Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Nous ne laissons pas perdre la récompense de celui qui accomplit une œuvre excellente. »

Il s’agit là d’une proposition incidente, tandis que l’énoncé principal est Sa parole : « Ceux-là auront les Jardins d’Éden. »

« Les Jardins d’Éden » sont le nombril du Paradis, c’est-à-dire son centre, les autres jardins l’entourant de toutes parts. Le pluriel a été employé en raison de l’immensité du lieu : chaque parcelle pourrait à elle seule constituer un jardin. Certains ont dit que le terme « ʿadn » signifie la résidence permanente. On dit : « ʿadana bi-l-makān » lorsqu’on s’y installe, « ʿadantu al-balad » lorsque j’en fais ma patrie, et « ʿadanati al-ibilu bi-makān kadhā » lorsque les chameaux demeurent à un endroit sans le quitter. De là l’expression « Jardins d’Éden », c’est-à-dire « jardins de séjour perpétuel ». De la même racine provient le mot « maʿdin » (mine, gisement) – avec kasra sur le dāl – parce que l’on y séjourne été comme hiver ; le centre de toute chose est appelé son « maʿdin ». « Al-ʿādin » désigne la chamelle qui reste au pâturage sans se déplacer. « ʿAdan » est aussi le nom d’une ville, selon al-Jawharî.

« Sous eux coulent des rivières » – nous l’avons déjà expliqué ailleurs.

« Ils y seront parés de bracelets d’or » : « asāwir » est le pluriel de « siwâr ».

Saʿîd Ibn Jubayr a dit : « Chacun d’eux portera trois bracelets : l’un en or, l’autre en argent et le troisième en perle. »

Je dis : cela est explicitement mentionné dans le Coran ; ici Il dit : « en or », tandis que dans les sourates al-Ḥajj et Fâṭir Il dit : « des bracelets d’or et de perles », et dans la sourate al-Insân : « des bracelets d’argent ».

Abû Hurayra rapporte : « J’ai entendu mon intime ami – que les prières d’Allah et Son salut soient sur lui – dire : “La parure du croyant atteindra l’endroit atteint par ses ablutions.” » Ce ḥadith est rapporté par Muslim.

Al-Farrâ a transmis la lecture : « yuḥallawna » avec l’ouverture du yâʾ, la soukûn du ḥâʾ et une ouverture légère du lâm. On dit : « ḥaliyat al-marʾatu taḥlā fa-hiya ḥâliya » lorsqu’une femme porte des bijoux, et « ḥaliya ash-shayʾu bi-ʿayniyya yaḥlā », comme l’a mentionné an-Naḥḥâs.

Le « siwâr » est le bracelet féminin ; son pluriel est « aswira », et le pluriel du pluriel « asāwira ». On lit aussi : « Pourquoi donc n’a-t-on pas jeté sur lui des bracelets d’or », où apparaît la forme « asāwira ». Le pluriel peut également se présenter sous la forme « asāwir ». Allah – Très-Haut – dit : « Ils y seront parés de bracelets d’or », selon al-Jawharî.

Ibn ʿUzayz explique : « Asāwir » est le pluriel de « aswira », lui-même pluriel de « siwâr / suwâr », le bracelet porté au bras lorsqu’il est en or ; s’il est en argent, on l’appelle « qulb » (pluriel : « qaliba »), et s’il est en corne ou en ivoire, c’est « maska » (pluriel : « mask »).

An-Naḥḥâs rapporte que Quṭrub donne pour singulier d’« asāwir » la forme « iswâr », mais Quṭrub affectionne les formes rares et Yaʿqûb, entre autres, l’a laissée de côté et ne l’a pas mentionnée.

