« Ne sois ni le premier à pénétrer dans le marché, ni le dernier à en sortir, car c’est là que Satan a pondu et fait éclore ses petits. »
Cette parole indique que le Diable possède bel et bien une descendance issue de lui-même – et Allah est plus Savant.
Ibn ʿAṭiyya a dit :
L’expression « et sa descendance » – dans le verset – signifie, selon le sens littéral, les démons qui suggèrent (le mal), ceux qui incitent à l’abomination et poussent à la fausseté.
Aṭ-Ṭabarî et d’autres ont rapporté que Mujāhid a dit : « La descendance d’Iblîs, ce sont les démons », et il les dénombrait ainsi :
– Zalanbûr : responsable des marchés ; il dresse son étendard dans chaque marché, entre le ciel et la terre, et plante ce drapeau sur l’échoppe du premier qui ouvre et du dernier qui ferme.
– Thabr : chargé des calamités ; il commande de frapper les visages, de déchirer les vêtements et d’appeler au malheur et à la guerre.
– L’Aʿwar : préposé aux portes de la fornication.
– Musawwiṭ : chargé des rumeurs ; il les répand et les dépose dans la bouche des gens, lesquels n’en trouvent aucune source authentique.
– Dâsim : lorsque l’homme entre chez lui sans saluer ni mentionner le Nom d’Allah, il lui fait voir les objets qui traînent, ceux qui ne sont pas rangés à leur place ; et s’il mange sans dire le Nom d’Allah, il mange avec lui.
Al-Aʿmash dit : « Il m’arrive d’entrer chez moi sans rappeler Allah ni saluer. Je vois alors un bassin d’ablutions et je dis : ‘‘Otez-le donc !’’ et je me querelle avec eux ; puis je me ressaisis et dis : ‘‘Dâsim, Dâsim, je cherche refuge auprès d’Allah contre lui.’ »
Aṭ-Thaʿlabî et d’autres ont ajouté, d’après Mujāhid :
– Al-Abyaḍ : celui qui insuffle (des doutes) aux prophètes.
– Ṣakhr : celui qui subtilisa l’anneau de Sulaymân – sur lui la paix.
– Al-Walahân : chargé de la purification rituelle ; il y insinue des doutes.
– Al-Aqyas : préposé à la prière ; il y jette la confusion.
– Murrah : responsable des instruments à vent (les flûtes) ; c’est son surnom.
– Al-Haffâf : se tient dans les déserts, égare les gens et les fait s’y perdre ; il compte parmi eux les goules (al-ghîlân).
Abû Muṭîʿ Makḥûl b. al-Faḍl an-Nasafî rapporte, dans son ouvrage « Al-Luʾluʾiyyât », d’après Mujāhid : al-Haffâf est le démon des boissons (enivrantes), Laqûs celui qui sème la discorde, et l’Aʿwar celui qui supervise les portes des souverains.
Ad-Dârânî a dit : « Iblîs possède un démon nommé Al-Mutaqâḍî : il poursuit le fils d’Âdam, lui rappelle une action secrète accomplie vingt ans auparavant, puis la colporte en public. »
Ibn ʿAṭiyya commente : « Tout ce qui ressemble à ces récits, sans chaîne de transmission authentique, n’a pas de fondement solide. An-Naqqâsh s’est longuement étendu sur ce sujet, rapportant des histoires qui sont éloignées de l’authenticité. Je n’ai rencontré de fiable, à ce propos, que ce qui figure dans le Ṣaḥîḥ de Muslim : il existe un démon de la prière nommé Khanazab. At-Tirmidhî mentionne également qu’il y a un démon des ablutions appelé Al-Walahân. »
Quant aux dénominations précises qui ont été citées, elles sont authentiques ; et quant au fait qu’il possède des partisans, des auxiliaires et des troupes, cela ne fait aucun doute. Nous avons déjà rappelé le ḥadith authentique attestant qu’il a des enfants issus de lui-même, comme l’ont dit Mujāhid et d’autres.