Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Je dis : Il est rapporté dans les ouvrages authentiques – et Abou ‘Amr ibn al-‘Alâ’ a affirmé que son singulier est « iswâr ».

Les exégètes ont dit : puisque les bracelets et les diadèmes constituent, ici-bas, des parures prisées, Allah – exalté soit-Il – les a accordés aux gens du Paradis.

Parole du Très-Haut :

« Et ils porteront des habits verts, de fin satin (sundus) et de brocart (istabraq). »

Le sundus est une étoffe légère et délicate ; son singulier est « sundusah », d’après al-Kisâ’î.

Quant à l’istabraq, c’est la partie épaisse de cette étoffe – selon ‘Ikrima – et c’est de la soie.

Le poète a dit :
« Tu les vois tantôt vêtues des manteaux rituels,
Tantôt le brocart de soie (istabraq) sert de parure. »
Ainsi, l’istabraq est le brocart.

Ibn Bahr a dit : c’est un tissu tissé avec de l’or.
Al-Qutaybî a indiqué : c’est un terme persan arabisé.
Al-Jawharî a précisé : son diminutif est « ubayriq ».
D’autres l’ont rattaché à la racine « barq » (brillance).
L’avis correct est qu’il s’agit d’une correspondance entre deux langues, car il n’y a dans le Coran aucun mot étranger à la langue arabe – ainsi qu’il a été établi – et Allah sait mieux.

La couleur verte est mentionnée spécifiquement parce qu’elle est la plus reposante pour l’œil ; le blanc disperse la vue et peut la fatiguer, le noir est blâmé, tandis que le vert se situe entre le blanc et le noir et concentre les rayons lumineux. Allah sait mieux.

An-Nassâ’î rapporte d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âs :
« Alors que nous étions auprès du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue –, un homme vint et dit : “Ô Messager d’Allah, informe-nous sur les vêtements du Paradis : seront-ils créés d’un seul tenant ou seront-ils tissés ?” Quelques personnes se mirent à rire. Il dit : “De quoi riez-vous ? D’un ignorant qui interroge un savant ?”
Il resta assis un court instant, puis le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit : “Où est celui qui a demandé au sujet des vêtements du Paradis ?”
– “Le voici, ô Messager d’Allah.”
Le Prophète dit : “Non ! C’est le fruit du Paradis qui se fendra pour les faire apparaître.” Il répéta cela trois fois. »

Abou Hurayra a dit :
« La demeure du croyant sera une perle creuse ; en son centre se trouve un arbre qui fait pousser les parures. Il cueille, du bout d’un doigt ou de deux, soixante-dix tuniques ornées de perles et de corail. » Ce propos est rapporté par Yahyâ ibn Sallâm dans son Tafsîr et par Ibn al-Mubârak dans ses Raqâ’iq ; nous en avons restitué la chaîne de transmission dans le livre at-Tadhkira.

Il est également rapporté que chacun d’eux portera une tunique comportant deux faces, chacune d’une couleur distincte ; elles parleront d’une voix que celui qui les entend appréciera. L’une des faces dira à l’autre : « Je suis plus honorée auprès de l’ami d’Allah que toi ; je suis la plus proche de son corps alors que tu ne le touches pas. » Et l’autre lui répondra : « Je suis plus honorée auprès de l’ami d’Allah que toi ; je contemple son visage alors que tu ne le contemples pas. »