إِنَّا لَا نُضِيعُ أَجْرَ مَنْ أَحْسَنَ عَمَلًا " كَلَامٌ مُعْتَرِضٌ، وَالْخَبَرُ قَوْلُهُ (أُولئِكَ لَهُمْ جَنَّاتُ عَدْنٍ) و" جَنَّاتُ عَدْنٍ " سُرَّةُ الْجَنَّةِ، أَيْ وَسَطُهَا وَسَائِرُ الْجَنَّاتِ مُحْدِقَةٌ بِهَا وَذُكِرَتْ بِلَفْظِ الْجَمْعِ لِسَعَتِهَا، لِأَنَّ كُلَّ بُقْعَةٍ مِنْهَا تَصْلُحُ أَنْ تَكُونَ جَنَّةً وَقِيلَ: الْعَدْنُ الْإِقَامَةُ، يُقَالُ: عَدَنَ بِالْمَكَانِ إِذَا أَقَامَ بِهِ وَعَدَنْتُ الْبَلَدَ تَوَطَّنْتُهُ وَعَدَنَتِ الْإِبِلُ بِمَكَانِ كَذَا لَزِمَتْهُ فَلَمْ تَبْرَحْ مِنْهُ، وَمِنْهُ" جَنَّاتُ عَدْنٍ " أَيْ جَنَّاتُ إِقَامَةٍ وَمِنْهُ سُمِّيَ الْمَعْدِنُ (بِكَسْرِ الدَّالِّ) ، لِأَنَّ النَّاسَ يُقِيمُونَ فيه بالصيف والشتاء ومركز كل شي معدنه والعادن: الناقة المقيمة في المراعى. وَعَدَنُ بَلَدٌ، قَالَهُ الْجَوْهَرِيُّ. (تَجْرِي مِنْ تَحْتِهِمُ الْأَنْهارُ) تقدم في غير موضع «١» . (يُحَلَّوْنَ فِيها مِنْ أَساوِرَ مِنْ ذَهَبٍ) وَهُوَ جَمْعُ سِوَارٍ. قَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: عَلَى كُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ ثَلَاثَةُ أَسْوِرَةٍ: وَاحِدٌ مِنْ ذَهَبٍ، وَوَاحِدٌ مِنْ وَرِقٍ، وَوَاحِدٌ مِنْ لُؤْلُؤٍ. قُلْتُ: هَذَا مَنْصُوصٌ فِي الْقُرْآنِ، قَالَ هُنَا" مِنْ ذَهَبٍ " وَقَالَ فِي الْحَجِّ «٢» وَفَاطِرَ «٣» " مِنْ ذَهَبٍ وَلُؤْلُؤاً " وَفِي الْإِنْسَانِ «٤» " مِنْ فِضَّةٍ ". وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ: سَمِعْتُ خَلِيلِي صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ:" تَبْلُغُ الْحِلْيَةُ مِنَ الْمُؤْمِنِ حَيْثُ يَبْلُغُ الْوُضُوءُ " خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. وَحَكَى الْفَرَّاءُ: " يُحَلَّوْنَ " بِفَتْحِ الْيَاءِ وَسُكُونِ الْحَاءِ وَفَتْحِ اللَّامِ خَفِيفَةً، يُقَالُ: حَلِيَتِ الْمَرْأَةُ تَحْلَى فَهِيَ حَالِيَةٌ إِذَا لَبِسَتِ الْحُلِيَّ. وَحَلِيَ الشَّيْءُ بِعَيْنَيَّ يَحْلَى، ذَكَرَهُ النَّحَّاسُ. وَالسِّوَارُ سِوَارُ الْمَرْأَةِ، وَالْجَمْعُ أَسْوِرَةٌ، وَجَمْعُ الجمع أساورة. وقرى" فَلَوْلَا أُلْقِيَ عَلَيْهِ أَسَاوِرَةٌ مِنْ ذَهَبٍ «٥» ": وَقَدْ يَكُونُ الْجَمْعُ أَسَاوِرُ. وَقَالَ اللَّهُ تَعَالَى" يُحَلَّوْنَ فِيها مِنْ أَساوِرَ مِنْ ذَهَبٍ" قَالَهُ الْجَوْهَرِيُّ. وَقَالَ ابْنُ عُزَيْزٍ: أَسَاوِرُ جَمْعُ أَسْوِرَةٍ، وَأَسْوِرَةٌ جَمْعُ سِوَارٍ وَسُوَارٍ، وَهُوَ الَّذِي يُلْبَسُ فِي الذِّرَاعِ مِنْ ذَهَبٍ، فَإِنْ كَانَ مِنْ فِضَّةٍ فَهُوَ قُلْبٌ وَجَمْعُهُ قَلِبَةٌ، فَإِنْ كَانَ مِنْ قَرْنٍ أَوْ عَاجٍ فَهِيَ مَسْكَةٌ وَجَمْعُهُ مَسَكٌ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَحَكَى قُطْرُبٌ فِي وَاحِدِ الْأَسَاوِرِ إِسْوَارٌ، وَقُطْرُبٌ صَاحِبُ شُذُوذٍ، قَدْ تَرَكَهُ يَعْقُوبُ وغيره فلم يذكره.
(١). راجع ج ١ ص ٢٣٩. (٢). راجع ج ١٢ ص ٢٨. (٣). راجع ج ١٤ ص ... (٤). راجع ج ١٩ ص ١٤١. [ ..... ] (٥). راجع ج ١٦ ص ١٠٠.

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