et les fils, car le sens est : « les biens et les fils ne sont que l’ornement de cette vie méprisable ; ne les laissez donc pas captiver vos âmes ». Ce verset constitue une réfutation à ʿUyaynah b. Ḥiṣn et à ceux qui, comme lui, se vantaient de leur richesse et de leur rang ; le Très-Haut informe en effet que tout ce qui relève de l’ornement de la vie d’ici-bas n’est qu’une tromperie passagère, qui disparaît sans durer, tel le chaume que disperse le vent. Ne demeurent vraiment que ce qui sert de provision pour la tombe et de viatique pour l’au-delà.
On disait : « Ne fixe pas ton cœur sur la fortune ; elle s’évanouit. Ni sur les femmes ; elles sont aujourd’hui avec toi et demain avec un autre. Ni sur le pouvoir ; il est aujourd’hui à toi et demain à autrui. » Il suffit, à ce propos, de rappeler la parole d’Allâh, exalté soit-Il : « Vos biens et vos enfants ne sont qu’une tentation » [s. 64, v. 15], ainsi que Sa parole : « Il est, parmi vos épouses et vos enfants, un ennemi pour vous ; prenez-y garde » [s. 64, v. 14].
Quant à Sa parole, exalté soit-Il : « et les œuvres vertueuses qui subsistent (al-bâqiyât aṣ-ṣâliḥât) », il s’agit des actes d’obéissance accomplis par Salmân, Ṣuhayb et les pauvres parmi les musulmans. « Elles sont, auprès de ton Seigneur, meilleures comme rétribution » : c’est-à-dire plus excellentes ; « et meilleures comme espoir » : c’est-à-dire préférables à la situation de celui qui possède richesses et enfants sans œuvre pie. En vérité, il n’y a aucun bien dans l’ornement de ce monde ; néanmoins l’expression est formulée sur le modèle de Sa parole : « Les gens du Paradis, ce jour-là, seront les meilleurs en demeure » [s. 25, v. 24].
Il a aussi été dit que « meilleures » signifie, en réalité, incomparablement supérieures à ce que les ignorants tiennent, à tort, pour un bien.
Les savants ont divergé au sujet de l’expression « al-bâqiyât aṣ-ṣâliḥât ». Ibn ʿAbbâs, Ibn Jubayr, Abû Maysarah et ʿAmr b. Shuraḥbîl ont dit : ce sont les cinq prières obligatoires. Selon une autre version d’Ibn ʿAbbâs, il s’agit de toute œuvre pie, verbale ou pratique, qui demeure pour l’au-delà ; c’est l’avis d’Ibn Zayd, privilégié par aṭ-Ṭabarî, et c’est l’opinion correcte, s’il plaît à Allâh, car tout ce dont la récompense subsiste mérite cette appellation.
Mon maître – qu’Allâh l’agrée – m’a dit : « Le labour est de deux sortes. Le labour de la vie d’ici-bas consiste dans les biens et les fils ; le labour de l’au-delà réside dans les œuvres vertueuses qui subsistent, et Allâh – Très-Haut – réunit parfois les deux pour certaines personnes. »
La majorité (al-jumhûr) a déclaré qu’il s’agit des paroles méritoires dont le mérite est attesté : “Subḥân-Allâh, al-ḥamdu li-Llāh, lâ ilâha illâ-llâh, Allâhu akbar, et lâ ḥawla wa lâ quwwata illâ bi-llâh al-ʿaliyy al-ʿaẓîm”.
Mâlik rapporte dans son Muwaṭṭaʾ, d’après ʿUmârah b. Ṣayyâd, d’après Saʿîd b. al-Musayyib, que celui-ci disait au sujet des « œuvres vertueuses qui subsistent » : « Elles consistent dans la parole du serviteur : Allâhu akbar, Subḥân-Allâh, al-ḥamdu li-Llāh, lâ ilâha illâ-llâh, et lâ ḥawla wa lâ quwwata illâ bi-llâh. » An-Nasâʾî l’a également rapporté, avec sa chaîne, d’après Abû Saʿîd al-Khudrî, que le Messager d’Allâh — paix et bénédictions d’Allâh sur lui —