Parole du Très-Haut :
« Et ne dis jamais, à propos de quelque chose : “Je le ferai demain”, sans ajouter : “Si Allah le veut.” »
Il comporte deux questions.
Premièrement : Les savants ont expliqué qu’Allah — Exalté soit-Il — a repris Son Prophète – paix et salut sur lui – pour avoir dit aux mécréants, lorsqu’ils l’interrogèrent au sujet de l’Âme, des Gens de la Caverne et de Dhû l-Qarnayn : « Demain je vous apporterai la réponse », sans formuler d’exception (istithnâ’). La Révélation fut alors interrompue quinze jours, ce qui l’affecta, et les mécréants se mirent à colporter des doutes. Cette sourate fut ensuite révélée pour le soulager. Par ce verset, il lui est ordonné de ne plus affirmer, au sujet d’un quelconque projet, « je ferai demain telle ou telle chose » sans y subordonner la chose à la volonté d’Allah — Puissant et Majestueux —, afin que sa parole ne revête pas le caractère d’une information catégorique ; car s’il dit : « Je le ferai assurément » et qu’il ne le fait pas, il sera menteur, tandis que s’il dit : « Je le ferai, si Allah le veut », il se dégage de l’obligation de réaliser ce qu’il a annoncé. La préposition « li-shay’in » équivaut ici à « fî », comme s’il disait : « à propos d’une chose ».
Deuxièmement : Ibn ‘Aṭiyya a signalé que l’on a débattu, à partir de ce verset, de l’exception dans le serment, alors que le passage ne traite pas des serments ; il se rapporte uniquement à la Sunna voulant que l’on formule l’exception dans les propos ne relevant pas du serment.
Quant à Sa parole : « sauf si Allah le veut », elle comporte une ellipse implicite que la concision rend élégante ; son sens est : « sauf que tu dises : “si Allah le veut” ». Autrement dit : à moins qu’il ne mentionne la volonté d’Allah. Ainsi, l’expression « sauf si Allah le veut » ne fait pas partie de la parole dont il est défendu de user.
J’ajoute : l’opinion retenue par Ibn ‘Aṭiyya est celle d’Al-Kisâ’î, d’Al-Farâ’ et d’Al-Akhfash. Les grammairiens basriens, eux, estiment que le sens est : « sauf par la volonté d’Allah ». Lorsque quelqu’un dit : « Je ferai cela, in shâ’ Allâh », cela signifie « par la volonté d’Allah ».
Ibn ‘Aṭiyya rapporte encore qu’un groupe a considéré « sauf si Allah le veut » comme l’exception rattachée à l’interdiction même : « et ne dis jamais ». Il précise : c’est une opinion que Ṭabarî a mentionnée avant de la réfuter, tellement elle est défaillante qu’il aurait mieux valu ne pas la rapporter. La question de l’exception dans le serment et sa règle a déjà été traitée dans la sourate Al-Mâʾida.
Parole du Très-Haut :
« Et invoque ton Seigneur lorsque tu oublies. »
Il s’y trouve une seule question : il s’agit de l’ordre d’évoquer (Allah) après l’oubli. Les exégètes ont divergé sur la nature de ce rappel : certains ont dit qu’il s’agit de Sa parole :
« Et dis : “Il se peut que mon Seigneur me guide vers ce qui est plus droit que ceci.” »
Muḥammad al-Kûfî, l’exégète, affirme que ces mêmes termes font partie de ce qu’il fut ordonné à chacun de prononcer