Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On rapporte qu’une lecture coranique dit : « … وَكَالِبُهُمْ بَاسِطٌ ذِرَاعَيْهِ بِالْوَصِيدِ »
(« tandis que leur “kalib” étendait ses deux pattes à l’entrée »).

Il se peut que l’expression « kalibuhum » désigne ici un homme, comme certains l’ont rapporté ; en effet, le fait d’ouvrir les bras, de se coucher contre le sol tout en levant la tête pour guetter ressemble à l’attitude d’un guetteur qui cherche à se dissimuler. Il se peut aussi qu’« al-kâlib » renvoie réellement au chien. Jaʿfar ibn Muḥammad aṣ-Ṣādiq lisait « kâlibuhum », c’est-à-dire : « l’homme qui avait charge du chien ».

Parole du Très-Haut : « باسِطٌ ذِراعَيْهِ »
Le participe « bâsiṭ » est ici employé avec une valeur de passé continu, car il s’agit de décrire un état et non d’informer d’une action ponctuelle du chien. Le vocable « dhirāʿ » (avant-bras) va de la pointe du coude à l’extrémité du majeur.

On a dit : il avait les pattes étendues parce que le temps avait été très long. D’autres ont dit : le chien dormait, et cela faisait partie des signes (miracles). Certains ont même affirmé : il dormait les yeux ouverts.

Al-Waṣīd : al-qanāʾ — c’est l’explication d’Ibn ʿAbbās, de Mujāhid et d’Ibn Jubayr — c’est-à-dire l’esplanade devant la caverne. Son pluriel est waṣāʾid ou wuṣud. D’autres ont dit : il s’agit de la porte ; c’est également rapporté d’Ibn ʿAbbās qui a récité ce vers :
« Dans une terre vaste dont nul seuil n’est fermé contre moi,
Où mon bienfait est reconnu, non renié. »
Tout cela a été cité plus haut.
ʿAṭāʾ a dit : c’est le seuil de la porte, et la « bâb muwaṣṣad » est la porte fermée ; on dit : « awsadtu » ou « āsadtu » la porte, c’est-à-dire je l’ai verrouillée.
Waṣīd désigne aussi une végétation dont les racines sont serrées ; le terme est donc polysémique, et Allah sait mieux.

Parole du Très-Haut : « لَوِ اطَّلَعْتَ عَلَيْهِمْ »
La majorité lit avec kasra sur la wāw, tandis que al-Aʿmash et Yaḥyā ibn Waththāb la lisent avec ḍamma.

« لَوَلَّيْتَ مِنْهُمْ فِراراً » : c’est-à-dire que si tu avais jeté un coup d’œil sur eux, tu aurais fui.

« وَلَمُلِئْتَ مِنْهُمْ رُعْباً » : en raison de la frayeur dont Allah les a entourés et de l’aura qui les enveloppe.

On a dit : c’est à cause de l’austérité du lieu où ils se trouvaient ; on dirait qu’Allah les a abrités dans cet endroit sauvage, en apparence, pour détourner les gens d’eux.

On a également dit : les gens étaient empêchés de les approcher par cette terreur, et nul n’osait s’en rapprocher.

D’autres ont avancé que l’on fuyait à leur vue à cause de la longueur de leurs cheveux et de leurs ongles, avis cité par al-Mahdawī, an-Naḥḥās, az-Zajjāj et al-Qushayrī ; mais c’est peu probable, car lorsqu’ils se réveillèrent, les uns dirent aux autres : « Nous sommes restés un jour ou une partie de jour », ce qui indique que leurs cheveux et leurs ongles étaient restés dans l’état initial.

À moins, dira-t-on, qu’ils n’aient prononcé ces paroles avant d’avoir regardé leurs cheveux et leurs ongles. Ibn ʿAṭiyya dit : l’opinion correcte est qu’Allah – exalté soit-Il – a conservé pour eux l’état même dans lequel ils s’étaient endormis, afin que cela serve de signe pour eux-mêmes et pour les autres concernant leur histoire.

