Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ibn al-Aʿrabi a dit : « Tout ce qui sert de barrière entre deux choses est appelé mowbiq. »

Ibn Wahb rapporte de Mujâhid, au sujet de la parole du Très-Haut : « mowbiqan », qu’il s’agit d’une vallée dans l’Enfer (Jahannam) nommée “Mowbiq”.

Nawf al-Bikâlî dit de même, mais il précise : « Elle constitue une séparation entre eux et les croyants. »

ʿIkrima dit : « C’est un fleuve en Enfer dont le cours est de feu ; sur ses deux rives se tiennent des serpents semblables à de grandes mules noir charbon. Lorsqu’ils se ruent pour saisir les damnés, ceux-ci cherchent à leur échapper en se jetant dans le Feu. »

Zayd b. Dirham rapporte d’Anas b. Mâlik qu’il a dit : « “Mowbiqan” désigne une vallée de pus et de sang dans l’Enfer. »

ʿAtâ’ et ad-Dahhâk disent : « C’est un lieu de perdition dans l’Enfer », d’où l’expression : « Ses péchés l’ont perdu (awbaqat-hu dhunûbuhu). »

Abû ʿUbayda explique : « Il s’agit d’un rendez-vous avec la destruction. »

Al-Jawharî dit : « Le verbe wabaqa yabiqu signifie “périr” ; al-mowbiq est de même facture que al-mawʿid, sur le schème mafʿil dérivé de waʿada yaʿidu. De là la parole divine : “Nous avons placé entre eux un mowbiq.” »

Il existe une autre forme dialectale : wabaqa yawbuqu wabqan ; et une troisième : wabaqa yabiqu, toutes deux avec kasra, et le verbe awbaqahu signifie : « Il l’a détruit. »

Le poète Zuhayr a dit :
« Et celui qui achète la belle louange avec sa fortune
Protège son honneur de toute ignominie destructrice. »

Al-Farrâ’ commente : « Leur solidarité en ce bas-monde sera pour eux une cause de ruine dans l’Au-delà. »

Parole du Très-Haut : « Et les criminels verront le Feu… »

Quant au verbe “ra’â” (il a vu), son origine est ra’ay(a). Le yâ’ y a été changé en alif sous l’effet de l’ouverture de la voyelle qui la précède et de la sienne propre. C’est pourquoi les grammairiens koufiens soutiennent qu’il faut l’écrire avec un yâ’, suivis en cela par certains basriens. Les spécialistes basriens, parmi lesquels Muḥammad b. Yazîd, l’écrivent pour leur part avec une alif.

An-Naḥḥâs rapporte : « J’ai entendu ʿAlî b. Sulaymân dire avoir entendu Muḥammad b. Yazîd affirmer qu’il n’est pas permis d’écrire “maḍâ”, “ramâ” et tout verbe dont la racine comporte un yâ’ autrement qu’avec une alif. Il n’y a, selon lui, aucune différence graphique entre les verbes à yâ’ et ceux à wāw, pas plus qu’il n’en existe dans la prononciation. Si l’on devait écrire les premiers avec un yâ’, il faudrait, par cohérence, écrire les seconds avec un wāw. Or les partisans de la première thèse se contredisent : ils écrivent “ramâ” avec un yâ’, mais “ramâhu” avec une alif ; ils écrivent encore “ḍuḥâ” (pluriel de ḍaḥwa) et “kusâ” (pluriel de kiswa), qui sont de racine wāw, avec un yâ’. Rien de tout cela n’est solide ni conforme à un principe cohérent. »

Parole du Très-Haut : « Ils furent convaincus qu’ils allaient y tomber (fazannû annahum muwâqiʿûhâ)… »

Ici, « faẓannû » signifie la certitude et la connaissance, tout comme le dit le poète :
« Je leur dis : Ayez la certitude qu’il y a face à vous deux mille guerriers cuirassés… »

