Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La vie d’ici-bas, lorsqu’au final elle débouche sur un pareil sort, n’a plus aucune valeur. Puis on lui montra les demeures du mécréant en Géhenne, et il déclara :
« Par Ta puissance ! rien de ce qu’il aura obtenu en ce bas-monde ne lui sera d’aucune utilité si son issue est celle-ci. »
Par la suite, Allah – Très-Haut – rappela à Lui le croyant et fit périr le mécréant par un châtiment venant de Lui. Lorsque le croyant eut pris place au Paradis et qu’il contempla ce qu’Allah lui avait préparé, lui et ses compagnons se mirent à s’interroger. Il dit alors :
« J’avais un compagnon
qui me disait : “Es-tu vraiment de ceux qui croient ?” »
[verset].
Un héraut proclama alors : « Ô gens du Paradis ! Voulez-vous regarder ? » Il regarda donc vers la Géhenne et l’aperçut au cœur même de la Fournaise. C’est à ce propos que fut révélé : « Et propose-leur l’exemple… »
Ainsi, Allah – exalté soit-Il – décrivit, dans cette sourate, la situation des deux frères ici-bas, et Il exposa leur situation dans l’Au-delà dans la sourate « As-Sâffât », dans Ses paroles : « J’avais un compagnon… qui me disait : “Es-tu vraiment de ceux qui adhèrent [à la vérité] ?” » jusqu’à Sa parole : « Pour une chose semblable à celle-ci, qu’agissent donc les agents. »
Ibn ‘Atiyya rapporte : Ibrâhîm ibn al-Qâsim al-Kâtib écrit, dans son livre « Les Merveilles des contrées », que le lac de Tinnîs correspondait à ces deux jardins. Ils appartenaient à deux frères ; l’un d’eux vendit sa part à l’autre et dépensa [ce qu’il en reçut] dans l’obéissance à Allah, tandis que l’autre changea [d’attitude]. Un échange de propos eut lieu entre eux, et Allah, exalté soit-Il, engloutit ces jardins en une seule nuit ; c’est d’eux que parle ce verset.
On a encore avancé qu’il s’agit d’une parabole qu’Allah – Très-Haut – a proposée à cette communauté et non d’un récit d’un fait antérieur, afin qu’elle se détache de la vie d’ici-bas, aspire à l’Au-delà et y voie un avertissement et une admonition ; version rapportée par al-Mâwardî. Toutefois, le déroulement même du verset laisse entendre le contraire, et Allah est plus Savant.
Quant à Sa parole : « Nous les avons entourés de palmiers », c’est-à-dire que Nous les avons cernés, sur leurs côtés, de palmiers. Al-ḥifâf désigne le côté, et son pluriel est aḥiffa. On dit : « ḥaffa al-qawmu bi-fulân – ils se massèrent autour d’untel », d’où l’expression « ḥâffîna ḥawla al-‘Arsh – qui tournent autour du Trône ».
« Et Nous avons mis entre eux un champ semé » : Nous avons placé les palmiers autour des vignes, et, au milieu des vignes, les cultures.
« Chacun des deux jardins » : c’est-à-dire chacun des deux domaines ; « donnait sa récolte » pleinement, c’est pourquoi Il n’a pas dit « An-nâ ».
Les grammairiens ont divergé au sujet des vocables « kilta » et « kilâ » : sont-ils des mots singuliers ou des formes du duel ? Les savants de Bassora affirment qu’il s’agit d’un nom singulier, car « kilâ » et « kilta », lorsqu’ils confirment le nombre deux, jouent le même rôle que « kullun » pour le pluriel ; c’est donc un nom singulier et non duel. Lorsqu’il est suivi d’un nom exprimé, il demeure identique au nominatif, à l’accusatif et au génitif : « ra’aytu kilâ ar-rajulayni », « jâ’anî kilâ ar-rajulayni », « marartu bi-kilâ ar-rajulayni ». Mais lorsqu’il est suivi d’un pronom, l’alif se change en yâ’ aux cas génitif et accusatif : « … »