أَنَّهُ قُرِئَ " وَكَالِبُهُمْ بَاسِطٌ ذِرَاعَيْهِ بِالْوَصِيدِ" . فَيَحْتَمِلُ أن يريد بالكالب هذا لرجل عَلَى مَا رُوِيَ، إِذْ بَسْطُ الذِّرَاعَيْنِ وَاللُّصُوقُ بِالْأَرْضِ مَعَ رَفْعِ الْوَجْهِ لِلتَّطَلُّعِ هِيَ هَيْئَةُ الرِّيبَةِ الْمُسْتَخْفِي بِنَفْسِهِ. وَيَحْتَمِلُ أَنْ يُرِيدَ بِالْكَالِبِ الْكَلْبَ. وَقَرَأَ جَعْفَرُ بْنُ مُحَمَّدٍ الصَّادِقُ " كَالِبُهُمْ" يَعْنِي صَاحِبَ الْكَلْبِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (باسِطٌ ذِراعَيْهِ) أُعْمِلَ اسْمُ الْفَاعِلِ وَهُوَ بِمَعْنَى الْمُضِيِّ، لِأَنَّهَا حكاية حال ولم يفصد الاخبار عن فعل الكلب. والذرع من طرف المرفق الطرف الْأُصْبُعِ الْوُسْطَى. ثُمَّ قِيلَ: بَسَطَ ذِرَاعَيْهِ لِطُولِ الْمُدَّةِ. وَقِيلَ: نَامَ الْكَلْبُ، وَكَانَ ذَلِكَ مِنَ الآيات. وقيل: نام مفتوح العين. الوصيد: القناء، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ وَابْنُ جُبَيْرٍ، أَيْ فِنَاءُ الْكَهْفِ، وَالْجَمْعُ وَصَائِدُ وَوُصُدٌ. وَقِيلَ الْبَابُ. وقال ابْنُ عَبَّاسٍ أَيْضًا. وَأَنْشَدَ: بِأَرْضٍ فَضَاءٍ لَا يُسَدُّ وَصِيدُهَا ... عَلَيَّ وَمَعْرُوفِي بِهَا غَيْرُ مُنْكَرِ وَقَدْ تَقَدَّمَ. وَقَالَ عَطَاءٌ: عَتَبَةُ الْبَابِ، وَالْبَابُ الْمُوصَدُ هُوَ الْمُغْلَقُ. وَقَدْ أَوْصَدْتُ الْبَابَ وَآصَدْتُهُ أَيْ أَغْلَقْتُهُ. وَالْوَصِيدُ: النَّبَاتُ الْمُتَقَارِبُ الْأُصُولِ، فَهُوَ مُشْتَرَكٌ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (لَوِ اطَّلَعْتَ عَلَيْهِمْ) قَرَأَ الْجُمْهُورُ بِكَسْرِ الْوَاوِ. وَالْأَعْمَشُ وَيَحْيَى بْنُ وَثَّابٍ بِضَمِّهَا. (لَوَلَّيْتَ مِنْهُمْ فِراراً) أَيْ لَوْ أَشْرَفْتَ عَلَيْهِمْ لَهَرَبْتَ مِنْهُمْ. (وَلَمُلِئْتَ مِنْهُمْ رُعْباً) أَيْ لِمَا حَفَّهُمُ اللَّهُ تَعَالَى مِنَ الرُّعْبِ وَاكْتَنَفَهُمْ مِنَ الْهَيْبَةِ. وَقِيلَ: لِوَحْشَةِ مَكَانِهِمْ، وَكَأَنَّهُمْ آوَاهُمُ اللَّهُ إِلَى هَذَا الْمَكَانِ الْوَحْشِ «١» في الظاهر لينقر النَّاسَ عَنْهُمْ. وَقِيلَ: كَانَ النَّاسُ مَحْجُوبِينَ عَنْهُمْ بِالرُّعْبِ، لَا يَجْسُرُ أَحَدٌ مِنْهُمْ عَلَى الدُّنُوِّ إِلَيْهِمْ. وَقِيلَ: الْفِرَارُ مِنْهُمْ لِطُولِ شُعُورِهِمْ وَأَظْفَارِهِمْ، وذكر الْمَهْدَوِيُّ وَالنَّحَّاسُ وَالزَّجَّاجُ وَالْقُشَيْرِيُّ. وَهَذَا بَعِيدٌ، لِأَنَّهُمْ لَمَّا اسْتَيْقَظُوا قَالَ بَعْضُهُمْ لِبَعْضٍ: لَبِثْنَا يَوْمًا أَوْ بَعْضَ يَوْمٍ. وَدَلَّ هَذَا عَلَى أَنَّ شُعُورَهُمْ وَأَظْفَارَهُمْ كَانَتْ بِحَالِهَا، إِلَّا أَنْ يُقَالَ: إِنَّمَا قَالُوا ذَلِكَ قَبْلَ أَنْ يَنْظُرُوا إِلَى أَظْفَارِهِمْ وَشُعُورِهِمْ. قَالَ «٢» ابْنُ عَطِيَّةَ: وَالصَّحِيحُ فِي أَمْرِهِمْ أَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ حَفِظَ لَهُمُ الْحَالَةَ الَّتِي نَامُوا عَلَيْهَا لِتَكُونَ لَهُمْ وَلِغَيْرِهِمْ فيهم
(١). مكان وحش: خال. (٢). في ج: قاله ابن عطية.

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