La résurrection : c’est-à-dire que, dans ce bas-monde, vous prétendiez que vous ne seriez jamais ressuscités et que Nous ne fixerions pour vous aucun rendez-vous pour le retour à la vie.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, ‘Â’icha – qu’Allah l’agrée – rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – dire : “Les gens seront rassemblés, au Jour de la Résurrection, pieds nus, nus et incirconcis.” J’ai demandé : “Ô Messager d’Allah ! Les hommes et les femmes se regarderont-ils les uns les autres ?” Il répondit : “Ô ‘Â’icha, l’affaire sera bien trop redoutable pour que les uns s’occupent de regarder les autres.” »
Le terme « ghurlan » signifie : non circoncis. Son explication a déjà été donnée dans la sourate « Al-An‘âm ».
« Et le Livre sera placé ; alors tu verras les criminels saisis de crainte devant ce qui s’y trouve, et ils diront : “Malheur à nous ! Qu’a donc ce Livre ? Il ne laisse rien, ni petit ni grand, sans l’avoir recensé.” Ils trouveront présent tout ce qu’ils ont accompli, et ton Seigneur ne lèse personne. » (Al-Kahf, 18 : 49)
Sa parole – Très-Haut – : « Et le Livre sera placé. »
« Le Livre » est ici un nom générique. Deux avis sont rapportés :
- Il s’agit des registres des œuvres, remis à chaque serviteur – avis rapporté de Muqâtil.
- Il s’agit de l’installation du Jugement lui-même – avis d’Al-Kalbî –, le terme « Livre » étant employé pour désigner le Jugement parce que les hommes y seront jugés sur la base des œuvres consignées. Le premier avis est le plus manifeste.
Ibn Al-Mubârak a rapporté – d’après Al-Ḥakam, ou Abû Al-Ḥakam (Nu‘aym hésitait), d’après Ismâ‘îl ibn ‘Abd Ar-Raḥmân, d’après un homme des Banû Asad – qu’‘Umar dit à Ka‘b : « Malheur à toi, ô Ka‘b ! Raconte-nous quelque chose au sujet de l’Au-delà. » Il répondit : « Certes, ô Commandeur des Croyants ! Lorsque viendra le Jour de la Résurrection, la Table Gardée sera élevée, et il ne restera aucune créature sans qu’elle ne voie ses propres œuvres. Puis l’on fera venir les feuillets où sont consignées les actions des serviteurs ; ils seront dispersés autour du Trône. C’est à cela que fait allusion la parole du Très-Haut : “Et le Livre sera placé, et tu verras les criminels saisis de crainte devant ce qui s’y trouve…” »
L’Asadî dit : « La “petite” faute est tout ce qui est en-deçà du polythéisme, et la “grande” est le polythéisme lui-même ; pourtant le Livre les a toutes dénombrées. »
Ka‘b poursuivit : « Puis l’on appellera le croyant ; on lui remettra son registre dans sa main droite. Il y regardera ; ses bonnes œuvres apparaîtront au grand jour devant les gens tandis qu’il lira ses fautes, afin qu’il ne puisse dire : “J’avais des bonnes actions qui n’ont pas été mentionnées.” Allah veut lui montrer l’ensemble de ses actes, jusqu’à ce que, lorsqu’il aura achevé la lecture de ce qui se trouve dans le registre, il découvre à la fin… »