Onzième partie
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
[Suite du commentaire de la sourate Al-Kahf]
[Sourate Al-Kahf (18) : versets 51 à 53]
« Je ne les ai pas pris à témoin lors de la création des cieux et de la terre, ni lors de la création de leur propre personne ; et Je n’ai jamais pris les égarés pour appuis. » (51)
« Et le Jour où Il dira : « Appelez Mes prétendus associés ! », ils les invoqueront, mais ceux-ci ne leur répondront pas ; et Nous placerons entre eux un abîme infranchissable. » (52)
« Les criminels verront alors le Feu ; ils seront convaincus qu’ils vont y tomber, sans trouver le moindre échappatoire. » (53)
Sa parole – Exalté soit-Il :
« Je ne les ai pas pris à témoin lors de la création des cieux et de la terre, ni lors de la création de leur propre personne. »
On a dit : le pronom renvoie à Iblîs et à sa descendance ; c’est-à-dire : « Je ne les ai nullement consultés pour la création des cieux et de la terre, ni pour celle de leur propre personne ; Je les ai créés comme Je l’ai voulu. »
On a aussi dit : « Je n’ai pas fait assister Iblîs et sa descendance à la création des cieux et de la terre, ni à la création des âmes des polythéistes ; comment donc ces derniers purent-ils les prendre pour alliés en dehors de Moi ? »
Une autre interprétation voit dans le pronom, dans « Je ne les ai pas pris à témoin », un retour aux polythéistes, voire à l’humanité tout entière ; le verset constituerait alors une réfutation adressée à divers groupes d’astrologues, de naturalistes, de praticiens s’arrogeant l’autorité médicale et à tous ceux qui s’aventurent, sans preuve, dans ces domaines.
Ibn ʿAṭiyya rapporte : « J’ai entendu mon père – qu’Allah l’agrée – dire : j’ai entendu le jurisconsulte Abû ʿAbd Allâh Muḥammad b. Maʿâdh al-Mahdawî, à Al-Mahdiyya, déclarer : j’ai entendu ʿAbd al-Ḥaqq aṣ-Ṣiqillî soutenir cette explication, interprétant ainsi ce verset et affirmant qu’il constitue bel et bien une réfutation contre ces groupes. Certains savants usûliyyûn ont également mentionné cela. »
Ibn ʿAṭiyya ajoute : « Selon moi, les premiers visés par ce verset sont Iblîs et sa descendance ; c’est sous cet angle que la réfutation concerne les groupes susmentionnés, ainsi que les devins, les Arabes et ceux qui vouent un culte excessif aux djinns, lorsqu’ils disent : « Je cherche protection auprès du puissant maître de cette vallée. » Tous ces groupes se rattachent à Iblîs et à sa lignée ; or, ce sont eux qui ont égaré l’ensemble des gens. Eux sont donc les “égarés” visés en premier lieu, et les autres factions entrent dans leur catégorie. »
Aṭ-Thaʿlabî rapporte : « Certains gens de science ont dit que la parole divine : “Je ne les ai pas pris à témoin lors de la création des cieux et de la terre” réfute les astrologues qui prétendent que les sphères agissent les unes sur les autres et provoquent des événements sur terre ;
Quant à Sa parole : “…et de la terre”, elle constitue une réfutation contre les géomètres lorsqu’ils ont déclaré…"