétendu qu’il n’était qu’un serviteur vertueux sans être prophète ; pourtant le verset atteste de sa prophétie, car l’aspect caché de ses actes ne peut procéder que d’une révélation. De plus, nul ne s’instruit ni ne suit quelqu’un si ce n’est un supérieur ; or il est impossible qu’un homme non prophète soit supérieur à un prophète. D’autres ont encore avancé qu’il s’agissait d’un ange qu’Allâh chargea d’enseigner à Mûsâ les sciences secrètes qu’il détenait. L’opinion correcte demeure la première, et Allâh est plus savant.
Parole du Très-Haut : « Nous lui avons accordé, de Notre part, une miséricorde. » – Ici, la miséricorde signifie la prophétie ; selon une autre interprétation, il s’agit d’une faveur. « Et Nous lui avons enseigné, venant de Nous, une science », c’est-à-dire la connaissance de l’invisible.
Ibn ʿAṭiyya précise : La science d’al-Khiḍr consistait en une connaissance des réalités intérieures qui lui fut révélée ; les apparences des prescriptions juridiques ne suffisent pas à expliquer ses actions. Quant à la science de Mûsâ, elle portait sur les jugements et les fatwâ s’appuyant sur l’aspect apparent des paroles et des actes des gens.
(Sourate al-Kahf, 18 : 66-70)
66. Il [Mûsâ] lui dit : « Puis-je te suivre, afin que tu m’enseignes, de ce que tu as reçu comme science, une voie droite ? »
67. Il répondit : « Tu ne pourras certes pas patienter en ma compagnie. »
68. « Et comment patienterais-tu au sujet de ce dont tu n’as aucune connaissance approfondie ? »
69. Il dit : « Tu me trouveras – si Allâh le veut – patient, et je ne désobéirai point à tes ordres. »
70. Il dit : « Si donc tu me suis, ne m’interroge sur rien jusqu’à ce que j’en fasse moi-même mention. »