Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

avec facilité, alors qu’il subsistait encore un reste des Hawârîyûn (les disciples). D’aucuns ont avancé une autre explication, comme il sera exposé plus loin.

Al-Qushayrî a dit :
« Du terme « neuf » il ne faut pas déduire neuf nuits ni neuf heures, car la mention des « années » a déjà précédé. C’est comme si l’on disait : “Je possède cent dirhams et cinq”, expression dont on comprend qu’il s’agit de cinq dirhams. »

Abû ʿAlî a commenté la parole divine – « et ils ajoutèrent neuf » – en disant : « c’est-à-dire : ils prolongèrent leur séjour de neuf (années) », le mot « années » étant sous-entendu.

Ad-Ḍaḥḥâk a rapporté : Lorsque fut révélé le verset : « Ils demeurèrent dans leur caverne trois cents… », on se demanda : « S’agit-il d’années, de mois, de semaines ou de jours ? » Allah, le Puissant et Majestueux, fit alors descendre la précision : « …d’années ».

An-Naqqâsh rapporte, dans le même sens, qu’ils restèrent trois cents années solaires, calculées en jours. Mais comme l’information est ici adressée au Prophète arabe, les « neuf » furent mentionnées ; en effet, pour lui, le terme « années » renvoie naturellement aux années lunaires. Ce supplément correspond donc exactement à l’écart entre les deux modes de calcul. Al-Ghaznawî a tenu un propos analogue : en raison de la différence entre les années solaires et lunaires, il se forme, tous les trente-trois ans et un tiers, un écart d’une année ; sur trois cents ans, cela fait neuf années d’écart.

La majorité des lecteurs ont récité : « ثَلَاثَمِائَةٍ سِنِينَ / trois cents années » – avec tanwîn sur « cent » et l’accusatif sur « années », inversion qui signifie : « des années au nombre de trois cents ». L’adjectif précédant ici le nom qu’il qualifie, « années » devient alors soit une apposition explicative, soit un bayan.

Certains ont dit qu’il s’agit d’un terme interprétatif (tafsîr) ou dénombratif (tamyîz), et que « années » est employé à la place de « année ».

Hamzah et Al-Kisâ’î ont lu avec l’annexion de « cent » à « années » et sans tanwîn, considérant que « années » tient ici la place de « année », car le sens des deux est identique.

Abû ʿAlî remarque : ces nombres qui, selon l’usage, se construisent sur le singulier – ainsi « trois cents hommes », « trois cents vêtements » – peuvent parfois se construire sur le pluriel.

Dans le muṣḥaf d’Ibn Masʿûd on lit : « ثلاثمائة سنة / trois cents années ».

Ad-Ḍaḥḥâk a transmis la lecture : « ثلاثمائة سُنُونَ / trois cents ansoun » – avec un wāw final.

Abû ʿAmr a lu, contrairement à la majorité, « تَسْعاً / tisʿan » avec la voyelle fatḥa sur le tāʾ, tandis que la majorité la lit avec kasra.

Al-Farrâʾ, Al-Kisâ’î et Abû ʿUbaydah disent : le sens à comprendre est : « et ils demeurèrent dans leur caverne trois cents années ».

[ Sourate Al-Kahf 18 : 26 ]

Dis : « Allah sait mieux combien de temps ils demeurèrent. À Lui appartient l’Inconnaissable des cieux et de la terre. Que Sa vue est pénétrante ! Que Son ouïe est parfaite ! Ils n’ont, en dehors de Lui, aucun protecteur, et Il n’associe personne à Son jugement. » (26)

Le Très-Haut dit :
« Dis : “Allah sait mieux combien de temps ils demeurèrent.” »

On a dit : Il s’agit de la durée écoulée depuis leur mort jusqu’à la révélation du Coran à leur sujet, selon l’avis de Mujâhid ; ou bien jusqu’à leur décès, selon celui d’Ad-Ḍaḥḥâk ; ou encore jusqu’au moment où leurs corps se sont décomposés, comme cela a été avancé plus haut.

D’autres ont estimé qu’il s’agit du temps qu’ils passèrent réellement dans la caverne, c’est-à-dire la durée qu’Allah – Exalté soit-Il – a rapportée des Juifs, quand bien même ceux-ci auraient ajouté ou retranché. Autrement dit, nul ne possède la science exacte de cette durée en dehors d’Allah, ou de celui à qui Il l’a enseignée :
« À Lui appartient l’Inconnaissable des cieux et de la terre. »

