C’est-à-dire : rien ne les a détournés de la foi sinon Mon jugement porté contre eux en ce sens ; et si J’avais décrété pour eux la foi, ils auraient cru. – « La tradition des Anciens » désigne l’usage imposé aux peuples d’autrefois, à savoir le châtiment d’extermination.
On a également dit : le sens du verset est : « Rien n’a empêché les gens de croire, si ce n’est qu’ils ont exigé que leur parvienne la tradition des Anciens », la proposition étant sous-entendue. Or, cette tradition consiste à voir de leurs propres yeux le châtiment. Les polythéistes en firent la demande et dirent : « Ô Allah ! Si cela est bien la Vérité venant de Toi… » (al-Anfâl, 32).
« Ou que le châtiment leur vienne en face (qubula) » : le terme est à l’accusatif de circonstance et signifie « de visu », selon Ibn ‘Abbâs. Al-Kalbî y vit l’épée brandie le jour de Badr, tandis que Muqâtil l’interprète comme « à l’improviste ».
Abû Ja‘far, ‘Âṣim, al-A‘mash, Ḥamza, Yaḥyâ et al-Kisâ’î lisent « quubulan » (avec deux ḍammas), voulant par là « toutes sortes de châtiments », pluriel de qabîl, à l’instar de sabîl / subul. An-Naḥḥâs rapporte que, pour al-Farrâ’, « quubulan » est le pluriel de qabîl et signifie « éparpillés, se succédant les uns aux autres » ; il admet aussi qu’il puisse prendre le sens de « de visu ». L’‘A‘raj, dont c’était la lecture, l’entendait comme « tous ensemble », alors qu’Abû ‘Amr le lisait de la même façon en lui donnant le sens de « de visu ».
Parole du Très-Haut : « Nous n’envoyons les messagers que comme annonciateurs » – de la félicité paradisiaque pour quiconque croit – « et avertisseurs » – faisant craindre le châtiment lié à la mécréance ; cela a déjà été mentionné.
« Et les mécréants disputent par le faux afin, par-lui, de faire trébucher la Vérité ». Il fut dit que ce verset concerna les « Muqtasimîn » : ils contestaient l’Envoyé – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – et disaient : sorcier, possédé, poète, devin, comme il a été vu.
Le verbe « yuḍḥiḍû » signifie « écarter, annuler » ; l’origine du mot « daḥḍ » est l’idée de glissade : on dit : « Son pied a daḥaḍa », c’est-à-dire a glissé ; « le soleil daḥaḍa du centre du ciel », il s’en est écarté ; « son argument a daḥaḍa », il est devenu caduc, et Allah l’a fait échouer. L’« idḥâḍ » est le fait de faire glisser.
Au sujet de la description du Ṣirâṭ : « On dressera un pont au-dessus de l’Enfer et l’intercession sera admise, alors ils diront : ‘Ô Allah, préserve, préserve !’ » – on demanda : « Ô Messager d’Allah, qu’est donc ce pont ? » Il répondit : « Un plan incliné et glissant », c’est-à-dire que le pied y dérape.
Tarafa a dit :
« Ô Abâ Mundhir, tu as recherché la fidélité puis l’as redoutée…
Tu t’es écarté comme le chameau évite le sol glissant. »