قُلْتُ: قَدْ جَاءَ فِي الصِّحَاحِ وَقَالَ أَبُو عَمْرِو بْنُ الْعَلَاءِ: وَاحِدُهَا إِسْوَارٌ. وَقَالَ الْمُفَسِّرُونَ: لما كانت الملفى الدُّنْيَا الْأَسَاوِرَ. وَالتِّيجَانَ جَعَلَ اللَّهُ تَعَالَى ذَلِكَ لِأَهْلِ الْجَنَّةِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَيَلْبَسُونَ ثِياباً خُضْراً مِنْ سُنْدُسٍ وَإِسْتَبْرَقٍ) السندس: الرفيق «١» النَّحِيفُ، وَاحِدُهُ سُنْدُسَةٌ، قَالَ الْكِسَائِيُّ. وَالْإِسْتَبْرَقُ: مَا ثَخُنَ مِنْهُ- عَنْ عِكْرِمَةَ- وَهُوَ الْحَرِيرُ. قَالَ الشَّاعِرُ: تَرَاهُنَّ يَلْبَسْنَ الْمَشَاعِرَ مَرَّةً ... وَإِسْتَبْرَقُ الدِّيبَاجِ طَوْرًا لِبَاسُهَا فَالْإِسْتَبْرَقُ الدِّيبَاجُ. ابْنُ بَحْرٍ: الْمَنْسُوجُ بِالذَّهَبِ. الْقُتَبِيُّ: فَارِسِيٌّ مُعَرَّبٌ. الْجَوْهَرِيُّ: وَتَصْغِيرُهُ أُبَيْرَقٌ. وَقِيلَ: هُوَ اسْتَفْعَلَ مِنَ الْبَرِيقِ. وَالصَّحِيحُ أَنَّهُ وِفَاقٌ بَيْنَ اللُّغَتَيْنِ، إِذْ لَيْسَ فِي الْقُرْآنِ مَا لَيْسَ مِنْ لُغَةِ الْعَرَبِ، عَلَى مَا تَقَدَّمَ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَخُصَّ الْأَخْضَرُ بِالذِّكْرِ لِأَنَّهُ الْمُوَافِقُ لِلْبَصَرِ، لِأَنَّ الْبَيَاضَ يُبَدِّدُ النَّظَرَ وَيُؤْلِمُ، وَالسَّوَادَ يُذَمُّ، وَالْخُضْرَةُ بَيْنَ الْبَيَاضِ وَالسَّوَادِ، وَذَلِكَ يَجْمَعُ الشُّعَاعَ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. رَوَى النَّسَائِيُّ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ الْعَاصِ فال: بَيْنَمَا نَحْنُ عِنْدَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذْ جَاءَهُ رَجُلٌ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَخْبِرْنَا عَنْ ثِيَابِ الْجَنَّةِ، أَخَلْقٌ يُخْلَقُ أَمْ نَسْجٌ يُنْسَجُ؟ فَضَحِكَ بَعْضُ الْقَوْمِ. فَقَالَ لَهُمْ: " مِمَّ تَضْحَكُونَ مِنْ جَاهِلٍ يَسْأَلُ عَالِمًا" ؟ فَجَلَسَ يَسِيرًا أَوْ قَلِيلًا فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " أَيْنَ السَّائِلُ عَنْ ثِيَابِ الْجَنَّةِ" ؟ فَقَالَ: هَا هُوَ ذَا يَا رَسُولُ اللَّهِ، قَالَ " لَا بَلْ تَشَّقَّقُ عَنْهَا ثَمَرُ الْجَنَّةِ" قَالَهَا ثَلَاثًا. وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ: دَارُ الْمُؤْمِنِ دُرَّةٌ مُجَوَّفَةٌ فِي وَسَطِهَا شَجَرَةٌ تُنْبِتُ الْحُلَلَ وَيَأْخُذُ بِأُصْبُعِهِ أَوْ قَالَ بِأُصْبُعَيْهِ سَبْعِينَ حُلَّةً مُنَظَّمَةً بِالدُّرِّ وَالْمَرْجَانِ. ذَكَرَهُ يَحْيَى بْنُ سَلَامٍ فِي تَفْسِيرِهِ وَابْنُ الْمُبَارَكِ فِي رَقَائِقِهِ. وَقَدْ ذَكَرْنَا إِسْنَادَهُ فِي كِتَابِ التَّذْكِرَةِ. وَذُكِرَ فِي الْحَدِيثِ أَنَّهُ يَكُونُ عَلَى كُلٍّ وَاحِدٍ مِنْهُمُ الْحُلَّةُ لَهَا وَجْهَانِ لِكُلِّ وَجْهٍ لَوْنٌ، يَتَكَلَّمَانِ بِهِ بِصَوْتٍ يَسْتَحْسِنُهُ سَامِعُهُ، يَقُولُ أَحَدُ الْوَجْهَيْنِ لِلْآخَرِ: أَنَا أَكْرَمُ عَلَى وَلِيِّ اللَّهِ مِنْكَ، أَنَا أَلِي جَسَدَهُ وَأَنْتَ لَا تَلِي. وَيَقُولُ الْآخَرُ: أَنَا أَكْرَمُ عَلَى وَلِيِّ اللَّهِ مِنْكَ، أَنَا أُبْصِرُ وَجْهَهُ وَأَنْتَ لا تبصر.
(١). الرقيق أي من الديباج.

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