Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« — Tu fais donc partie, toi aussi, de ces crédules ! Pour ma part, je ne pense nullement que l’Heure adviendra, et je ne te vois que comme un insensé. La seule rétribution que tu mérites chez moi pour ta sottise, c’est d’être privé de tout. Ne vois-tu donc pas ce que j’ai réalisé avec ma fortune, jusqu’à parvenir à l’aisance et à l’opulence que tu constates ? C’est que, moi, j’ai su acquérir, tandis que toi tu as agi follement. Va-t-en loin de moi !

Vint ensuite, à propos de ce riche, ce qu’Allâh — Très-Haut soit-Il — mentionna dans le Coran : l’anéantissement total de ses récoltes, qu’un fléau céleste ravagea de fond en comble. Al-Thaʿlabî rapporte cette même histoire sous une autre forme, mais avec un sens équivalent.

ʿAṭâʾ a dit : « Ils étaient associés et disposaient de huit mille dînars. »

D’autres ont rapporté : ils reçurent cet argent en héritage de leur père ; c’étaient deux frères qui se le partagèrent. L’un d’eux acheta une terre pour mille dînars. Son compagnon dit alors : « Ô Allâh, Untel vient d’acheter une terre pour mille dînars, et moi j’acquiers, auprès de Toi, une terre au Paradis pour mille dînars », puis il donna cette somme en aumône.

Plus tard, l’autre bâtit une maison pour mille dînars. Il dit : « Ô Allâh, Untel a bâti une demeure pour mille dînars, et moi j’achète de Toi une demeure au Paradis pour mille dînars », et il fit l’aumône de cette somme. Puis il épousa une femme et dépensa pour elle mille dînars ; il dit : « Ô Allâh, Untel a pris épouse pour mille dînars, et moi je Te demande, pour mille dînars, une épouse parmi les femmes du Paradis », et il donna ces mille dînars en aumône. Ensuite il acquit des serviteurs et du mobilier pour mille dînars, et il déclara : « Ô Allâh, Untel vient d’acheter serviteurs et biens pour mille dînars, et moi j’achète auprès de Toi des serviteurs et des biens du Paradis pour mille dînars », puis il versa cette somme en aumône.

Quand il fut atteint par une grande pauvreté, il se dit : « Peut-être mon compagnon me fera-t-il bénéficier de sa générosité. » Il se rendit donc auprès de lui, qui lui demanda : « Qu’as-tu fait de ton argent ? » Il lui conta alors son histoire. Il répondit : « Et tu es vraiment de ceux qui croient à ce récit ? Par Allâh, je ne te donnerai rien ! » Puis il ajouta : « Toi, tu adores le Dieu du ciel, alors que moi je n’adore qu’une idole. »

Son compagnon dit : « Par Allâh, je vais tout de même l’exhorter », et il lui adressa rappels et admonestations, le mettant en garde.

L’autre proposa : « Allons pêcher ; celui qui rapportera la plus grosse prise sera dans le vrai. » Il lui répondit : « Ô mon frère, la vie d’ici-bas est trop insignifiante, auprès d’Allâh, pour qu’Il en fasse la récompense d’un bienfaiteur ou la punition d’un mécréant. »

Il le contraignit néanmoins à l’accompagner. Allâh les éprouva : le mécréant lançait son filet en invoquant le nom de son idole, et il le retirait débordant de poissons ; le croyant jetait le sien en prononçant le Nom d’Allâh et n’y trouvait rien.

Le mécréant lui dit alors : « Vois-tu ? Je jouis sur terre d’un plus grand lot, d’un rang plus élevé et d’un entourage plus nombreux ; de même, je serai meilleur que toi dans l’au-delà, si ce que tu prétends est vrai. »

L’ange préposé à eux s’écria, et Allâh — qu’Il soit exalté — ordonna à Jibrîl de le prendre et de le conduire aux Jardins, afin de lui montrer les demeures qui y sont réservées au croyant. Quand il vit ce qu’Allâh avait préparé pour celui-ci, il s’écria : « Par Ta puissance, rien de ce qu’il a obtenu ici-bas ne pourra jamais lui nuire… »