الدُّنْيَا بَعْدَ مَا يَكُونُ مَصِيرُهُ إِلَى هَذَا، وَأَرَاهُ مَنَازِلَ الْكَافِرِ فِي جَهَنَّمَ فَقَالَ: وَعِزَّتِكَ لَا يَنْفَعُهُ مَا أَصَابَهُ مِنَ الدُّنْيَا بَعْدَ أَنْ يَكُونَ مَصِيرُهُ إِلَى هَذَا. ثُمَّ إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى تَوَفَّى الْمُؤْمِنَ وَأَهْلَكَ الْكَافِرَ بِعَذَابٍ مِنْ عِنْدِهِ، فَلَمَّا اسْتَقَرَّ الْمُؤْمِنُ فِي الْجَنَّةِ وَرَأَى مَا أَعَدَّ اللَّهُ لَهُ أَقْبَلَ هُوَ وَأَصْحَابُهُ يَتَسَاءَلُونَ، فَقَالَ: " إِنِّي كانَ لِي قَرِينٌ." يَقُولُ أَإِنَّكَ لَمِنَ الْمُصَدِّقِينَ «١» الْآيَةَ، فَنَادَى مُنَادٍ: يَا أَهْلَ الْجَنَّةِ! هَلْ أَنْتُمْ مُطَّلِعُونَ فَاطَّلَعَ إِلَى جَهَنَّمَ فَرَآهُ فِي سَوَاءِ الْجَحِيمِ، فَنَزَلَتْ " وَاضْرِبْ لَهُمْ مَثَلًا" . بَيَّنَ اللَّهُ تَعَالَى حَالَ الْأَخَوَيْنِ فِي الدُّنْيَا فِي هَذِهِ السُّورَةِ، وَبَيَّنَ حَالَهُمَا فِي الْآخِرَةِ فِي سُورَةِ " الصَّافَّاتِ" فِي قول " إِنِّي كانَ لِي قَرِينٌ. يَقُولُ أَإِنَّكَ لَمِنَ الْمُصَدِّقِينَ" - إِلَى قَوْلِهِ- " لِمِثْلِ هَذَا فَلْيَعْمَلِ الْعامِلُونَ" . قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَذَكَرَ إِبْرَاهِيمُ بْنُ الْقَاسِمِ الْكَاتِبُ فِي كِتَابِهِ فِي عَجَائِبَ الْبِلَادِ أَنَّ بُحَيْرَةَ تِنِّيسَ كَانَتْ هَاتَيْنِ الْجَنَّتَيْنِ، وَكَانَتَا لِأَخَوَيْنِ فَبَاعَ أَحَدُهُمَا نَصِيبَهُ مِنَ الْآخَرِ فَأَنْفَقَ فِي طاعة الله حتى غيره الْآخَرُ، وَجَرَتْ بَيْنَهُمَا الْمُحَاوَرَةُ فَغَرَّقَهَا اللَّهُ تَعَالَى فِي لَيْلَةٍ، وَإِيَّاهَا عَنَى بِهَذِهِ الْآيَةِ. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ هَذَا مَثَلٌ ضَرَبَهُ اللَّهُ تَعَالَى لِهَذِهِ الْأُمَّةِ، وَلَيْسَ بِخَبَرٍ عَنْ حَالٍ مُتَقَدِّمَةٍ، لِتَزْهَدَ فِي الدُّنْيَا وَتَرْغَبَ فِي الْآخِرَةِ، وَجَعَلَهُ زَجْرًا وَإِنْذَارًا، ذَكَرَهُ الْمَاوَرْدِيُّ. وَسِيَاقُ الْآيَةِ يَدُلُّ عَلَى خِلَافِ هَذَا، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَحَفَفْناهُما بِنَخْلٍ" أَيْ أَطَفْنَاهُمَا مِنْ جَوَانِبِهِمَا بِنَخْلٍ. وَالْحِفَافُ الْجَانِبُ، وَجَمْعُهُ أَحِفَّةٌ، وَيُقَالُ: حَفَّ الْقَوْمُ بِفُلَانٍ يَحُفُّونَ حَفًّا، أَيْ طَافُوا بِهِ، وَمِنْهُ " حَافِّينَ مِنْ حَوْلِ الْعَرْشِ «٢» " (وَجَعَلْنا بَيْنَهُما زَرْعاً) أَيْ جَعَلْنَا حَوْلَ الْأَعْنَابِ النَّخْلَ، وَوَسَطَ الْأَعْنَابِ الزَّرْعَ. (كِلْتَا الْجَنَّتَيْنِ) أَيْ كُلُّ وَاحِدَةٍ مِنَ الْجَنَّتَيْنِ، (آتَتْ أُكُلَها) تَامًّا، وَلِذَلِكَ لَمْ يَقُلْ آتنا. وَاخْتُلِفَ فِي لَفْظِ " كِلْتَا وَكِلَا" هَلْ هُوَ مُفْرَدٌ أَوْ مُثَنًّى، فَقَالَ أَهْلُ الْبَصْرَةِ: هُوَ مُفْرَدٌ، لِأَنَّ كِلَا وَكِلْتَا فِي تَوْكِيدِ الِاثْنَيْنِ نَظِيرُ " كُلٍّ" فِي الْمَجْمُوعِ، وَهُوَ اسْمٌ مُفْرَدٌ غَيْرُ مُثَنًّى، فَإِذَا وَلِيَ «٣» اسْمًا ظَاهِرًا كَانَ فِي الرَّفْعِ وَالنَّصْبِ وَالْخَفْضِ عَلَى حَالَةٍ وَاحِدَةٍ، تَقُولُ: رَأَيْتُ كِلَا الرَّجُلَيْنِ وَجَاءَنِي كِلَا الرَّجُلَيْنِ وَمَرَرْتُ بِكِلَا الرَّجُلَيْنِ، فَإِذَا اتَّصَلَ بِمُضْمَرٍ قُلِبَتِ الْأَلِفُ يَاءً فِي مَوْضِعِ الْجَرِّ وَالنَّصْبِ، تَقُولُ:
(١). راجع ج ١٥ ص ٨١ فما بعد. (٢). راجع ج ١٥ ص ٨٤ ٢ فما بعد. (٣). كذا في الأصول والصحاح للجوهري وقد نقله عنه صاحب اللسان. وكان الاولى أنى قال:" فإذا وليه اسم ظاهر ... ".

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