« … ta personne avec ceux qui invoquent leur Seigneur, à l’aube et au crépuscule, recherchant Sa Face … – jusqu’à – Nous avons, certes, préparé pour les injustes un Feu dont les remparts les cernent ». Ainsi les menace-t-Il par le Feu.
Le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – se leva alors à leur recherche ; lorsqu’il les trouva au fond de la mosquée, occupés à évoquer Allah, il dit : « Louange à Allah qui ne m’a pas rappelé à Lui avant qu’Il ne m’ordonne de retenir mon âme auprès d’hommes de ma communauté. Avec vous je vivrai, avec vous je mourrai. »
« Recherchant Sa Face » : c’est-à-dire Son obéissance.
Naṣr ibn ʿĀṣim, Mālik ibn Dīnār et Abū ʿAbd ar-Raḥmān ont lu : « et ne repousse pas ceux qui invoquent leur Seigneur le matin(1) et le soir », en conservant la conjonction « wa ». Leur preuve est que, dans le muṣḥaf, le mot y figure avec la lettre « wāw ».
Abū Jaʿfar an-Naḥḥās dit : « Cela n’est pas une obligation, car ils ont également écrit “al-ḥayāh” (la vie) et “aṣ-ṣalāh” (la prière) avec la wāw, alors que les Arabes emploient rarement le terme “al-ghudwah”, tant il est connu. »
Il est rapporté de al-Ḥasan concernant : « et ne laisse pas tes yeux(2) les dépasser » – c’est-à-dire : que tes regards ne s’étendent pas vers d’autres que eux, gens de ce bas-monde, à la recherche de ses parures – récit rapporté par al-Yazīdī.
D’autres ont dit : « Que tes yeux ne les méprisent pas », comme on dit : « Untel est dédaigné par les regards », c’est-à-dire considéré comme insignifiant.
« Tu recherches l’ornement de la vie d’ici-bas » : à savoir la parure qui résulterait du fait de t’asseoir avec ces notables qui avaient proposé d’éloigner les pauvres de ton assemblée. Or le Prophète – paix et bénédictions sur lui – n’avait nullement l’intention de le faire ; Allah, toutefois, lui a interdit de s’y résoudre. Ce n’est guère plus que Sa parole – Exalté soit-Il – : « Si tu associais, ton œuvre serait certes anéantie(3) », alors qu’Allah l’avait préservé de toute association.
« tu recherches » est un verbe à l’inaccompli occupant ici la fonction de ḥāl : « ne détourne pas tes yeux tandis que tu serais en train de rechercher… », tel que l’a dit Imruʾ l-Qays :
« Je lui dis : “Ne pleure pas, ô mon œil ;
nous visons le royaume, ou nous mourrons et serons excusés.” »
Certains ont prétendu que la tournure correcte serait : « ne détourne pas tes yeux d’eux », car « taʿdu » est un verbe transitif par lui-même. Il leur fut répondu que la récitation transmise, dans laquelle le mot « yeux » est au nominatif, revient au sens de l’accusatif : « ne détourne pas tes yeux d’eux » équivaut à « que tes yeux ne se détournent pas d’eux », c’est-à-dire « ne détourne pas ton regard d’eux ». Le verbe est certes rapporté grammaticalement aux yeux, mais, en vérité, c’est bien au Prophète – paix et bénédictions sur lui – qu’il s’adresse, tout comme dans Sa parole – Exalté soit-Il :