Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

il frappait l’une de ses mains contre l’autre, par regret, car tel est le geste qu’accomplit l’homme plein de remords.

On a aussi dit : il passait en revue son domaine sans y trouver la moindre compensation de ce qu’il y avait dépensé ; on emploie en effet, pour désigner la propriété, le terme « main » : « Il a de l’argent en main », c’est-à-dire : il en est le propriétaire.

L’expression « Alors, au matin… » (fa-aṣbaḥa) indique que cette destruction survint de nuit, comme dans la Parole du Très-Haut : « Alors, un fléau de ton Seigneur la cerna tandis qu’ils dormaient ; au matin elle devint comme un champ moissonné. » On dit encore : « J’ai dépensé dans cette maison telle somme », ou : « pour cette maison. »

« Tandis qu’elle était réduite à l’état de ruine, effondrée sur ses treillages » : c’est-à-dire vide, certaines parties s’étant affaissées sur d’autres. Le terme provient du verbe khawat appliqué aux étoiles : « les étoiles khawat khayyan », lorsqu’elles tombent et que, pendant leur période de lever, elles ne donnent pas de pluie ; on dit aussi akhawat. De même : « La maison khawat khawāʾan », c’est-à-dire devint déserte ou s’écroula. De là la Parole du Très-Haut : « Telles sont leurs demeures, désertes, pour prix de ce qu’ils commirent. » On dit encore : « sāqiṭa » (effondrée). L’expression « khāwiya ʿalā ʿurūshihā » signifie : effondrée sur ses toits. Ainsi sont réunies la perte des fruits et celle des troncs ; c’est là l’un des plus grands fléaux, en rétribution de son injustice.

« Et il disait : « Hélas ! Si seulement je n’avais associé personne à mon Seigneur ! » » c’est-à-dire : si j’avais reconnu les bienfaits d’Allah à mon égard, su qu’ils provenaient de Sa Puissance, et ne Lui avais point dénié la foi. Tel est un regret qui intervient alors qu’il ne lui sert plus de rien.

[Coran 18 : 43]

« Il n’eut point de clan pour le secourir contre Allah, et il ne put se défendre lui-même. »

Le Très-Haut dit :

« Et il n’eut point de clan pour le secourir en dehors d’Allah » :
– « fiʾatun » (clan, groupe) est le sujet du verbe « takun », et « lahu » en constitue l’attribut. « yansurūnahu » (qui le secourent) tient ici lieu d’épithète : « un clan secourant ».
– Il est toutefois permis de considérer « yansurūnahu » comme l’attribut. Selon Sībawayh, la première analyse est préférable, parce que l’attribut « lahu » précède déjà. Abū al-ʿAbbās s’y oppose et invoque la Parole d’Allah : « Et nul n’a jamais été pour Lui un égal. » Sībawayh admet cependant lui-même la seconde lecture.

Le verbe « yansurūnahu » renvoie au sens de « fiʾah », qui désigne des gens ; si l’on s’en tenait strictement à la forme, on dirait : « wa-lam takun lahu fiʾatan tanṣuruhu », c’est-à-dire : aucun groupe, aucune bande auprès de qui se réfugier.

« Et il ne put se défendre » : c’est-à-dire qu’il fut incapable de se protéger, selon Qatādah ; ou bien, dit-on, incapable de recouvrer ce qu’il avait perdu.

L’étymologie de « fiʾah » a déjà été exposée dans le commentaire de la sourate Āl-ʿImrān ; le tāʾ final est le substitut du yāʾ retranché.