لَمِنَ الْمُصَدِّقِينَ، مَا أَظُنُّ السَّاعَةَ قَائِمَةً وَمَا أَرَاكَ إِلَّا سَفِيهًا، وَمَا جَزَاؤُكَ عِنْدِي عَلَى سفاهتك إلا الحرمان، أو ما تَرَى مَا صَنَعْتُ أَنَا بِمَالِي حَتَّى آلَ إِلَى مَا تَرَاهُ مِنَ الثَّرْوَةِ وَحُسْنِ الْحَالِ، وَذَلِكَ أَنِّي كَسَبْتُ وَسَفِهْتَ أَنْتَ، اخْرُجْ عَنِّي. ثُمَّ كَانَ مِنْ قِصَّةِ هَذَا الْغَنِيِّ مَا ذَكَرَهُ اللَّهُ تَعَالَى فِي الْقُرْآنِ مِنَ الْإِحَاطَةِ بِثَمَرِهِ وَذَهَابِهَا أَصْلًا بِمَا أَرْسَلَ عَلَيْهَا مِنَ السَّمَاءِ مِنَ الْحُسْبَانِ. وَقَدْ ذَكَرَ الثَّعْلَبِيُّ هَذِهِ الْقِصَّةَ بِلَفْظٍ آخَرَ، وَالْمَعْنَى مُتَقَارِبٌ. قَالَ عَطَاءٌ: كَانَا شَرِيكَيْنِ لَهُمَا ثَمَانِيَةُ آلَافِ دِينَارٍ. وَقِيلَ: وَرِثَاهُ مِنْ أَبِيهِمَا وَكَانَا أَخَوَيْنِ فَاقْتَسَمَاهَا، فَاشْتَرَى أَحَدُهُمَا أَرْضًا بِأَلْفِ دِينَارٍ، فَقَالَ صَاحِبُهُ: اللَّهُمَّ إِنَّ فُلَانًا قَدِ اشْتَرَى أَرْضًا بِأَلْفِ دِينَارٍ وَإِنِّي اشْتَرَيْتُ مِنْكَ أَرْضًا فِي الْجَنَّةِ بِأَلْفِ دِينَارٍ فَتَصَدَّقَ بِهَا، ثُمَّ إِنَّ صَاحِبَهُ بَنَى دَارًا بِأَلْفِ دِينَارٍ فَقَالَ: اللَّهُمَّ إِنَّ فُلَانًا بَنَى دَارًا بِأَلْفِ دِينَارٍ وَإِنِّي أَشْتَرِي مِنْكَ دارا في الجنة بألف دينار، فتصدق [بألف «١» دينار [، بِهَا ثُمَّ تَزَوَّجَ امْرَأَةً فَأَنْفَقَ عَلَيْهَا أَلْفَ دِينَارٍ، فَقَالَ: اللَّهُمَّ إِنَّ فُلَانًا تَزَوَّجَ امْرَأَةً بِأَلْفِ دِينَارٍ وَإِنِّي أَخْطُبُ إِلَيْكَ مِنْ نِسَاءِ الْجَنَّةِ بِأَلْفِ دِينَارٍ، فَتَصَدَّقَ بِأَلْفِ دِينَارٍ. ثُمَّ اشْتَرَى خَدَمًا وَمَتَاعًا بِأَلْفِ دِينَارٍ، وَإِنِّي أَشْتَرِي مِنْكَ خَدَمًا وَمَتَاعًا مِنَ الْجَنَّةِ بِأَلْفِ دِينَارٍ، فَتَصَدَّقَ بِأَلْفِ دِينَارٍ. ثُمَّ أَصَابَتْهُ حَاجَةٌ شَدِيدَةٌ فَقَالَ: لَعَلَّ صَاحِبِي يَنَالُنِي مَعْرُوفُهُ فَأَتَاهُ فَقَالَ: ما فعل ما لك؟ فَأَخْبَرَهُ قِصَّتَهُ فَقَالَ: وَإِنَّكَ لَمِنَ الْمُصَدِّقِينَ بِهَذَا الْحَدِيثِ وَاللَّهِ لَا أُعْطِيكَ شَيْئًا ثُمَّ قَالَ لَهُ: أَنْتَ تَعْبُدُ إِلَهَ السَّمَاءِ، وَأَنَا لَا أَعْبُدُ إِلَّا صَنَمًا، فَقَالَ صَاحِبُهُ: وَاللَّهِ لَأَعِظَنَّهُ، فَوَعَظَهُ وَذَكَّرَهُ وَخَوَّفَهُ. فَقَالَ: سِرْ بِنَا نَصْطَدِ السَّمَكَ، فَمَنْ صَادَ أَكْثَرَ فَهُوَ عَلَى حَقٍّ، فَقَالَ لَهُ: يَا أَخِي إِنَّ الدُّنْيَا أَحْقَرُ عِنْدَ اللَّهِ مِنْ أَنْ يَجْعَلَهَا ثَوَابًا لِمُحْسِنٍ أَوْ عِقَابًا لِكَافِرٍ. قَالَ: فَأَكْرَهَهُ عَلَى الْخُرُوجِ مَعَهُ، فَابْتَلَاهُمَا اللَّهُ، فَجَعَلَ الْكَافِرُ يَرْمِي شَبَكَتَهُ وَيُسَمِّي بِاسْمِ صَنَمِهِ، فَتَطْلُعُ مُتَدَفِّقَةً سَمَكًا. وَجَعَلَ الْمُؤْمِنُ يَرْمِي شَبَكَتَهُ وَيُسَمِّي بِاسْمِ اللَّهِ فَلَا يطلع له فيها شي، فَقَالَ لَهُ: كَيْفَ تَرَى أَنَا أَكْثَرُ مِنْكَ فِي الدُّنْيَا نَصِيبًا وَمَنْزِلَةً وَنَفَرًا، كَذَلِكَ أَكُونُ أَفْضَلَ مِنْكَ فِي الْآخِرَةِ إِنْ كَانَ مَا تَقُولُ بِزَعْمِكَ حَقًّا. قَالَ: فَضَجَّ الْمَلَكُ الْمُوَكَّلُ بِهِمَا، فَأَمَرَ اللَّهُ تَعَالَى جِبْرِيلَ أَنْ يَأْخُذَهُ فَيَذْهَبَ بِهِ إِلَى الْجِنَانِ فَيُرِيَهُ مَنَازِلَ الْمُؤْمِنِ فِيهَا، فَلَمَّا رَأَى مَا أَعَدَّ اللَّهُ لَهُ قَالَ: وَعِزَّتِكَ لَا يَضُرُّهُ مَا نَالَهُ مِنَ
(١). من ج وى

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