Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Allah, exalté soit-Il, dit :

« Si tu me vois, moi, moins pourvu que toi en biens et en enfants… »

« In (si) » est une particule conditionnelle ; « tarani (tu me vois) » est au jussif car introduit par elle, et la réponse à la condition est : « faʿasâ rabbî (il se peut que mon Seigneur…) ». Quant au pronom « anâ (moi) », il sert ici de fâṣilah (mot de coupure) et n’a donc pas de fonction syntaxique. On peut toutefois le considérer à la place de l’accusatif, comme redondance de la nûn et du yâ’. ʿÎsâ b. ʿUmar a récité : « in tarani anâ aqalla minka » avec élévation (rafʿ), prenant « anâ » pour sujet et « aqalla » pour prédicat ; l’ensemble constitue alors le second complément d’objet, le premier étant la nûn et le yâ’, la voyelle kasra indiquant la yâ’ élidée. Maintenir ce yâ’ serait correct et conforme à la forme originelle, puisqu’il s’agit du nom véritablement énoncé.

« Faʿasâ » a ici le sens de « laʿalla », c’est-à-dire : « Il se peut donc que mon Seigneur… »

« qu’Il m’accorde quelque chose de meilleur que ton jardin » : certains disent dans l’au-delà ; d’autres, ici-bas.

« et qu’Il envoie contre elle » – c’est-à-dire contre ton jardin –

« ḥusbânan » : des projectiles tombant du ciel ; singulier : ḥusbânah, selon l’Akhfash, al-Qutaybî et Abû ʿUbaydah. Ibn al-Aʿrâbî dit : al-ḥusbânah désigne le nuage ; al-ḥusbânah, l’oreiller ; al-ḥusbânah, la foudre. Al-Jawharî dit : al-ḥusbân (avec ḍamma) signifie le châtiment. Abû Ziyâd al-Kilâbî dit : « La terre fut frappée d’un ḥusbân », c’est-à-dire d’une invasion de sauterelles. Al-ḥusbân signifie aussi le calcul ; Allah – Très-Haut – dit : « Le soleil et la lune [évoluent] selon un calcul précis ». D’aucuns ont interprété le terme ici dans ce sens.

Az-Zajjâj déclare : al-ḥusbân vient de al-ḥisâb (le compte), c’est-à-dire : Il fera descendre sur elle le châtiment du compte, à savoir le compte de ce que tes mains ont acquis – tournure où le mudâf est sous-entendu.

Al-ḥusbân désigne encore de courtes flèches tirées d’un seul trait, maniées jadis par les rois sassanides ; les « projectiles venus du ciel » symbolisent donc un châtiment.

« de sorte qu’au matin elle devienne un sol aride, glissant » : une terre blanche où nulle plante ne pousse et où le pied ne tient pas ; elle devient la plus stérile des terres après avoir été, en tant que jardin, la plus fertile. Le terme « zalqan » confirme la description du « ṣaʿîd » : les pas y glissent en raison de sa surface lisse.

On dit : makânun zalakun (avec la lâm voyellée), c’est-à-dire un lieu glissant (dahḍ). À l’origine, il s’agit du masdar du verbe « zaliqat rijluhu tazliqu zalqan » : « son pied a glissé, glisser » ; « azlaqahâ ghayruhu » : « quelqu’un d’autre l’a fait glisser ». Az-zalq désigne aussi les hanches d’une monture ; Ru’bah a dit :

« On dirait qu’elle est une bête au large bassin, blanche, au postérieur zalq. »

Al-mazlaqat et al-muzlaqat : le lieu où le pied ne tient pas, tout comme az-zallâqah. Az-zalq signifie également « rasage » : « zalqa ra’sahu yazluqu zalqan » : « il a rasé sa tête », dit al-Jawharî. Az-zaliq veut dire « rasé », de même que an-naqḍ et an-naqad. Or, l’intention n’est pas

قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنْ تَرَنِ أَنَا أَقَلَّ مِنْكَ مَالًا وَوَلَداً) " إِنْ" شَرْطٌ " تَرَنِ" مَجْزُومٌ بِهِ، والجواب " فَعَسى رَبِّي" و " أَنَا" فَاصِلَةٌ لَا مَوْضِعَ لَهَا مِنَ الْإِعْرَابِ. وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ تَوْكِيدًا لِلنُّونِ وَالْيَاءِ. وَقَرَأَ عِيسَى بْنُ عُمَرَ " إِنْ تَرَنِ أَنَا أَقَلَّ مِنْكَ" بِالرَّفْعِ، يَجْعَلُ " أَنَا" مُبْتَدَأً و " أَقَلَّ" خَبَرَهُ، وَالْجُمْلَةُ فِي مَوْضِعِ الْمَفْعُولِ الثَّانِي، وَالْمَفْعُولُ الْأَوَّلُ النُّونُ وَالْيَاءُ، إِلَّا أَنَّ الْيَاءَ حُذِفَتْ لِأَنَّ الْكَسْرَةَ تَدُلُّ عَلَيْهَا، وَإِثْبَاتُهَا جَيِّدٌ بَالِغٌ وهو الأصل لأنها الاسم على الحقيقة. و (فَعَسى) بِمَعْنَى لَعَلَّ أَيْ فَلَعَلَّ رَبِّي. (أَنْ يُؤْتِيَنِ خَيْراً مِنْ جَنَّتِكَ) أَيْ فِي الْآخِرَةِ. وَقِيلَ فِي الدُّنْيَا. (وَيُرْسِلَ عَلَيْها) أَيْ عَلَى جَنَّتِكَ. (حُسْباناً) أَيْ مَرَامِي مِنَ السَّمَاءِ، وَاحِدُهَا حُسْبَانَةٌ، قَالَهُ الْأَخْفَشُ وَالْقُتَبِيُّ وَأَبُو عُبَيْدَةَ. وَقَالَ ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ: وَالْحُسْبَانَةُ السَّحَابَةُ، وَالْحُسْبَانَةُ الْوِسَادَةُ، وَالْحُسْبَانَةُ الصَّاعِقَةُ. وَقَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَالْحُسْبَانُ (بِالضَّمِّ) : الْعَذَابُ. وَقَالَ أَبُو زِيَادٍ الْكِلَابِيُّ: أَصَابَ الْأَرْضَ حُسْبَانٌ أَيْ جَرَادٌ. وَالْحُسْبَانُ أَيْضًا الْحِسَابُ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " الشَّمْسُ وَالْقَمَرُ بِحُسْبانٍ «١» " وَقَدْ فُسِّرَ الْحُسْبَانُ هُنَا بِهَذَا. قَالَ الزَّجَّاجُ: الْحُسْبَانُ مِنَ الْحِسَابِ، أَيْ يُرْسِلُ عَلَيْهَا عَذَابُ الْحِسَابِ، وَهُوَ حِسَابُ مَا اكْتَسَبَتْ يَدَاكَ، فَهُوَ مِنْ بَابِ حَذْفِ الْمُضَافِ. وَالْحُسْبَانُ أَيْضًا: سِهَامٌ قِصَارٌ يُرْمَى بِهَا فِي طَلْقٍ وَاحِدٍ، وَكَانَ مِنْ رَمْيِ الْأَكَاسِرَةِ. وَالْمَرَامِي مِنَ السَّمَاءِ عَذَابٌ. " فَتُصْبِحَ صَعِيداً زَلَقاً" يَعْنِي أَرْضًا بَيْضَاءَ لَا يَنْبُتُ فِيهَا نَبَاتٌ وَلَا يَثْبُتُ عَلَيْهَا قَدَمٌ، وَهِيَ أَضَرُّ أَرْضٍ بَعْدَ أَنْ كانت جنة أنفع أرض، و " زَلَقاً" تأكيد لوصف الصعيد، أي وتزل عَنْهَا الْأَقْدَامُ لِمَلَاسَتِهَا. يُقَالُ: مَكَانٌ زَلَقٌ (بِالتَّحْرِيكِ) أَيْ دَحْضٌ، وَهُوَ فِي الْأَصْلِ مَصْدَرُ قَوْلِكَ: زَلِقَتْ رِجْلُهُ تَزْلَقُ زَلَقًا، وَأَزْلَقَهَا غَيْرُهُ. وَالزَّلَقُ أَيْضًا عَجُزُ الدَّابَّةِ. قَالَ رُؤْبَةُ: كَأَنَّهَا حَقْبَاءُ بَلْقَاءُ الزَّلَقُ وَالْمَزْلَقَةُ وَالْمُزْلَقَةُ: الْمَوْضِعُ الَّذِي لَا يَثْبُتُ عَلَيْهِ قَدَمٌ. وَكَذَلِكَ الزَّلَّاقَةُ. وَالزَّلْقُ الْحَلْقُ، زلق رأسه يزلقه زلقا حلقه، قال الْجَوْهَرِيُّ. وَالزَّلِقُ الْمَحْلُوقُ، كَالنَّقْضِ وَالنَّقَضُ. وَلَيْسَ الْمُرَادُ
(١). راجع ج ١٧ ١٥٢.

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