Son propos sous-entend que l’autre frère était polythéiste : il associait à Allah, glorifié soit-Il, et adorait une autre divinité que Lui. Il se peut toutefois qu’il ait voulu dire : « Je ne considère la richesse et la pauvreté que comme provenant de Lui ; je sais que, s’Il voulait dépouiller le possesseur de ce bas-monde de sa fortune, Il en serait capable, et c’est Lui qui m’a accordé la pauvreté. » Il se peut encore qu’il ait voulu nier la Résurrection, ce qui reviendrait à prétendre qu’Allah – qu’Il soit exalté – en est incapable ; or, déclarer le Seigneur – qu’Il soit glorifié et exalté – impuissant revient à Le comparer à Ses créatures : c’est là de l’association (chirk).
[Coran, sourate al-Kahf (18), versets 39 à 41]
« Et si, en entrant dans ton jardin, tu avais dit : “Ce qu’Allah a voulu ! Il n’est de puissance que par Allah.” — Il se peut que tu me voies moins pourvu que toi en biens et en enfants (39) — peut-être mon Seigneur me donnera-t-Il quelque chose de meilleur que ton jardin, ou bien Il enverra contre lui du ciel un fléau qui le réduira en une poussière glissante (40), ou son eau s’enfoncera dans la terre et tu ne pourras plus la retrouver (41). »
Parole du Très-Haut :
« Et si, en entrant dans ton jardin, tu avais dit : “Ce qu’Allah a voulu ! Il n’est de puissance que par Allah.” »
Ces paroles soulèvent deux questions.
Première question :
Dans l’expression divine : « Et si, en entrant dans ton jardin, tu avais dit : “Ce qu’Allah a voulu ! Il n’est de puissance que par Allah.” », il faut entendre également « par le cœur ». Il s’agit d’un blâme, d’une exhortation adressée par le croyant au mécréant et d’une réfutation de ses propos lorsqu’il avait déclaré : « Je ne pense pas que ce jardin périsse jamais. »
Le mot « mâ » se trouve ici au nominatif ; le sens implicite est : « Ce jardin est ce qu’Allah a voulu. »
Al-Zajjâj et al-Farrâ’ disent : « Le fait est ce qu’Allah a voulu » ou « Il est ce qu’Allah a voulu », c’est-à-dire : la réalité relève de la volonté d’Allah, exalté soit-Il.
D’autres ont dit : la réponse est sous-entendue ; c’est à savoir : « Ce qu’Allah veut arrive, et ce qu’Il ne veut pas n’advient pas. »
« Il n’est de puissance que par Allah » : tout ce qui s’est réuni pour toi comme biens l’a été par la capacité et la puissance d’Allah – non par la tienne ; s’Il avait voulu en retirer la bénédiction, ils ne se seraient pas amassés.
Deuxième question :
Ashhab rapporte que Mâlik a dit : « Il convient à quiconque entre dans sa demeure de prononcer cette formule. »
Ibn Wahb rapporte de Ḥafṣ ibn Maysara : « J’ai vu inscrit sur la porte de Wahb ibn Munabbih : “Ce qu’Allah a voulu ! Il n’est de puissance que par Allah.” »
Il est rapporté du Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – qu’il dit à Abû Hurayra : « Ne t’indiquerais-je pas une parole faisant partie des trésors du Paradis – ou bien un trésor parmi les trésors du Paradis ? »
Je répondis : « Bien sûr, ô Messager d’Allah. »
Il dit : « “La ḥawla wa-lā quwwata illā bi-Llāh.” Lorsqu’un serviteur prononce cette formule, Allah – Puissant et Majestueux – dit : “Mon serviteur s’est soumis et a reconnu Sa totale dépendance envers Moi.” »
(Rapporté par Muslim).