يَدَيْهِ عَلَى الْأُخْرَى نَدَمًا، لِأَنَّ هَذَا يَصْدُرُ مِنَ النَّادِمِ. وَقِيلَ: يُقَلِّبُ مِلْكَهُ فَلَا يَرَى فِيهِ عِوَضَ مَا أَنْفَقَ، وَهَذَا لِأَنَّ الْمِلْكَ قَدْ يُعَبَّرُ عَنْهُ بِالْيَدِ، مِنْ قَوْلِهِمْ: فِي يده مال، أي فملكه مَالٌ. وَدَلَّ قَوْلُهُ " فَأَصْبَحَ" عَلَى أَنَّ هَذَا الْإِهْلَاكَ جَرَى بِاللَّيْلِ، كَقَوْلِهِ " فَطافَ «١» عَلَيْها طائِفٌ مِنْ رَبِّكَ وَهُمْ نائِمُونَ. فَأَصْبَحَتْ كَالصَّرِيمِ" وَيُقَالُ: أَنْفَقْتُ فِي هَذِهِ الدَّارِ كَذَا وَأَنْفَقْتُ عَلَيْهَا. (وَهِيَ خاوِيَةٌ عَلى عُرُوشِها) أَيْ خَالِيَةٌ قَدْ سَقَطَ بَعْضُهَا عَلَى بَعْضٍ، مَأْخُوذٌ مِنْ خَوَتِ النُّجُومُ تَخْوَى خَيًّا أَمْحَلَتْ، وَذَلِكَ إِذَا سَقَطَتْ وَلَمْ تُمْطِرْ فِي نَوْئِهَا. وَأَخْوَتْ مِثْلُهُ. وَخَوَتِ الدَّارُ خَوَاءً أَقْوَتْ، وَكَذَلِكَ إِذَا سَقَطَتْ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَتِلْكَ بُيُوتُهُمْ خاوِيَةً بِما «٢» ظَلَمُوا" وَيُقَالُ: سَاقِطَةٌ، كَمَا يُقَالُ فَهِيَ خَاوِيَةٌ عَلَى عُرُوشِهَا أَيْ سَاقِطَةٌ عَلَى سُقُوفِهَا، فَجَمَعَ عَلَيْهِ بَيْنَ هَلَاكِ الثَّمَرِ وَالْأَصْلِ، وَهَذَا مِنْ أَعْظَمِ الجوانح، مُقَابَلَةً عَلَى بَغْيِهِ. (وَيَقُولُ يَا لَيْتَنِي لَمْ أُشْرِكْ بِرَبِّي أَحَداً) أَيْ يَا لَيْتَنِي عَرَفْتُ نِعَمَ اللَّهِ عَلَيَّ، وَعَرَفْتُ أَنَّهَا كَانَتْ بِقُدْرَةِ اللَّهِ وَلَمْ أَكْفُرْ بِهِ. وَهَذَا نَدَمٌ مِنْهُ حِينَ لَا يَنْفَعُهُ الندم. [[سورة الكهف (١٨) : آية ٤٣]] وَلَمْ تَكُنْ لَهُ فِئَةٌ يَنْصُرُونَهُ مِنْ دُونِ اللَّهِ وَما كانَ مُنْتَصِراً (٤٣) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَمْ تَكُنْ لَهُ فِئَةٌ يَنْصُرُونَهُ مِنْ دُونِ اللَّهِ) " فِئَةٌ" اسم " تَكُنْ" و " لَهُ" الْخَبَرُ. " يَنْصُرُونَهُ" فِي مَوْضِعِ الصِّفَةِ، أَيْ فِئَةٌ نَاصِرَةٌ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ " يَنْصُرُونَهُ" الْخَبَرُ. وَالْوَجْهُ الْأَوَّلُ عِنْدَ سِيبَوَيْهِ أَوْلَى لِأَنَّهُ قَدْ تَقَدَّمَ " لَهُ" . وَأَبُو الْعَبَّاسِ يُخَالِفُهُ، وَيَحْتَجُّ بِقَوْلِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ " وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُواً أَحَدٌ" «٣» . وقد أجاز سيبويه الآخر. و " يَنْصُرُونَهُ" عَلَى مَعْنَى فِئَةٍ، لِأَنَّ مَعْنَاهَا أَقْوَامٌ، وَلَوْ كَانَ عَلَى اللَّفْظِ لَقَالَ وَلَمْ تَكُنْ لَهُ فِئَةً تَنْصُرُهُ، أَيْ فِرْقَةً وَجَمَاعَةً يَلْتَجِئُ إِلَيْهِمْ. (وَما كانَ مُنْتَصِراً) أَيْ مُمْتَنِعًا، قَالَهُ قَتَادَةُ. وَقِيلَ: مُسْتَرِدًّا بَدَلَ مَا ذَهَبَ مِنْهُ. وَقَدْ تَقَدَّمَ اشْتِقَاقُ الْفِئَةِ فِي " آلِ عِمْرَانَ «٤» " . وَالْهَاءُ عوض من الياء التي نقصت
(١). راجع ج ١٨ ص ٢٣٨. (٢). راجع ج ١٣ ص ٢١٦ فما بعد. (٣). راجع ج ٢٠ ص ٣٤٤. فما بعد. (٤). راجع ج ٤ ص ٢٤.

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