C’est-à-dire : lorsque (le châtiment) se manifeste, il ne tarde pas à les atteindre, que ce soit en ce monde ou dans l’au-delà.
« Ils ne trouveront, en dehors de Lui, aucun refuge » :
c’est-à-dire aucun abri, selon Ibn ‘Abbâs et Ibn Zayd, ainsi que le rapporte al-Jawharî dans le Ṣiḥâḥ. Le verbe « wa’ala – ya’îlu, wa’lan et wu’ûlan » (sur le schème fu‘ûl) signifie « se réfugier », tandis que la forme « wâ’ala » (sur le schème fâ‘ala) signifie « chercher le salut ».
Mujâhid a dit : « un lieu sûr ». Qatâda : « un protecteur ». Abû ‘Ubayda : « un asile ». Il a aussi été dit : « un lieu d’échappatoire » ; le sens est le même.
Les Arabes disent : « lâ wa’alat nafsuhu » : qu’il ne soit point sauvé ; d’où le vers du poète :
« Lâ wa’alat nafsuka, tu l’as laissée
aux deux ‘Âmirites, sans qu’elle fût atteinte ».
Et al-A‘shâ :
« Il m’arrive de surprendre le Maître de la Maison dans un moment d’inattention,
et pourtant il se méfie de moi ; mais jamais il n’échappe (mâ ya’ilu). » — c’est-à-dire : jamais il ne se sauve.
Parole du Très-Haut :
« Et ces cités, Nous les avons détruites… »
« Tilka » (ces) est au nominatif par sa fonction de sujet ; « al-qurâ » (les cités) en est l’épithète — ou l’apposition —, et « ahlaknâhum » (Nous les avons détruites) tient lieu de prédicat, ramené au sens (car c’est des habitants des cités qu’il s’agit). Il est également permis de considérer « tilka » à l’accusatif, selon l’analyse de celui qui dit : « Zaydan ḍarabtuhu » (Zayd, c’est lui que j’ai frappé), c’est-à-dire : « Quant à ces cités dont Nous t’avons raconté l’histoire — telles que celles de ‘Âd, de Thamûd, de Madian et du peuple de Lût — Nous les avons anéanties lorsqu’ils furent injustes et mécrurent. »
« Et Nous avons fixé pour leur perte un terme déterminé » : c’est-à-dire un instant bien connu qu’ils n’ont pas dépassé. « Muhlak » provient de « uhlikû » (ils furent détruits).
‘Âṣim a lu : « mahlakihim » avec la mîm et la lâm ouvertes ; c’est le substantif verbal de « halaka ». Al-Kisâ’î et al-Farâ’ ont admis la lecture « li-mahlikihim » (kasra sur la lâm, fatḥa sur la mîm).
An-Naḥḥâs dit : « C’est la forme que je préfère, car elle vient de “halaka” (il périt). »
Az-Zajjâj commente : « “Mahlik” est un nom de temps ; le sens est : pour l’heure de leur destruction », tout comme on dit : « La chamelle est arrivée au moment où elle fut saillie. »
[Sourate al-Kahf (18), verset 60]
« Et lorsque Moïse dit à son valet : “Je ne cesserai (de marcher) que lorsque j’aurai atteint le confluent des deux mers, ou que j’aurai parcouru de longs laps de temps.” (60)»