قال ابن الاعرابي: كل شي حاجز بين شيئين مُوْبِقٌ، وَذَكَرَ ابْنُ وَهْبٍ عَنْ مُجَاهِدٍ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: " مَوْبِقاً" قَالَ وَادٍ فِي جَهَنَّمَ يُقَالُ لَهُ مَوْبِقٌ، وَكَذَلِكَ قَالَ نَوْفٌ الْبِكَالِيُّ إِلَّا أَنَّهُ قَالَ: يُحْجَزُ بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ الْمُؤْمِنِينَ. عِكْرِمَةُ: هُوَ نَهَرٌ فِي جَهَنَّمَ يَسِيلُ نَارًا عَلَى حَافَّتَيْهِ حَيَّاتٌ مِثْلُ الْبِغَالِ الدُّهْمِ فَإِذَا ثَارَتْ إِلَيْهِمْ لِتَأْخُذَهُمُ اسْتَغَاثُوا مِنْهَا بِالِاقْتِحَامِ فِي النَّارِ. وَرَوَى زَيْدُ «١» بْنُ دِرْهَمٍ عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ قَالَ: " مَوْبِقاً" (وَادٍ مِنْ قَيْحٍ وَدَمٍ فِي جَهَنَّمَ) . وَقَالَ عَطَاءٌ وَالضَّحَّاكُ: مَهْلِكًا فِي جَهَنَّمَ، وَمِنْهُ يُقَالُ: أَوْبَقَتْهُ ذُنُوبُهُ إِيبَاقًا. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: مَوْعِدًا لِلْهَلَاكِ. الْجَوْهَرِيُّ: وَبَقَ يَبِقُ وُبُوقًا هَلَكَ، وَالْمَوْبِقُ مِثْلُ الْمَوْعِدُ مَفْعِلٌ مِنْ وَعَدَ يَعِدُ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَجَعَلْنا بَيْنَهُمْ مَوْبِقاً" . وَفِيهِ لُغَةٌ أُخْرَى: وَبِقَ يَوْبَقُ وَبَقًا. وَفِيهِ لُغَةٌ ثَالِثَةٌ: وَبِقَ يَبِقُ بِالْكَسْرِ فِيهِمَا، وَأَوْبَقَهُ أَيْ أَهْلَكَهُ. وَقَالَ زُهَيْرٌ: وَمَنْ يَشْتَرِي حُسْنَ الثَّنَاءِ بِمَالِهِ ... يَصُنْ عِرْضَهُ مِنْ كُلِّ شَنْعَاءَ مُوبِقِ قَالَ الْفَرَّاءُ: جَعَلَ تَوَاصُلَهُمْ فِي الدُّنْيَا مُهْلِكًا لَهُمْ فِي الْآخِرَةِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَرَأَى الْمُجْرِمُونَ النَّارَ) " رَأَى" أَصْلَهُ رَأَيَ، قُلِبَتِ الْيَاءُ أَلِفًا لِانْفِتَاحِهَا وَانْفِتَاحِ مَا قَبْلَهَا، وَلِهَذَا زَعَمَ الْكُوفِيُّونَ أَنَّ " رَأَى" يُكْتَبُ بِالْيَاءِ، وَتَابَعَهُمْ عَلَى هَذَا الْقَوْلِ بَعْضُ الْبَصْرِيِّينَ. فَأَمَّا الْبَصْرِيُّونَ الْحُذَّاقُ، مِنْهُمْ مُحَمَّدُ بْنُ يَزِيدَ فَإِنَّهُمْ يكتبونه بالألف. قَالَ النَّحَّاسُ: سَمِعْتُ عَلِيَّ بْنَ سُلَيْمَانَ يَقُولُ سَمِعْتُ مُحَمَّدَ بْنَ يَزِيدَ يَقُولُ: لَا يَجُوزُ أَنْ يُكْتَبَ مَضَى وَرَمَى وَكُلُّ مَا كَانَ مِنْ ذَوَاتِ الْيَاءِ إِلَّا بِالْأَلِفِ، وَلَا فَرْقَ بَيْنَ ذَوَاتِ الْيَاءِ وَبَيْنَ [ذَوَاتِ «٢» ] الْوَاوِ فِي الْخَطِّ كَمَا أَنَّهُ لَا فَرْقَ، بَيْنَهُمَا فِي اللَّفْظِ، وَلَوْ وَجَبَ أَنْ يُكْتَبَ ذَوَاتُ الْيَاءِ بِالْيَاءِ لَوَجَبَ أَنْ يُكْتَبَ ذَوَاتُ الْوَاوِ بِالْوَاوِ، وَهُمْ مَعَ هَذَا يناقضون فيكتبون رمى بالياء رماه بِالْأَلِفِ، فَإِنْ كَانَتِ الْعِلَّةُ أَنَّهُ مِنْ ذَوَاتِ الْيَاءِ وَجَبَ أَنْ يَكْتُبُوا رَمَاهُ بِالْيَاءِ، ثُمَّ يَكْتُبُونَ ضُحًا جَمْعُ ضَحْوَةٍ، وَكُسًا جَمْعُ كُسْوَةٍ، وَهُمَا مِنْ ذَوَاتِ الْوَاوِ بِالْيَاءِ، وَهَذَا مَا لَا يَحْصُلُ وَلَا يَثْبُتُ عَلَى أَصْلٍ. (فَظَنُّوا أَنَّهُمْ مُواقِعُوها) " فَظَنُّوا" هُنَا بِمَعْنَى الْيَقِينِ وَالْعِلْمِ كَمَا قَالَ: «٣» فَقُلْتُ لَهُمْ ظُنُّوا بِأَلْفَيْ مُدَجَّجِ
(١). في الأصول: يزيد وهو تحريف والتصويب عن (التهذيب). (٢). الزيادة من ك و (إعراب القرآن) للنحاس. (٣). هو دريد بن الصمة، وتمام البيت: سراتهم في الفارسي المسرد

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