بِيَسِيرٍ وَقَدْ بَقِيَتْ مِنَ الْحَوَارِيِّينَ بَقِيَّةٌ. وَقِيلَ غَيْرُ هَذَا عَلَى مَا يَأْتِي. قَالَ الْقُشَيْرِيُّ: لَا يُفْهَمُ مِنَ التِّسْعِ تِسْعُ لَيَالٍ وَتِسْعُ سَاعَاتٍ لِسَبْقِ «١» ذِكْرِ السِّنِينَ، كَمَا تَقُولُ: عِنْدِي مِائَةُ دِرْهَمٍ وَخَمْسَةٌ، وَالْمَفْهُومُ مِنْهُ خَمْسَةُ دَرَاهِمَ. وَقَالَ أَبُو عَلِيٍّ " وَازْدَادُوا تِسْعاً" أَيِ ازْدَادُوا لُبْثَ تِسْعٍ، فَحُذِفَ. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: لَمَّا نَزَلَتْ " وَلَبِثُوا فِي كَهْفِهِمْ ثَلاثَ مِائَةٍ" قَالُوا سِنِينَ أَمْ شُهُورٍ أَمْ جُمَعٍ أَمْ أَيَّامٍ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ " سِنِينَ" . وَحَكَى النَّقَّاشُ مَا مَعْنَاهُ أَنَّهُمْ لَبِثُوا ثَلَاثَمِائَةِ سَنَةٍ شَمْسِيَّةٍ بِحِسَابِ الْأَيَّامِ «٢» ، فَلَمَّا كَانَ الْإِخْبَارُ هُنَا لِلنَّبِيِّ الْعَرَبِيِّ ذُكِرَتِ التِّسْعُ، إِذِ الْمَفْهُومُ عِنْدَهُ مِنَ السِّنِينِ الْقَمَرِيَّةِ، وَهَذِهِ الزِّيَادَةُ هِيَ مَا بَيْنَ الْحِسَابَيْنِ. وَنَحْوَهُ ذَكَرَ الْغَزْنَوِيُّ. أَيْ بِاخْتِلَافِ سِنِي الشَّمْسِ وَالْقَمَرِ، لِأَنَّهُ يَتَفَاوَتُ فِي كُلِّ ثَلَاثٍ وَثَلَاثِينَ وَثُلُثِ سَنَةٍ سَنَةً فَيَكُونُ فِي ثَلَاثِمِائَةٍ تِسْعُ سِنِينَ. وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ " ثَلَاثَمِائَةٍ سِنِينَ" بِتَنْوِينِ مِائَةٍ وَنَصْبِ سِنِينَ، عَلَى التَّقْدِيمِ وَالتَّأْخِيرِ، أَيْ سِنِينَ ثَلَاثَمِائَةٍ فَقَدَّمَ الصِّفَةَ عَلَى الْمَوْصُوفِ، فَتَكُونُ " سِنِينَ" عَلَى هَذَا بَدَلًا أَوْ عَطْفَ بيان. وقيل: على التفسير والتمييز. و " سِنِينَ" فِي مَوْضِعِ سَنَةٍ. وَقَرَأَ حَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ بِإِضَافَةِ مِائَةٍ إِلَى سِنِينَ، وَتَرَكِ التَّنْوِينِ، كَأَنَّهُمْ جَعَلُوا سِنِينَ بِمَنْزِلَةِ سَنَةٍ إِذِ الْمَعْنِيُّ بِهِمَا وَاحِدٌ. قَالَ أَبُو عَلِيٍّ: هَذِهِ الْأَعْدَادُ الَّتِي تُضَافُ فِي الْمَشْهُورِ إِلَى الْآحَادِ نَحْوُ ثَلَاثِمِائَةِ رَجُلٍ وَثَوْبٍ قَدْ تُضَافُ إِلَى الْجُمُوعِ. وَفِي مُصْحَفِ عبد الله " ثلاثمائة سنة" . وفرا الضحاك " ثلاثمائة سُنُونَ" بِالْوَاوِ. وَقَرَأَ أَبُو عَمْرٍو بِخِلَافِ " تِسْعاً" بِفَتْحِ التَّاءِ وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ بِكَسْرِهَا. وَقَالَ الْفَرَّاءُ وَالْكِسَائِيُّ وَأَبُو عُبَيْدَةَ: التَّقْدِيرُ وَلَبِثُوا فِي كَهْفِهِمْ سنين ثلاثمائة. [[سورة الكهف (١٨) : آية ٢٦]] قُلِ اللَّهُ أَعْلَمُ بِما لَبِثُوا لَهُ غَيْبُ السَّماواتِ وَالْأَرْضِ أَبْصِرْ بِهِ وَأَسْمِعْ مَا لَهُمْ مِنْ دُونِهِ مِنْ وَلِيٍّ وَلا يُشْرِكُ فِي حُكْمِهِ أَحَداً (٢٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (قُلِ اللَّهُ أَعْلَمُ بِما لَبِثُوا) قِيلَ بَعْدَ مَوْتِهِمْ إِلَى نُزُولِ الْقُرْآنِ فِيهِمْ، عَلَى قَوْلِ مُجَاهِدٍ. أَوْ إِلَى أَنْ مَاتُوا، عَلَى قَوْلِ الضَّحَّاكِ. أَوْ إِلَى وَقْتِ تَغَيُّرِهِمْ بِالْبِلَى، عَلَى مَا تَقَدَّمَ. وَقِيلَ: بِمَا لَبِثُوا فِي الْكَهْفِ، وَهِيَ الْمُدَّةُ الَّتِي ذَكَرَهَا اللَّهُ تَعَالَى عَنِ الْيَهُودِ وَإِنْ ذَكَرُوا زِيَادَةً وَنُقْصَانًا. أَيْ لَا يَعْلَمُ عِلْمَ ذَلِكَ إِلَّا اللَّهُ أَوْ مَنْ عَلَّمَهُ ذَلِكَ (لَهُ غَيْبُ السَّماواتِ وَالْأَرْضِ) .
(١). في ج وى: لنسق. (٢). في ج وى: الأمم. ولعل هذا أوجه لان الأمم لا تستعمل إلا الشمسية.

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