« Et ils ont tourné en dérision Mes versets » : il s’agit du Coran. Quant à l’avertissement qui leur fut adressé – à savoir la menace du châtiment –, ils l’ont également tourné en dérision. Le terme « mâ » ici peut être compris comme mashdar (un équivalent du nom verbal) : « leur mise en garde » ; ou bien comme relatif : « ce qui leur fut annoncé comme menace ». Autrement dit, ils ont pris à la légère le Coran et l’avertissement qu’il contient, les traitant par jeu et futilité. L’explication de cette attitude a déjà été exposée dans la sourate al-Baqarah.
On a dit : c’est la parole d’Abû Jahl lorsqu’il montra de la mousse et des dattes en disant : « Voilà donc l’arbre de Zaqqûm ! » On a dit aussi : c’est leur propos au sujet du Coran : « C’est une magie, un amas de songes, des légendes des Anciens. » Ils dirent encore au Messager : « N’est-ce pas là qu’un simple humain comme vous ? » (al-Anbiyâʾ, 3) ; et : « Pourquoi ce Coran n’a-t-il pas été révélé à un grand personnage de l’une des deux cités ? » (az-Zukhruf, 31) ; ou encore : « Qu’a donc voulu Allah par cette comparaison ? » (al-Muddaththir, 31).
Parole du Très-Haut : « Et qui donc est plus injuste que celui à qui l’on rappelle les signes de son Seigneur mais qui s’en détourne ? » Il n’est personne de plus injuste envers lui-même que celui qu’on exhorte par les versets de son Seigneur, mais qui les traite avec négligence et refuse de les accueillir.
« Et il oublie ce que ses mains ont commis » : autrement dit, il délaisse son incroyance et ses péchés sans jamais s’en repentir. Ici, « oublier » signifie : délaisser. On a dit aussi : il a oublié ce qu’il avait amassé pour lui-même en matière de châtiment ; le sens reste proche.
« Nous avons placé sur leurs cœurs des voiles qui les empêchent de le comprendre, et dans leurs oreilles une surdité » : à cause de leur mécréance, Nous avons empêché la foi de pénétrer leurs cœurs et leurs ouïes.
« Et même si tu les appelles vers la voie droite » – c’est-à-dire la foi – « ils ne se mettront jamais sur la bonne voie ». Ce verset fut révélé au sujet d’un groupe déterminé ; il réfute la prétention des Qadarites, et son sens a déjà été exposé dans la sourate « Subhâna » (al-Isrâʾ) et ailleurs.
Parole du Très-Haut : « Ton Seigneur est le Pardonneur, Détenteur de la miséricorde » – c’est-à-dire qu’Il pardonne les péchés. Cela concerne exclusivement les gens de la foi, non les mécréants, comme l’indique Sa parole : « Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit » (an-Nisâʾ, 48).
Quant à l’expression « Détenteur de la miséricorde », elle reçoit quatre interprétations :
- Détenteur de la mansuétude (al-ʿafw).
- Détenteur de la récompense – ces deux premiers sens sont réservés aux croyants.
- Détenteur de la grâce.
- Détenteur de la guidée ; ces deux derniers sens englobent croyants et mécréants, car Il comble le mécréant de bienfaits en ce bas-monde au même titre que le croyant, et Il a rendu Sa guidance manifeste pour tous, même si seul le croyant en profite réellement.
Le sens de Sa parole : « Si Allah les saisissait pour ce qu’ils ont acquis » – de mécréance et de désobéissance – « Il hâterait pour eux le châtiment ». Mais Il leur accorde un délai.
« Bien au contraire, ils ont un rendez-vous » : un terme fixé vers lequel ils sont différés. Semblable à Sa parole : « À chaque nouvelle, son terme assigné » (al-Anʿâm, 67) et : « Chaque terme a son inscription » (ar-Raʿd, 38).