Certes, la terre est sphérique, les orbes célestes tournent au-dessous d’elle et les hommes y sont fixés, aussi bien sur sa surface qu’au-dessous.
Quant à Sa parole : « ni la création d’eux-mêmes », elle constitue une réfutation adressée aux naturalistes, lesquels prétendent que les forces naturelles seraient à l’œuvre dans les âmes.
Abû Jaʿfar a lu : « Mâ ash-hadnâhum » – avec le nûn et l’alif, par manière de majesté – tandis que les autres lecteurs emploient la deuxième personne, conformément à Sa parole :
« Et Je n’ai jamais pris… »,
c’est-à-dire : Je ne les ai ni sollicités ni consultés pour la création des cieux et de la terre.
« Et Je n’ai jamais pris les égarants »,
c’est-à-dire les démons – et l’on a dit : les mécréants –
« comme ʿaḍudâ »,
c’est-à-dire comme auxiliaires. On dit : « je me suis appuyé sur untel » lorsqu’on requiert son aide et qu’on se fortifie par lui. À l’origine, le terme ʿaḍud désigne le bras ; il a été employé ensuite pour signifier l’assistance, parce que la main ne s’affermit que par le bras. Ainsi dit-on : « il l’a épaulé, il l’a soutenu dans telle affaire », quand on l’aide et le renforce. De là encore Sa parole :
« Nous affermirons ton bras par ton frère » (al-Qaṣaṣ : 35),
c’est-à-dire : Nous te secourrons par ton frère. Le terme ʿaḍud n’est ici qu’une métaphore, car Allah, exalté soit-Il, n’a besoin de l’aide de personne. Il a mentionné spécifiquement les égarants afin d’accentuer le blâme et la réprobation.
Abû Jaʿfar al-Jaḥdarî a lu : « wa mâ kunta » – avec la fatha sur la tâ’ – c’est-à-dire : « et tu n’as jamais, ô Muhammad, pris les égarants comme appui ».
Le mot ʿaḍud présente huit formes de lecture :
- ʿaḍudan – fatḥa sur le ʿayn, ḍamma sur le ḍâd ; lecture de la majorité et la plus élégante ;
- ʿaḍdan – fatḥa sur le ʿayn, soukûn sur le ḍâd ; dialecte des Banû Tamîm ;
- ʿuḍudan – ḍamma sur le ʿayn et le ḍâd ; lecture d’Abû ʿAmr et d’al-Ḥasan ;
- ʿuḍdan – ḍamma sur le ʿayn, soukûn sur le ḍâd ; lecture de ʿIkrima ;
- ʿiḍadan – kasra sur le ʿayn, fatḥa sur le ḍâd ; lecture de Ḍaḥḥâk ;
- ʿaḍadan – fatḥa sur le ʿayn et le ḍâd ; lecture de ʿÎsâ b. ʿUmar ;
- ʿaḍidan, rapportée par Hârûn le lecteur ;
- ʿiḍdan, selon ceux qui disent kitf (épaule) et fakhidh (cuisse).
Sa parole – exalté soit-Il :
« Et le jour où Il dira : “Appelez Mes prétendus associés !” »,
c’est-à-dire : rappelle le jour où Allah dira : « Où sont Mes associés ? Appelez donc ceux que vous M’aviez associés, qu’ils vous détournent de Mon châtiment. » Cette interpellation vise les adorateurs des idoles. Ḥamza, Yaḥyâ et ʿÎsâ b. ʿUmar ont lu « naqûlu » (Nous disons) avec la nûn, tandis que les autres ont employé la yâ’, car Il dit « Mes associés » et non « nos associés ».
« Ils les invoqueront, mais ceux-ci ne leur répondront pas »,
c’est-à-dire qu’ils les appelleront, mais les idoles ne leur apporteront ni aide ni protection.
« Et Nous établirons entre eux un gouffre infranchissable (mawbican). »
Anas b. Mâlik a dit : c’est un ravin de pus et de sang, en enfer. Ibn ʿAbbâs a dit : c’est-à-dire : Nous avons placé une barrière entre les croyants et les mécréants. D’autres ont dit : entre les idoles et leurs adorateurs, conformément à Sa parole : « Nous les avons séparés les uns des autres » (10 : 28).
(Fin de l’annotation.)