Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

qu’elle devienne un terrain glissant ; l’intention véritable est plutôt qu’il n’y subsiste plus la moindre végétation, tout comme une tête complètement rasée sur laquelle ne demeure aucun cheveu, ainsi l’a expliqué al-Qushayrî.

« Ou que son eau devienne un gouffre » : c’est-à-dire qu’elle s’enfonce et disparaisse, de sorte que ce sol, jadis le plus riche en eau, devienne le plus dépourvu de toute humidité. Le terme « ghawr » est ici un nom verbal employé à la place du nom proprement dit, à l’instar des expressions : « un homme ṣawm (de jeûne) », « fiṭr (de rupture) », « ʿadl (de justice) », « riḍā (de satisfaction) », « faḍl (de grâce) », « zūr (de mensonge) », ou « des femmes nūḥ (lamentatrices) » ; il est invariable pour le masculin, le féminin, le duel et le pluriel.

Amr b. Kulthūm a dit :
« Ses étalons restent sans cesse en deuil autour de lui,
Leurs brides ornées, rangés en lignes. »

Un autre poète a dit :
« Fais couler de leurs yeux des larmes continues,
Ô Zubāʿ, réponds-leur par des lamentations, debout ! »
Ici, « nūḥan » signifie « des pleureuses ».

On a encore dit : « Ou que son eau devienne dotée de profondeur » ; le complément a donc été omis, comme dans la parole divine : « Interroge la ville ». C’est l’avis rapporté par an-Naḥḥās.

Al-Kisāʾî dit : « Une eau ghawr ». Le verbe « ghāra al-māʾu » signifie : l’eau s’est enfoncée, et l’on dit aussi « ghīran » ; l’emploi de la hamza est permis du fait de la voyelle originelle de la wāw. « Ghārat ʿaynuhُ » : son œil s’est enfoncé dans l’orbite ; « taghūru » est également attesté. Ainsi dans le vers :
« Son œil s’est-il enfoncé ou non ? »

« Ghārat al-shamsu » : le soleil a disparu à l’horizon. Abū Dhuʾayb a dit :
« Qu’est donc le temps, sinon une seule nuit et son jour,
Sinon le lever du soleil puis son retrait ? »

« Tu ne pourras jamais en rechercher [l’eau] » : tu ne seras pas capable de faire remonter l’eau enfouie, aucune ruse n’y pourra rien. Selon une autre explication : tu ne pourras chercher un autre [bien] en remplacement. C’est à ce point que s’achève le débat et l’avertissement de son compagnon.

« Et l’on cerna son verger… » (Sourate al-Kahf, 18 : 42). La tournure « uḥîṭa bi-thamarihi » est à la voix passive, son agent étant sous-entendu ; il s’agit en réalité d’un masdar (un nom d’action). On peut également considérer le complément introduit par la préposition comme sujet. Le sens est : la totalité de sa richesse fut anéantie ; ainsi Allāh — Exalté soit-Il — concrétisa la menace annoncée par son frère.

« Il se mit donc à se retourner les mains » : c’est-à-dire que le mécréant se mit à frapper l’une de ses mains contre l’autre

أَنَّهَا تَصِيرُ مَزْلَقَةً، بَلِ الْمُرَادُ أَنَّهَا لَا يبقى فيها نبات كالرأس إذا حللا يَبْقَى عَلَيْهِ شَعْرٌ، قَالَهُ الْقُشَيْرِيُّ. (أَوْ يُصْبِحَ ماؤُها غَوْراً) أَيْ غَائِرًا ذَاهِبًا، فَتَكُونُ أَعْدَمَ أَرْضٍ لِلْمَاءِ بَعْدَ أَنْ كَانَتْ أَوْجَدَ أَرْضٍ لِلْمَاءِ. وَالْغَوْرُ مَصْدَرٌ وُضِعَ مَوْضِعَ الِاسْمِ، كَمَا يُقَالُ: رَجُلٌ صَوْمٌ وَفِطْرٌ وَعَدْلٌ وَرِضًا وَفَضْلٌ وَزُورٌ وَنِسَاءٌ نَوْحٌ، وَيَسْتَوِي فِيهِ الْمُذَكَّرُ وَالْمُؤَنَّثُ وَالتَّثْنِيَةُ وَالْجَمْعُ. قَالَ عَمْرُو بْنُ كُلْثُومٍ: تَظَلُّ جِيَادُهُ نَوْحًا عَلَيْهِ ... مُقَلَّدَةً أَعِنَّتُهَا صُفُونًا آخَرُ: هَرِيقِي مِنْ دُمُوعِهِمَا سِجَامًا ... ضُبَاعُ وَجَاوِبِي نَوْحًا قِيَامًا أَيْ نَائِحَاتٍ. وَقِيلَ: أَوْ يُصْبِحَ مَاؤُهَا ذا غور، فحذف المضاف، مثل " وَسْئَلِ الْقَرْيَةَ «١» " ذَكَرَهُ النَّحَّاسُ. وَقَالَ الْكِسَائِيُّ: مَاءٌ غَوْرٌ. وقد غار الماء يغور غورا وغئورا، أَيْ سَفُلَ فِي الْأَرْضِ، وَيَجُوزُ الْهَمْزَةُ لِانْضِمَامِ الواو. وغارت عينه تغور غورا وغئورا، دَخَلَتْ فِي الرَّأْسِ. وَغَارَتْ تَغَارُ لُغَةٌ فِيهِ. وَقَالَ: أَغَارَتْ عَيْنُهُ أَمْ لَمْ تَغَارَا وَغَارَتِ الشَّمْسُ تَغُورُ غِيَارًا، أَيْ غَرَبَتْ. قَالَ أَبُو ذُؤَيْبٍ: هَلِ الدَّهْرُ إِلَّا لَيْلَةً وَنَهَارُهَا ... وَإِلَّا طُلُوعُ الشَّمْسِ ثُمَّ غِيَارُهَا (فَلَنْ تَسْتَطِيعَ لَهُ طَلَباً) أَيْ لَنْ تَسْتَطِيعَ رَدَّ الْمَاءِ الْغَائِرِ، وَلَا تَقْدِرُ عَلَيْهِ بِحِيلَةٍ. وَقِيلَ: فَلَنْ تَسْتَطِيعَ طَلَبَ غَيْرِهِ بَدَلًا مِنْهُ. وَإِلَى هَذَا الْحَدِيثِ انتهت مناظرة أخيه وإنذاره. [[سورة الكهف (١٨) : آية ٤٢]] وَأُحِيطَ بِثَمَرِهِ فَأَصْبَحَ يُقَلِّبُ كَفَّيْهِ عَلى مَا أَنْفَقَ فِيها وَهِيَ خاوِيَةٌ عَلى عُرُوشِها وَيَقُولُ يا لَيْتَنِي لَمْ أُشْرِكْ بِرَبِّي أَحَداً (٤٢) قوله تعالى: وَأُحِيطَ بِثَمَرِهِ اسْمُ مَا لَمْ يُسَمَّ فَاعِلُهُ مُضْمَرٌ، وَهُوَ الْمَصْدَرُ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْمَخْفُوضُ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ. وَمَعْنَى " أُحِيطَ بِثَمَرِهِ" أَيْ أُهْلِكُ مَالُهُ كُلُّهُ. وَهَذَا أَوَّلُ مَا حَقَّقَ اللَّهُ تَعَالَى به إنذار أخيه. (فَأَصْبَحَ يُقَلِّبُ كَفَّيْهِ) أي فأصبح الكافر يضرب إحدى
(١). راجع ج ٩ ص ٢٤٥ فما بعد.

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